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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 18:24

2007/Troll's Production

Nous avons le plaisir d’accueillir un nouvel O.B.N.I. (remplacez « volant » par « bruyant »), le premier album des français de Yerban Kuru, qu’on nous présente sous la bannière « alternative noisy dub ». L’intro s’avère majoritairement instrumentale, mises à part de brèves parties parlées, et nous présente un dub lancinant se développant sur de multiples sonorités guitares/claviers. Au bout de trois minutes, ça commence à balancer la sauce, l’auditeur a droit à des rythmiques plombées, subitement interrompues. Un break que ne renierait pas Mike Patton… D’ailleurs, dans la continuité de cette veine surprenante/originale, la plage suivante s’ouvre sur un plan calme, limite jazzy, toujours avec cette voix déclamant un texte abstrait. L’impression est très agréable, on sent, on sait qu’il va se passer quelque chose. Avec l’intervention d’instruments tels que le melodica, le térémine ou le violon dans ce type de musique, il serait dommage de constater le contraire. On oscille entre ska et noisy rock pendant un moment, puis retour au son éthéré de ce jazz « wah-wahté » et envoûté (merci à ces sonorités de clavier qui auraient pu trouver leur place sur « S.O.S. Fantômes »). Aaaah, une gratte distordue et saccadée ! Youpi ! En plus, elle est accompagnée de notes déstructurées issues d’une autre gratte. Tout cela devait figurer dans Yargla : merci au groupe (et à son management) de nous avoir contactés, ce skeud sent la très bonne découverte à plein nez. Avec la 3e plage, on se prend à imaginer cet hybride de R.A.T.M. en bande-son de film (barré bien sûr, à l’image du groupe). Celui-ci ne cherche pas à battre un quelconque record de vitesse d’exécution, mais sait faire monter le tempo à l’envi. On croise des riffs de gratte bien carrés mais toujours distribués au compte-goutte, encore une fois au service de la musique, la batterie est inspirée et virevoltante, avec Poelvorde en toile de fond en train de brailler… Je le répète, ce genre de zik, chez Yargla on est archi-preneurs ! Finalement, l’atmosphère qui se dégage correspondrait également tout-à-fait à la bande-son d’une bonne soirée entre potes. Soutenu par une rythmique basse-batterie « rassurante » (attention gros son), le reste des instruments (y compris la voix) se balade ci et là, pointe son nez quand ça lui chante, s’éteint le temps d’un morceau complet pour mieux apparaître au suivant et offrir de l’air, une nouvelle perspective à l’ensemble. A première vue, tout paraît aléatoire, les sons surgissent, se tapissent, s’élèvent, disparaissent, mais ce sont plutôt les termes « imprévisible », « libre », « maîtrisé » et « frais » qui viennent en tête pour décrire le travail de Yerban Kuru. Rien ne se ressemble, on poursuit ce parcours initiatique le sourire aux lèvres, cette mosaïque, lancinante ou pas, et son évolution, tellurique ou spatiale, au choix. Les bonnes idées sont légions, comme ce chant indien fantomatique sur fond de riff dissonant, avant une conclusion tout en douceur, fallait y penser. Si vous ne savez comment arrêter de consommer certaines substances, je vous conseille vivement d’échanger votre addiction contre une autre à cette musique novatrice, qui fera parfaitement office de patch, un très bon substitut, comme disait mon ami procureur. En plus, avec ça, aucun risque de se faire choper à la douane…


www.myspace.com/yerbankuru

www.yerban-kuru.com
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