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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 11:20

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2008/Autoproduction

A l’image des bordelais de Warattah, très prochainement chroniqué dans nos pages, les franciliens de Memories of a dead Man font partie des sérieux outsiders capables, d’une part, de venir bousculer la hiérarchie du métal français et, d’autre part, de porter fièrement l’étendard de ce même métal français à l’étranger. A la croisée de plusieurs styles plutôt populaires ces derniers temps (rock, métal, post-rock, hardcore…), MOADM nous offre ici 5 titres intenses, puissants, hargneux, variés, réfléchis et, surtout, très beaux ; avec ce cd, ils réussissent brillamment l’amalgame de la violence et du calme, en conciliant attaques frontales, lourdeurs monolithiques et superbes plans en chant clair.

« Sin Eater », qui ouvre magistralement cet objet éponyme, représente à lui seul la quintessence de ce mélange de genres et la preuve que ce groupe peut aller très loin. En effet, ce morceau est tout bonnement impressionnant de maîtrise, d’inspiration, de maturité et, au final, d’efficacité. Reconnaissons que la tentation est souvent grande de sortir l’arsenal d’éloges dès que l’on entend de la musique bien faite, avec un bon son en toile de fond, mais ici, très vite, on se rend compte que l’on a l’occasion d’entendre quelque chose de gros et, c’est bien là le plus important, on sait désormais que « Sin Eater » va tourner en boucle dans notre playlist pendant longtemps. Dès l’intro, qui vous donne la chair de swimming poule, on a droit à une succession de plans aussi plaisants les uns que les autres. Son refrain hyper accrocheur vient contrebalancer les salves métalliques et les ambiances pachydermiques pour apporter un côté « tubesque » assez rare dans le genre. A ce titre, cet aspect mélodique, avec l’apport du chant clair, constitue peut-être l’arme fatale de Memories… , dont l’utilisation le différencie de ses célèbres prédécesseurs, Isis et Cult of Luna en tête.

Au cours du 5 titres, les morceaux détonnent par leur cohésion et leur efficacité. « Guilty », par exemple, nous emmène sur un terrain un tant soit peu différent de « Sin Eater », de par l’utilisation plus récurrente de la voix claire, tandis que « Cult of the black Sun » s’avère plus lancinant, avec son lot de guitares subtilement dissonantes, complétant à merveille les rythmiques « powerchordesques ». Incontestablement, il y a très peu de chances pour imaginer que l’on a affaire à un premier jet. Sur la longueur, cet E.P. tient admirablement la route sans que l’on puisse déceler la moindre faute de goût, et ce n’est pas « Deep in a Well of Madness », hypnotique et catchy à souhait (une gageure !), ni « The Lodger », qui termine d’enfoncer le clou avec l’épilogue du superbe duel entre les deux chanteurs et de nouveaux riffs à la fois lancinants, tranchants et agressifs, qui viendront prouver le contraire. Une réussite sur toute la ligne, qu’on vous dit…

On pourrait conclure que l’on tient là nos Cult of Luna ou nos Envy français, ce qui serait une très bonne nouvelle, à cela près qu’un groupe prouve également son talent en parvenant à se démarquer de ses illustres aînés, si bons, si glorieux soient-ils. Memories of a dead Man semble pouvoir s’affirmer rapidement comme une entité personnelle et originale, reconnue par ses pairs et capable de séduire les amateurs de tous bords par son éclectisme et ça, c’est une excellente nouvelle…

www.myspace.com/memoriesofadeadman

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commentaires

A
merci beaucoups pour ce que tu as écris et à bientôt je l'espère.
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