
2006/Autoproduction
Débarquant de Paris, Tusker Seed vient tout juste de sortir cette démo où ils nous proposent 5 titres pour à peu près 25 minutes de temps d’écoute. Un temps d’écoute qui pour ma part ne s’est pas avéré suffisant, l’expérience ayant été intense et totalement dénuée d’ennui. Voici plutôt une manière pas banale pour débuter cette chronique, ceci sonnant plus comme une conclusion. Pas banale en effet, un bien bon terme pour coller à l’image de Tusker Seed. Si, en effet, je débute ainsi ma chronique, c’est pour appuyer le fait que je trouve que ce groupe, à mes yeux, apporte quelque chose de nouveau et que cela fait le plus grand bien. L’écoute de cette première démo s’avère être un bien plaisant voyage, le genre de voyage où l’on voit plein de choses différentes mais toutes aussi étonnantes les unes que les autres, et ce en trop peu de temps. Une espèce de rêve malheureusement interrompu par le réveil du matin vous rappelant cruellement qu’il est temps d’aller bosser.
Le groupe débute donc sa démo avec un "Self Prescription" à dominante assez rock/grungy et aux relents vocaux à la Alice In Chains et encore éraillés, presque Cobainiens. J’appuierai d’ailleurs sur le côté vocal de ce morceau dans la mesure où le chanteur ose et met le paquet. Il se permet d’utiliser des voix plutôt aigües, chantées, avec des effets de reverb, en bref il s’ adonne à des expérimentations vocales qui m’avaient déjà marqué à l’époque où je les avais vus en concert à Boulogne-sur-mer, il y a quelques années. Musicalement, outre la dominante rock grunge, les mélodies se réclament quelque part entre stoner et hardcore old school, à la manière d’un Unsane en forme. Poser une étiquette à ce groupe? Chose presque inhumaine, pour ce premier titre, je me permettrai de dire hardcore grungy stoner progressif, voilà ce qui sonnerait le plus plausible bien qu’amusant mais les influences s’avèrent être tellement riches et variées qu’il est quasiment impossible de les étiqueter. La lignée de cette démo est plutôt progressive, notamment avec le morceau qui suit "A Dream Among The Dead", aux vocaux encore assez Alice in Chains mais aussi dans l’optique d’un Mike Patton pour ce qui est des parties plus parlées. Pas mal de parties planantes dans ce morceau qui s’avère être mon favori avec ces plans assez psychédéliques mais aussi dans lequel on sent l’influence Pelican, Isis etc…
"A Sad Revelation" suit, avec ce début lorgnant quelque part entre Mastodon et Converge, le genre de partie avec des riffs hypnotisants qui tournent en boucle, et où l’on se ruine les cervicales, cette partie hardcore bien lourde agrémentée d’autres parties vocales limites indus un peu à la Proton Burst, et pour finir ce jeu de questions réponses entre partie hardcore torturée et moments plus planants. Quant aux deux morceaux restants, "Can’t Polish Up, Dr" et "Hard Luck Henry", ils sonnent plus noisy rock avec de bonnes rythmiques et des parties de basse bien appréciables, ainsi que l’utilisation de samples venant enrichir un peu plus l’ambiance des morceaux.
Une démo bien prometteuse de ce groupe qui ne cesse d’avancer et l’on ne peut que s’en réjouir. Ils ont récemment fait la première partie de Sleepytime Gorilla Museum à La Loco (Paris). Une fois l'écoute du cd terminée, il nous est toujours impossible de les cataloguer et c’est tant mieux dans la mesure où l’originalité est forgée et où cela plaira autant, par exemple, aux fans de rock, de stoner, de grunge, de post rock/post hardcore et autres. Une démo que je ne saurais donc que vous recommander, sincèrement agréable à l’écoute, et un groupe à soutenir.
Un groupe qui, c'est à noter, est en constante recherche de concerts, donc n’hésitez pas à les contacter!
http://www.myspace.com/tuskerseed