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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 22:28
COMA-'Agony/Hophek'

AUTOPRODUCTION/2018

 

 

En Autriche, sur l'axe du Rhin aux frontières de la Suisse et du Liechtenstein, jonché aux pieds de superbes montagnes boisées se trouve la paisible ville de Feldkirch, connu notamment pour ses nombreux édifices culturelles issu du Moyen-Âge tel le château de Schattenburg, la cathédrale Saint-Nicolas ou sa Tour aux chats. C'est dans ce décor d'une autre époque que naquit en 2012 le sombre projet musical "Coma.", issu des pensées les plus noires et tourmentées de Vøid, le cerveau et l'être à l'origine du groupe. Répandant maladies et afflictions à travers une messe noire de sonorité alliant des éléments de Depressive Suicidal Black Metal (DSBM), Post-Black, Dark Ambiant, Industrial ou encore Post-Rock, "Coma." nous ouvre son tout dernier chapitre dans son univers où toute lumière s'efface pour laisser place à l'obscurité.

"
The ashes of my dreams are spread inside my heart"


Sorti le 21 Janvier 2018 sur leur Bandcamp, "Agony|Hophek" est leur dernier méfait à ce jour, album de 9 morceaux pour une durée totale d'une quarantaine de minute en aller simple pour les ténèbres. Pour cet album, on y retrouve Vøid à l'écriture, à la programmation, au synthétiseur et au chant principal; Déhà pour les cordes (guitare + basse), à la batterie, au chant additionnel mais aussi au mixage/mastering et Moloch aux percussions et à la batterie. L'album, autoproduit, a été enregistrée en deux jours aux Forbidden Frequencies Studios de Bruxelles.

"My mind is long gone into the depths of night"


 

" Agony|Hophek" est introduit par le titre ambiant "IXIIXI" qui installe dès les premiers sons l'ambiance générale de l'album mais aussi celle du groupe: Au travers d'un bruit semblable à celui d'un courant d'air dans de vieux tuyaux en sous-sol se rajoutent des chuchotements malsains, des cris, des bruitages, des percussions palpitantes et quelques notes de piano, le tout donnant une impression d'écouter un véritable rituel de sorcelerie. C'est froid, glauque, malsain, et ça nous montre que "Coma." n'est définitivement pas là pour nous faire sourire.
La suite de l'album est ensuite lancée avec "
Path", un morceau qui nous plonge dans le côté Metal de "Coma.". Démarrant par des blast beats, une basse rythmée sur les riffs d'une guitare enervée et rejoint pas la suite par le chant écorché de Vøid appuyé par quelque passage gutturaux en soutiens, le groupe propose une sonorité Post-Black que l'on pourrait rapprocher à Deefheaven sur l'articulation entre les instruments et le chant. Quelques passages de chant clair s'ajoutent à la suite et le morceau se termine avec une sorte de dernier réflexe majestueusement chaotique pour conclure ce second verset.


Le groupe continue donc sa progression dans le Metal extrême avec "Forsaken", titre que l'on pourrait séparer en deux parties, la première avec un rythme plus lent et moins frénétique que le précédent titre, plus Black Metal traditionnel que le titre précédent mais avec les chants (et donc le texte et donc les émotions) plus mis en avant, avec un refrain diantrement efficace et entêtant; Et une seconde partie plus lente que la première sur quelques moments, appuyé par de déchirant cris. C'est l'un des morceaux les plus forts de l'album, tant par la maitrise de la composition que par l'intensité des lyrics.


Le titre suivant parle pour lui même puisqu'il s'agit d"Interlude", nouvelle donation de "Coma." dans la musique ambiant mais cette fois-ci avec quelques lignes narrés dans le ton très sombre du groupe avec une voix d'outre-tombe. Ce morceau préfigure aussi un changement dans les sonorités d' "Agony|Hophek".


 

"I can live with emptiness but not with you."


 

En effet, le 5ème morceau "Sleepwalker V" est totalement différent de "Path" et "Forsaken": La musique démarre par une mélodie au piano, lente et mélancolique, accompagnée par la batterie et la guitare et quelque effets sonores et suivit par un chant clair qui persiste pour l'intégralité du morceau. Le morceau sera un peu plus rythmé et intense en progressant la lecture, la batterie plus rapide, la guitare plus présente et quelques passages de chant sont criées pour accompagner le chant clair. Nous sommes là plus proche de sonorité Post-Rock que de sonorité extrême. C'est personnellement, l'un de mes morceaux préférés de l'album, en immense partie dû au chant clair qui m'a rappelé les meilleurs performances de Mike Patton.


La tendance est prolongée avec le titre "Abedah", dont le morceau reprend en grande partie le chant clair, mais cette fois accompagné par des passages gutturaux. Ce morceau reprend tout ce qui faisait la beauté du son précédent, mais ajoute à la fin du titre un passage plus intense et torturé émotionnellement, et s'illustre avec le retour des cris écorchés, des gutturaux plus longs, une batterie plus rythmée et une guitare qui installe ce rythme. "Coma." s'illustre par ce biais comme un groupe qui est plus qu'un groupe aux tendance Black Metal et ces deux morceaux que sont "Sleepwalker V" et "Abedah" prouvent la réelle polyvalence de ce groupe et que leurs univers, bien qu'extrêmement sombre, est quelque chose de complexe et plus difficile à expliquer que la manière dont je l'explique en ce moment même.


"The End of Reason" est un morceau ambiant qui fait une nouvelle office de transition et marque le retour des tendances Metal extrême dans l'album. Cette fois la musique est un peu plus minimaliste que les deux précédents dans le même style, mais celle-ci sonne plus comme une véritable prise que l'on pourrait retrouver dans un superbe film d'épouvante avec des voix modifiés donnant un aspect inhumain comparé aux précédents chuchottements.


 

"I am mere the voice of the void"


 

"Ghosting" est un titre plus vindicatif et sadique que les précédents, moins porté sur l'affecte personnel. On y retrouve les sonorités de Metal extrême, plutôt Black Metal, les lyrics étant le plus souvent "Release me, for I can destroy" dans cette chanson, le choix des sonorités Black s'y prêtent bien. Nous y retrouvons les gutturaux et la voix écorchée mais aussi le chant clair pour quelque petit passage, les blast beats de la batterie rythment merveilleusement bien la composition et la guitare dirige fortement le son.


Pour conclure "Agony|Hophek", "Coma." choisit le titre "Loslassen", un morceau unique et "minimaliste" comparé à ce dont le groupe nous a fait subir jusque là: Aurevoir la basse, batterie et guitare, c'est uniquement le piano à 4 mains et le travail des vocalistes pour conclure. Le piano donne un ton déprimant et l'immense talent de Vøid et Déhà qui progressent vocalement au fur et à mesure du morceau, passant d'une narration claire et simple à des hurlements d'agonie et de tristesse, de déchirement, donne lieu à un titre d'une rare intensité. Cet excipit est aussi un des moments forts de cet album, pour la puissance émotive et le talent du vocaliste sur ce morceau.


 

Vous l'aurez compris, " Agony|Hophek" est une réussite, autant sur le plan de l'originalité que sur le plan artistique: "Coma." nous livre ici ce qui est pour le moment leur opus magnum, un album unique aux sonorités divers et variées qui trasmettent des émotions (certes pas joyeuses) et dévoilent le talent et le génie derrière ce projet. On peut reprocher cependant quelque petites erreurs par-ci et là (la perfection n'est pas de ce monde) sur le plan technique en matière de post-production, notamment sur le mixage qui est quelque fois hasardeux (les premiers passages clairs de "Forsaken" sont difficilement audibles par exemple mais cela est corrigé à la suite de l'album) mais tout cela est bénin, surtout quand il s'agit d'une autoproduction.


L'album est disponible sur le Bandcamp du groupe et est disponible gratuitement (mais vous pouvez aussi donner quelque pièces, ça en vaut la chandelle) et il est très clairement une excellente découverte à faire pour ceux qui veulent écouter quelque chose d'atypique et vrai !


Skarjay Nygma

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 19:15
LAVA INVOCATOR-'Mörk'

SATANATH RECORDS/ MORE HATE PRODUCTIONS/ 2017

 

 

Satanath Records continue à nous présenter son panel de productions avec aujourd'hui un détour en Ukraine en compagnie de Lava Invocator sur lesquels nous n'avons que très peu d'informations si ce n'est que « Mörk » est leur premier album.

 

La galette propose ici sept titres (sont une intro) d'un black metal sous tous les angles, jonglant entre l'atmosphèrique et glacial, le plus brutal et thrash ou encore le plus doom et mélancolique.

 

L'intro « Awaken » démarre sur une note ambient au clavier cristallin progressant sur une montée où s'enchaînent les instrus par des mélodies venues du blizzard et du blast vif à souhait.

 

Evoquant les différentes facettes du black metal délivrées par le combo ukrainien, « Dark Thunder Sky » est un bel exemple de black metal typique de l'Est.

Une grande présence des claviers pour renforcer cet aspect hivernal et l'aspect planant un peu à la manière des fameux Lucifugum, du blast endiablé, des mélodies longues, le tout entrecoupé de breaks plus guerriers et épiques. La voix, quant à elle, vocifère par des gargarismes efficaces et malsains.

 

La touche brutale et décidemment plus thrash s'opère sur des titres comme « Totenkampf » ou encore « Gestapofallos ».

Distribution de baffes, riffs hachoirs, grosse double pédale qui déroule et voix bien haineuse, l'auditeur restera sur le carreau malgré quelques interludes épiques où s'exprime le soliste (sur « Totenkampf »). Les amateurs de formations comme Carpathian Forest auront sans doute le sourire figé et de la mousse aux lèvres à l'écoute de ces titres plus destructeurs.

 

Malgré son début tonitruant un peu à la Enochian Crescent, « Empyrium et Nihil » varie ensuite sur quelque chose de plus 'épique'. Avec quelques pics de blasts. Nous évoquions Enochian Crescent pour le début, mais avec du recul, c'est l'ensemble du titre qui nous remémorera le combo norvégien. De bons changement au niveau des ambiances et des mélodies accrocheuses font la force de ce dernier.

 

La touche mélancolique et plus doom se projette dans « Black Dawn » où le tempo se voit plus posé mais néanmoins empli de lurdeur avec cette double pédale pesante et écrasante mais encore dans « Mörk » et son côté assez inquiétant au niveau de l'atmosphère avec entre autres quelques passages en choeurs grégoriens.

L'aspect guerrier et épique est également mis en avant avec ce quelque chose qui ne sera pas sans rappeler Bathory, Satyricon (old), Maniac Butcher ou encore Agmen.

Un retour ensuite à une impitoyable brutalité où le batteur se fait plaisir dans les martèlements, une basse qui bourdonne bien, puis des mélodies toujours aussi accrocheuses.

 

Un album de black aux variations plaisantes qui nous vient du grand Est et qui ravira les fans du style en quête d'un rafraîchissement brutal.

Hugh Grunt

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 23:02
PENTHOS- 'Lifeless Haze'

VISCERAL CIRCUITRY/2017

 

 

C'est Nihilistic Holocaust qui nous fait découvrir cette production de chez Visceral Circuitry et celle ci met au goût du jour une formation anglaise obscure de bon death metal old school puisque ce 4 titres de Penthos date de 2014.

 

Avec déjà un visuel qui attirera l'oeil des adorateurs du style, ce sont quatre titres aussi mélodiques que sombres, fidèles à l'esprit des 90's qui sont proposés ici (sur format cassette qui plus est ! A l'ancienne j'vous dis!)

 

L'ensemble est aussi brutal qu'accrocheur notamment avec la très patator « Bodily Shut Down » qui joue entre mélodies lugubres alternées de breaks bien techniques et ce petit côté à la Morbid Angel avec ce son qui rappelle la bonne époque.

Lourd, noir et agressif sont les adjectifs qui relatent au mieux l'atmosphère générale.

 

Les gars maîtrisent les ambiances avec des côtés assez déjantés comme pour « From The Womb » aux passages bien techniques.

Les rythmes varient entre lourdeur étouffante et dynamisme blasté, puis les soli déments accentuent cet aspect un peu fou.

Vocalement, la lourdeur caverneuse en impose.

 

Mention spéciale à l'éponyme « Lifeless Haze » qui fusionne technique, hypnose, dissonance et oppression.

Le rythme down tempo berce l'auditeur, les grattes sont dissonantes et incisives et cet ensemble lié à ce chant graveleux (alterné d'accompagnements dérangés) ne seront pas sans plaire aux amateurs de combos tels qu'Immolation.

 

« Black Death » démarre (d'ailleurs) avec cette touche black metal avant de partir sur des passages variant accélérations et breaks plus saccadés, le tout poussant au douloureux headbang.

 

Encore une bonne découverte ici avec Penthos qui sait dérouler avec grande efficacité et maîtrise. Le death old school a encore de bien beaux jours devant lui.

Hugh Grunt

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 17:34
SATOR- 'Ordeal'

ARGONAUTA RECORDS/ 2017

 

 

Je me souviens il y a quelques longs mois, lors de pérégrinations dans les limbes de Bandcamp, me baladant de mot clé en mot clé, être tombé par le plus grand des hasards sur une pochette attirant mon attention. Un petit clic sur le lecteur et là, le coup de cœur direct. Le genre d’attraction inexplicable qui fait que tu es mais... tu es irrémédiablement accro et tu y reviens encore et encore ( Si bien qu’à la fin tu as un message de Bandcamp comme quoi tu as trop écouté l’album streamé). Cet album était l’éponyme de Sator sorti en 2015. Alors oui, l’album n’était pas parfait, mais pour un premier album, c’était sacrément bien branlé.

 

On dit que le second album est toujours le plus compliqué dans la carrière d’un groupe, car il faut confirmer le premier, tout en parvenant à évoluer pour éviter une redite qui deviendrait vite ennuyeuse.

 

Avant de s’attaquer aux 5 titres que contient « Ordeal », une petite présentation s’impose pour les retardataires.

 

C’est en 2013 que le monde a vu la naissance de Sator à Gênes ( Italie pour les plus incultes d’entre vous, et j’en vois dans le fond de la salle) Composé initialement de Mauro à la guitare et de Valerio à la basse et au chant, ils sont rejoints par Michelangelo à la batterie. Le premier album éponyme sort en 2015 et donc, en 2017 sort sur Argonauta Rec leur seconde plaque. .

 

« Heartache ». Piste d’introduction, début sur un riff lourd. Porté par une voix écorchée, une basse vrombissante et une batterie lourde qui n’en oublie pas pour autant le groove nécessaire. Des passages mélodiques font leurs apparitions. Le milieu du titre est une invitation à l’introspection. Les guitares murmurent, s’immiscent de manière insidieuse. La fin de la chanson est à nouveau lourde, la guitare pleure littéralement. Pendant que le riffs en arrière plan se répètent inlassablement jusqu’à la dernière seconde. Il y a incontestablement un petit quelque chose d’Electric Wizard ( de la grande époque) dans ce « Heartache ».

 

« Ordeal » débute à toute berzingue avec une leçon de groove. Les fans de Weedeater et consort se retrouveront aisément. Le travail sur les guitares, et la basse est assez impressionnant. Milieu de titre, larsen, sample. Transition. La chape de plomb s’écrase sur ta gueule sans que tu t’y attendes. C’est lourd. Lourd. Lourd. Avec toujours ce côté mélodique qui vient littéralement te planter droit dans le cœur. Cette voix écorchée qui sort d’on ne sait où. Ça en devient émouvant.

C’est dans ce genre de moment, que je ne parviens vraiment pas à comprendre les personnes qui sont insensibles à l’art, tant celui-ci peut nous provoquer des émotions uniques.

 

« Soulride », commence pied au plancher. En train de boire ta bouteille de Sky dans ta dodge Charger 1969, traversant le Nouveau Mexique, sans but précis, hormis celui de profiter de ta putain de vie. Par la suite, le tempo varie, lent,très lent, mezzo. Tout y passe. C’est une démonstration. Et il y a toujours cette guitare chatoyante en allé-retour ( limite Black Metal ), qui s’en donne à cœur joie. Le batteur est impressionnant également. Lourd, précis. Ça claque. Je pense savoir, ce que ça fait que de recevoir un parpaing en pleine tronche.

 

« Sky Burial ». Dès son entrée surprend. Elle surprend par son sample en français qui n’est autre que le «  Pour en finir avec le jugement de Dieu » d’Antonin Artaud ( « Poème » que je vous conseille fortement ). Le tout sur une introduction digne des plus grandes œuvres de Black Sabbath. Avant d’enchaîner au 2/3 de la chanson sur un passage atmosphérique, limite chamanique. Presque psychédélique. Avant de repartir de plus belle sur cette haine maîtrisée mais non contenue.

 

 

Pour clôturer, « Funeral Pyres ». Encore une fois, le mot groove prend tout son sens ici. L’ombre de Bongzilla plane sur le début des 15 min de ce titre. On est vraiment dans une Stoner-Doom très lourd. Pesant. Suffocant.

La guitare, avec ses gimmicks sabbathien, me rappelle les japonais de Church Of Misery. Le riff est répété, malmené, limite martyrisé pendant plusieurs minutes. L’ambiance est accablante. Suffocante. Et ça ne va pas aller en s’améliorant. Le tempo ralentit. Les voix sont déchirées, possédées, hallucinées. Tu essaies de faire face, mais tu te sens emporté, impuissant. Sator t’accroche par le bras et t’emmène avec lui dans son monde, qui indéniablement ressemble plus à l’enfer qu’au paradis ( ou inversement… ).

Les 5 dernières minutes sont constituées de larsens et de voix féminines déformées. De quoi te faire plonger pour de bon.

 

Alors, alors. Si le premier album m’avait agréablement surpris. Ce n’était rien comparé à « Ordeal ». Il est rare de nos jours d’entendre un album d’une telle qualité. Surtout pour un groupe qui est encore relativement jeune. J’espère le plus sincèrement du monde que Sator parviendrait à se faire une place de choix parmi les fans du genre, car si il y a bien un groupe qui le mérite c’est bien eux.

 

Même si chez Yargla, nous ne notons pas les albums, je vais quand même mettre un très bon, 9,9/10 à ce petit bijou.

Doomyan

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 17:19
HELLHUMM-'Random Damage Industry'

AUTOPRODUCTION/2016

 

 

La musique industrielle est depuis longtemps, pour ne pas dire depuis ses débuts, une affaire exclusivement allemande. La plupart des artistes y sont situés, le public avec, et il n'est pas étonnant que beaucoup de groupes d'autres pays connaissent la notoriété bien loin de chez eux. C'est le cas du groupe Hellhumm, groupe composé de Javier Calvo au synthé et à la programmation, Sergio Torroba Herranz lui aussi aux synthé et à la batterie électronique et l'acteur Ignacio Ysasi au chant et à la guitare. Le groupe sort donc son premier album, autoproduit, "Random Damage Industry" d'une durée de 40min pour 11 chansons prometteuses montrant que l'Espagne possède son lot de talent.

 

"Random Damage Industry" commence avec un premier titre "Scramble" d'une efficacité remarquable et donnant directement la température de l'album. On est sur de la composition réfléchie, des sonorités de synthétiseurs entêtantes et malines, et un chant hypnotique qui rappelle Dave Gahan voir Gary Numan.

Chaque morceau de l'album possède sa propre identité. On y décèle d'ailleurs pas mal d'inspiration à Depeche Mode, Nitzer Ebb, Front 242 ou encore Skinny Puppy, variant entre chaque morceau, certains sonnant plus harsh comme "Gravity (Restraint)" et sa sonorité très indus des 80s ou l'instrumental "Scum"; comparé à des morceaux plus accessibles, car tournant assez soft-pop, tel "No Dawn" et son refrain entêtant (un coup de coeur personnel pour ce son).

Cependant, l'album souffre à l'écoute d'un soucis de mixage/mastering assez flagrants sur certains passages, rien de bien méchant mais quand même assez frustrant par-moment tant ça gâche un peu le plaisir.

Dans l'ensemble, Hellhumm nous livre un premier album entrainant et varié qui témoigne de la passion des membres pour la musique. Mélangeant des effets EBM contemporains et old-school, des effets indus venant des 80s et d'autres venant de la pop voir de l'electro-rock, "Random Damage Industry" saura combler toutes oreilles friandes de sonorités électroniques malgré un soucis de mastering, et il n'en sera que bénéfique que de suivre ce groupe dans son évolution.

Skarjay Nygma

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 14:07
KAYLETH-'Space Muffin'

ARGONAUTA RECORDS/2017

 

 

Les italiens de Kayleth sont actifs sur la scène stoner rock italienne depuis plus d’une dizaine d’années. Après avoir enregistré moult démos et autres ep, c’est en 2015 que sort « Space Muffin », leur premier album, sur Argonauta. Deux ans plus tard, le label italien, décide de ressortir ce premier Lp, avec un nouvel artwork, et en bonus, l’ep « Rusty Gold », datant de 2010.

 

Musicalement Kayleth, évolue dans une sphère Stoner, Space Rock, Psychedelic Rock. Pour donner quelques repères, on peut sans trop hésiter, citer les références telles que Kyuss ( surtout dans le son des guitares ), Orange Goblin, les premiers albums de Monster Magnet, voir même 7 Zuma 7.

 

Dès la chanson d’ouverture, « Moutains », Kayleth, nous montre directement à quoi nous attendre durant les 8 titres à venir. On a l’impression de se retrouver milieu des 90’s, lorsque le grunge dominait le petit monde du rock, et que Kyuss est arrivé avec un son plus « Desert ». C’est précisément entre ces deux mondes que Kayleth évolue. Les riffs de guitare ne sont pas sans rappeler ceux du Josh Homme de l’époque. Tandis que la voix, penche plutôt vers celle du regretté Chris Cornell. Même si l’originalité n’est pas la qualité première du combo, la capacité de balancer des riffs accrocheurs et incroyablement groovy, leur fait marquer un bon gros point.

 

Les titres sont homogènes, mélangeant passages hargneux et psychédéliques, on a jamais ce sentiment d’ennui ( qui fait parfois défaut à certains groupes dans le genre ).

 

Je passerais outre de l’ep présent en fin d’album qui n’a, à mon sens, que de bénéfique le fait de montrer la maturité que le groupe a acquit pendant ces 5 dernières années.

Si vous êtes donc nostalgique de la face le plus «  old school » du stoner rock, n’hésitez pas à jeter une oreille sur ce « Space Muffin » qui ravira vos esgourdes, voir même plus…

 

Doomyan

 

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 13:46
Damned Pilots-'Overgalaxy'

SLIPTRICK RECORDS/ 2016

 

 

Damned Pilots, nous vient de Trieste en Italie et prétend faire du « Post Nuclear Metal ». Qu’est-ce donc le Post Nuclear Metal ? C’est ce qu’on nous allons tenter de découvrir à l’écoute de leur second album, « Overgalaxy ».

 

Ce qui est intéressant, à première vue, c’est que le groupe pousse le concept à son paroxysme. Look futuriste, artwork immersif. Tout a l’air profondément réfléchit. Une bonne entrée en matière qui donne envie de découvrir l’univers post apocalyptique que le quatuor nous propose.

 

Ok, il est temps de parler de ce qu’on peut entendre sur cet « Overgalaxy ». Et ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile à décrire. Il y a une telle multitude de styles et d’influences différents que Damned Pilots est difficilement comparables à d’autres groupes.

Suivant les titres, vous allez pouvoir découvrir des passages Doom Metal, Heavy Metal, limite PowerMetal. Le tout est assez puissant avec une recherche de la mélodie assez présent.

Il y a peu de passages vraiment rapides, on est plutôt dans le mid tempo. Au final, pas si éloigné que ça d’un Rob Zombie par moment.

Si vous cherchez des solos de guitares à tout va, vous allez être déçu, car ce n’est pas le genre de la maison. Damned Pilots préfère se concentrer sur la qualité des rythmiques et de riffs accrocheurs.

Le tout formant un album cohérent et assez solide, même si ce n’est pas ma tasse de thé.

 

Une mention spéciale, pour « MOS », et ses 6 minutes 41 de drone psychédélique qui est juste parfait pour clôturer cet album de la meilleure manière possible.

 

Alors, oui, en lisant la mention Post Nuclear Metal, je m’attendais sincèrement à autre chose. Mais le principal dans cet album, est qu’on sent le groupe sincère dans sa démarche. Et surtout, on sent un groupe qui prend du plaisir à jouer ensemble, et à faire ce qu’il aime. Et ça c’est ce qu’il y a de plus beau. Et rien que pour cette franchise partagée, cet album mérite d’avoir la reconnaissance qu’il mérite.

Doomyan

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 16:26
BREAKHEAD-'Neurasthenia'

AUTOPRODUCTION/ 2017

 

 

Les calaisiens de Breakhead signent leur retour dans nos pages avec leur premier album sorti en 2017.

 

Et les choses démarrent sur des chapeaux de roux (désolé), juste après une intro electro lugubre, avec ce death metal mélodique influencé scandinave alterné de passages plus hardcore.

 

Les titres proposés alternent énergie et passages plus massifs.

 

La double et les coups de caisse claire avancent avec frénésie, les mélodies sont accrocheuses et les vocaux bien rageurs alternent gutturalité et cris plus black.

 

« Seven Sins » pose bien les pierres de l'efficacité avec des riffs et des rythmes bien béton et des breaks dynamiquesà souhait sans évoquer le moment plus mosh part du morceau.

 

« Unbreakable » se profile également comme un hymne à la gigue mouvementée sur les planches. De la bonne baston mélodique et du groove à foison en fait un morceau efficace.

 

On saura également apprécier « Doomsday » et toujours cette touche thrash /death suédoise et ces variations bien ficelées, notamment ce passage groovy (limite à la Black Label Society de l(a bonne) époque), puis ce pachydermique instant qui hume bon la sueur.

Si l'on s'attarde sur "Pandemonium", c'est un véritable caterpillar que l'on se prend dans la tronche tant par la rythmique et cette double méga lourde qui tabasse à poings fermés, ces choeurs et ces passages entraînants à mort. Ca déroule, ca défoule, c'est toujours aussi mélodique mais l'impact causé laisse de grosses traces. Petite mention donc à ce morceau aux ambiances certes bien variées, mais écrasantes.

 

Et l'on s'appuiera également sur un titre comme "Scarecrow" dont les gaillards ont fait un clip, démarrant sur une gamme d'arpèges hypnotiques avant de s'alourdir considérablement et accroche une fois de plus. Les tempos varient entre brut et groovy. Les mélodies quant à elles maintiennent un côté épique, la basse est bien en avant et le chant s'amuse d'un question-réponse tout en alternant le timbre.

L'ensemble de cette galette, alterné d'interludes instrumentaux, reste fidèle à cet esprit et sait proposer quelque chose avec plus de maturité et d'intéressant.

Prometteur ce premier album !

Hugh Grunt

 

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 11:22
BRUME-'Rooster'

DHU RECORDS/ 2017

 

 

Venant de Californie, Brume s’est fait une petite place dans le monde du Doom en 2015 lors de la sortie de son premier ep «  Donkey ».

 

Certes, « Donkey » était loin d’être parfait ( mais qui peut se vanter de sortir un premier ep sans défaut ? ) . Afin de concrétiser l’effet et de gommer les erreurs du passé, Brume a choisi l’expérimenté Billy Anderson à la production.

 

La où Brume a encore pris en maturité, c’est dans le choix de la pochette de ce « Rooster ». Fini l’artwork simpliste tiré d’une banque d’images occultes du fin fond d’internet pour faire appel à un vrai artiste, Shaun Beaudry, connu pour ses collaborations visuelles avec Kylesa ou Darkest Hour entre autres. Rien qu’à la vue de l’artwork on a envie de se plonger dans cette seconde étape du bestiaire de Brume, « Rooster. »

 

Premières notes, premières déflagrations sonores. Le son est « fat », mais parfaitement cristallin. Chaque sonorité est parfaitement audible, limpide, ce qui donne l’impression de littéralement être pris par la main pour être plongé, immergé dans le microcosme du trio californien.

 

Si vous avez aimé « Donkey », vous ne serez absolument pas décontenancé à l’écoute de « Rooster. » Le côté monolithique est toujours bien présent, mais plus travaillé. Moins linéaire. L’ajout de passages acoustiques, de break plus atmosphériques, de mini pauses, démontrent que Brume a pris en gallons . Les morceaux sont merveilleusement exploités. Cette dualité entre les riffs lancinants, répétés tel un mantra, et cette voix polyvalente, tantôt éthérée, tantôt plus autoritaires font de ce « Rooster » un album assez incroyable.

 

Vu la qualité de ce premier album, je suis prêt à parier un bifton comme quoi Brume sera une des « next big thing » dans la sphère Doom.

Doomyan

 

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 11:05
GUERRE FROIDE-'Coruscant'

MEDIOSEM  RECORDS/ 2017

 

 

Groupe crée en 1980 au Nord de la France, Guerre Froide est un groupe qui a marqué la scène internationale par le titre "Demain Berlin" issu de leur premier EP en 1981, donnant ses lettres de noblesse au French Cold Wave.

L'atmosphère musicale du groupe joue sur la répétitivité hypnotique de l'instrumental, parfois enclin à des éclats de violence, au chant singulier qui démontre une écriture et des paroles poétiques et philosophiques, parfois même politique et sociétale.

Ce nouvel album sobrement intitulé "Coruscant" (du latin "coruscans" signifiant "scintillant","étincelant"; et non une quelconque référence à Star Wars, pour la précision...) livre 8 chansons séparées en 2 parties ("Loge" et "Salle") pour une durée totale de 37 minutes dans cet univers si particulier qu'est celui de Guerre Froide. Musique minimaliste, riff de basse entrainante et lancinante, chant obsédant et texte intelligent font de "Coruscant" un album remplissant parfaitement les conditions d'une coldwave d'antan , dont les arrangements musicaux et la profondeur du style et de l'esthétisme réactualise le genre, donnant un renouveau à la coldwave.

 

Certains morceaux comme "Moralité", "Mademoiselle" ou "Coruscant" apportent un vent de fraicheur sur un genre mélancolique qui survit à l'épreuve du temps, par la force de la basse de Samuel Druon, la programmation et guitare de Fabrice Fruchart et par les voix de Yves Royer et Sabatel (Cheschire Cat, Dear Deer...) qui subliment le tout.

 

Un album scintillant marquant le retour triomphant de Guerre Froide dans l'actualité, dévoilant une évolution dans son atmosphère et livre un excellent album qui plaira à tout fan de coldwave français.

Skarjay Nygma

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