Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 19:51
CITIES OF MARS-'Temporal Rifts'

ARGONAUTA RECORDS/2017

 

 

 

Un an et demi après son fantastique « Celestial Mistress » ( chroniqué ici même ), voici le retour tant attendu du trio de Göteborg, qui a depuis, rejoint l’écurie d’Argonauta Records.

Il n’aura fallu que deux ep’s pour que la formation suédoise pour montrer tout son talent dans un style où il devient de plus en plus compliqué de faire sa place et d’avoir une identité propre.

 

Fort d’un concept original teinté de science fiction, c’est avec un joie non dissimulée que nous retrouvons, lors des 5 titres que composent ce premier album, Nadia, une agent du KGB envoyée sur Mars dans les années 70. A la lecture des paroles, la pauvre n’est pas épargnée dans ce « Temporal Rifts ». La narration est solide, les textes profonds et envoûtants.

 

Musicalement parlant, Cities of Mars œuvre toujours dans ce Doom tortueux et torturés. Le tempo est en général lent ( bien que de temps en temps, un certain mid-tempo vient s’installer), le son est massif bien que parfaitement clair. Les guitares ont toujours cette sonorité fuzz cradingue, prodiguant des riffs épais, par moment proche du Sludge et du Post Hardcore ( jetez une oreille à « Gula ,A bitter Embrace » et ces inserts dissonants). La basse est rondouillarde et grave. La batterie, véhémente, est par moment limite mécanique. Ce qui apporte une froideur supplémentaire.

 

La plus grande évolution sur ce premier album est la manière dont les voix sont posées. Plus rauques que précédemment, elles sont également plus travaillées, plus posées, plus profondes. Il suffit d’écouter la piste d’ouverture et ce refrain assassin, pour ressentir tout le désespoir et la tristesse.

 

Là où Cities Of Mars est incroyablement impressionnant, c’est que c’est le seul groupe qui parvient, grâce à ses compositions versatiles et sa manière à imposer des ambiances uniques, à me faire voyager comme si je lisais un roman d’Asimov ou de Lovecraft.

 

Au final, « Temporal Rifts » est maîtrisé de bout en bout. Et j’espère que le groupe aura toute la reconnaissance qu’il mérite. Bon, je me lance, il reste un peu plus de deux mois avant la fin de l’année, mais c’est avec certitude que je peux affirmer que ce premier effort sera dans mon top 3 de l’année 2017.

Doomyan

Partager cet article
Repost0
2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 20:45
INFECTION CODE-'Dissenso'

ARGONAUTA RECORDS-2018

 

 

Il y a des albums qui sont difficiles à chroniquer tant ils sortent des sentiers battus. « Dissenso » des piémontais d’Infection Code en fait partie.

 

Oscillant entre industriel, metal, noise et post hardcore, Infection Code est un groupe de ce qu’il y a de plus original dans sa démarche artistique. Avec tout ce que cela comporte. Si l’album possède des qualités, il a également ses défauts, dont le principal, est à mon sens, la difficulté à suivre le groupe dans ses divagations.

 

Les rythmiques et sonorités assez inhabituelles peuvent donner un côté assez hermétique « Dissenso » pour quiconque n’est pas familier avec le genre. Cependant, si Godflesh, Revolting Cocks, Killing Joke, sont des noms qui titillent, Infection Code devrait satisfaire vos envies sonores.

 

Les déflagrations auditives du quatuor sont brutales, écorchées, violentes. Le tempo est majoritairement assez lent, ce qui a pour conséquence d’amplifier le côté écrasant des textures sonores.

 

Si je suis assez réfractaire à des titres comme « Santa Mattanza » ou « Sentenza », qui manquent de profondeur, je suis nettement plus enthousiaste sur des titres comme « Macrie » ou « Ad Nauseam » qui proposent des mélodies subtiles et des arrangements un peu plus facile d’accès.

 

Au final « Dissenso » est un album intéressant à plus d’un titre, ce qui ravira les fans du genre .

 

Doomyan

Partager cet article
Repost0
1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 14:25
FRAKASM-'Century Of Decline'

GREAT DANE RECORDS/2017

 

 

Allons donc faire un tour dans nos Hauts de France en direction de Dunkerque afin de voir ce qu'il s'y passe.

Et aujourd'hui, nous y célébrerons nos retrouvailles avec une formation déjà passée par chez nous puisqu'il s'agit de Frakasm qui nous proposent leur premier album.

Tout d'abord, comment ne pas évoquer l'objet ?

Une pochette excellente et un artwork de malade avec le souci du détail effectué par Rémy de Headsplit Design qui déjà a le mérite d'attirer l'oeil. D'ailleurs n'hésitez pas à aller jeter le votre du côté du site en question.

 

Ils nous avaient déjà mis en appétit il y a quelque temps avec deux titres (que l'on retrouve d'ailleurs sur l'album) et cette fois encore, le death metal des Nordistes parvient à nous emplir la panse avec du bon gras des familles.

 

On retrouve avec plaisir cette aisance à mêler le death metal old school avec lequel on devine aisément ce dans quoi baignent les oreilles des gaillards à un côté plus actuel, et la fusion se fait naturellement.

 

Le côté mélodique est l'une des pièces maîtresses de Frakasm qui les maîtrise avec vélocité. Il suffit déjà de se prendre les premières notes de « Reaper's Return » dans la face pour ne plus pouvoir se défaire des serres de l'impitoyable combo qui ne vous relâchera qu'en charpie à la fin de la galette.

 

Pour en revenir à « Reaper's Return », l'ambiance thrash avec ces quelques touches plus heavy ici et là est terriblement accrocheuse.

Les riffs gèrent avec vélocité, le chant alterne entre le bien caverneux et le plus black metal, la basse alourdit à souhait l'atmosphère et le batteur se démène comme un beau diable.

L'énergie est puissante et les breaks sont bien ficelés, les soli bien balancés, preuve d' »une maîtrise technique déjà bien acquise.

 

« Hirosaki » ne vous laissera pas de marbre non plus avec sa patte old school et mélodique à souhait. L'accroche est indéniable avec à nouveau ce côté heavy qui pousse au headbang et qui vous rappellera cette bonne vieille veste à patches que vous aviez laissée au placard à côté de vos T Shirts d'Iron Maiden, d'Obscenity et d'Obituary.

 

Prenons également « In The Womb » qui est également un bon florilège d'efficacité.

Les rythmes varient, martelant où il faut et quand il faut. Les riffs sont toujours bien avancé, le chant appuie bien et met en relief le dynamisme de ce morceau encore bien addictif. Rapide et carré, on sent naturellement que Frakasm a porté un travail acharné à cet art dans lequel il excelle.

 

« Treachery » et sa putain d'intro ravira tous les adorateurs de la scène death metal 90s avec son côté à la Obscenity que nous évoquions d'ailleurs plus haut. « Treachery » c'est ce genre de morceau qui tu aurais pu retrouver à la bonne époque des cds Metal Explosion. Pas de blast beats incessants ici ni de gros branlage de manches, Frakasm la joue beaucoup plus subtile sans pour autant perdre dans l'énergie qui vous inflige tout de même une tarte qui vous piquera un sacré moment.

 

« Orgasmic Plutonium Warfare » fait partie également de ce genre de morceaux que l'on aurait bien retrouvé sur Metal Explosion d'époque, avec ses rythmes et mélodies qui fleurent bon le thrash des familles et ce chant burné qui en impose.

 

On accordera aussi une mention spéciale à « Inferi Gloria » et ses mélodies diaboliques et enchanteresses. A l'écoute de ce titre, on ne sera pas sans penser à la bande de Dave Rotten d' Avulsed.

Le morceau est carré à souhait, et il sait varier les passages tout en conservant sa lignée catchy. Des éléments un peu plus black, une complémentarité de chaque musicien, une force de frappe destructrice, « Inferi Gloria » s'ancre comme le titre le plus addictif de l'opus.

 

Et l'on retrouve également « Cerebral Torture » puis la très groovy « Nekrocannibal » que nous avions déjà découvert et qui avait déjà su nous conserver dans le piège alors tendu par les Dunkerquois et qui déjà à l'époque nous laissait impatient d'une suite.

 

 

Le death metal de Frakasm est aussi gras qu'un potjevleesch et mousse autant qu'une Ch'ti Triple, et à Dunkerque il n'y a pas que le carnaval. Ici, les carnages valent qu'on se remette l'album dès sa fin.

Une maîtrise totale des instruments, de la voix, des ambiances, une accroche inévitable, Frakasm fait déjà preuve de maturité dès ce premier album et « Century Of Decline » et l'album sait se hisser comme une valeur sûre et une fierté du metal hexagonal voire même international. Un must have que se doivent d'avoir les nostalgiques de la scène des 30 dernières années mais également les plus jeunes.

Hugh Grunt

 

 

Partager cet article
Repost0
31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 20:45
EVIL NERFAL- 'Bellum Est Pater Omnium'

GRIMM DISTRIBUTION-MORBID SKULL RECORDS/2018

 

 

L'Amérique du Sud nous appelle ce jour afin de nous présenter une de ses hordes black metal underground avec Evil Nerfal, sévissant depuis 2007 et qui propose ce second album sorti chez Grimm Distribution en collaboration avec Morbid Skull Records.

 

Ici c'est un black metal aussi mélodique qu'agressif qui flaire bon l'old school qui nous est balancé.

Il est donc certain que si tu es, cher lecteur, un auditeur lambda, satanique est ta soirée lorsque tu écoutes cet opus.

 

Du blast des plus démoniaque et schizophrène se déchaîne comme pour exemple sur «En Las Fauces del Demonio (Taedium Demoni) ».

Le morceau est excellent et agrémenté de parties variées de manière très probante.

Les mélodies lacèrent et alternent rapidité pour venir ensuite sur des parties plus posées sans pour autant amener de répit

Un passage aux arpèges se voit suivit de lignes variant l'ascendant et le descendant avec brio.

Des cassures de rythmes puis la double qui mitraille à cœur joie afin d'imposer un côté des plus massifs.

Vocalement, le chant est bien malsain et old school. On pensera sur certains passages à Agathodaimon. On pourra apprécier aussi un final au chant clair incantatoire.

 

On accrochera aussi à « Vestigial (Manifesto de Misantropia) » et cette fougue écrasante, hargneuse et énergique.

Le black metal est bien maîtrisé au point de vue mélodies qui se font riches au grès des différentes atmosphères.

Il y a quelque chose d'épique dans ce titre mais également ce côté qui vous écrase aisément au pavé.

Sur ce titre comme sur d'autres d'ailleurs, il y a ce côté à la Abigor qui ravira les amateurs dudit combo autrichien.

 

L'instrumentale de l'album « Satanic Madness Black Metal Unleashed (Instrumental) » se pose tel une ode au black metal d'antan de la scène scandinave avec ces mélodies très mélodiques et ces changements de rythmes variant blast beats et passages plus apaisés.

 

« In Endless Torment » fait également bien le boulot.

Principalement mid tempo, la double pédale se fait lourde, les mélodies de gratte et de basse hachées alors que la voix vocifère diaboliquement d'un ton caverneux. Progressivement le titre évolue vers un aspect plus heavy et se termine sur une note épique et guerrière.

 

On se prend aussi en pleine face l'explosive « Foedus Versus Deus (Against The Great Drone History) » et ses notes incontrôlées qui s'enchaînent inlassablement. L'ambiance est aussi violente que mélodique. Matraquage et découpe sont d'actualité sur une cadence infernale.

 

Une sympathique découverte colombienne avec Evil Nerfal qui sait proposer un black metal des plus méphistophéliques et avec de bonnes idées. Les ambiances varient efficacement et la Colombie ne sera pas cette fois symbole de la paix tant ce black metal s'avère guerrier.

Hugh Grunt

Partager cet article
Repost0
31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 13:36
THINK-'S/T'

AUTOPRODUCTION/2016

 

 

Un petit tour en région parisienne avec le premier opus des gaillards de THINK qui officient déjà depuis 2011. Les membres n'en sont pas à leur coup d'essai dans la mesure où chacun a déjà pu gagner une solide expérience dans diverses formations telles que No Return pour Tanguy qui a occupé le poste de chanteur de 1992 à 1997, Denonciator pour Nob et Seb,puis ADX, entre autres, pour Klod.

 

C'est donc ici l'alliance de gars déjà bien forgés qui proposent cet album de sept titres dans une mouvance Metal Hardcore Indus avec également ce petit côté punk présent notamment dans le chant. A ce propos, le chant est proposé dans la langue de Molière.

 

C'est « Une autre vie » qui fait guise d'introduction courte, lourde à souhait avec un groove bien prononcé et avec ce chant qui en est à l'énergique déclamation.

 

Le groove et la lourdeur sont deux pièces maîtresses de THINK . Et c'est encore plus indéniable sur un titre comme « Serpent » par exemple.

La rythmique et les riffs de l'intro sont ultra catchy. Simples mais catchy.

Alors, les passages où se posent les couplets accompagnés de cette basse bien en avant raviront sans doute les fans de formations comme Lofofora mais THINK renferme tout de même une bestialité supérieure.

De bonnes variations rythmiques savent faire jongler rage et accroche ou encore dissonance et tarte dans la tronche.

 

En terme d'accroche dès le départ du morceau, on peut évoquer « Blackout » aussi qui a le don de faire remuer les cervicales.

Du groove encore, en veux tu, en voilà.

Les variations vocales sont aussi à souligner dans ce titre oscillant entre chant discursif assez malsain avec un flow efficace et parties plus chantées posant un aspect plus épique.

On appréciera aussi le passage empli de folie et complètement décalé rythmiquement qui injecte une énergie des plus appréciables.

 

Beaucoup de dynamisme aussi sur « Elle serait là,si lourde » qui s'avère bien hardcore à souhait.

Les riffs sont efficaces et une fois de plus vos mouvements de tête se feront automatiquement au gré de l'avancement dans ledit titre.

Le morceau doit déchaîner les fosses en live avec ses bonnes parties 'pain dans la tronche' des familles.

 

Il y a tant de travail dans cet album, et l'on ne pourra que reconnaître la maîtrise de chacun des membres.

Chacun est bien à sa place et se complète.

Le Hardcore Indus des parisiens pourra vous rappeler Voïvod par moment mais le combo sait se démarquer avec des idées plus personnelles.

Sept morceaux efficaces et un très bon premier jet qui nous rend impatient pour la suite.

Hugh Grunt

 

Partager cet article
Repost0
30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 23:49
GARHELENTH-'About Pessimistic Elements & Rebirth Of Tragedy'

SATANATH RECORDS-THE EASTERN FRONT/2017

 

 

Un retour du label russe Satanath Records dans nos pages qui nous propose aujourd'hui une co-production avec le label The Eastern Front, et c'est en Arménie que nous poserons nos valises avec Garhelenth combo iranien installé dans ce pays.

Encore une fois ici, grâce à cette producion, nous découvrons encore d'autres terres où le métal underground se pratique.

 

Sept titres d'un black metal dissonant constituent cet opus, introduit par « Pessimistically (Abolish The Idols) », intro aux airs lugubres qui laisse présager une certaine folie maladive et inquiétante.

 

Toutefois, le combo arménien ne se contente pas uniquement de cette atmosphère en sachant amener une tournure décidément plus épiquement guerrière.

Ces variations s'affirment sur les riffs galopants et un peu heavy comme sur « Destruction Of The Will », « Moral To Pessimist » ou « To Impersonal Mankind ».

La rythmique est entraînante et les mélodies bien affûtées.

 

On perçoit ce changement également au point de vue vocal. Si principalement, nous avons à faire à un chant typiquement black et grinçant, on trouve des passages chantés décuplant l'aspect épique. Pour en revenir à l'excellent « To Impersonal Mankind », les amateurs de Shining apprécieront les vocalises bien oppressantes.

 

Sur « Perspective Of Exorbitant », nous retrouvons cette alliance tant belliqueuse que malsaine. Les passages alternent aisément avec ce début digne d'une marche au combat et la suite plus rythmiquement lourde et où les mélodies de grattes se font un peu plus atmosphériques, quant au chant, il revient sur deux chants clairs apportant un côté héroïque.

 

Mention spéciale au morceau « Self Humiliation » qui se pose comme le plus lourd, avec ces rythmiques bestiales, cette dissonance de riffs qui obscurcissent l'ambiance dès les premières notes, puis ce chant variant un aspect hargneux à un autre diabolique et hérétique à souhait.

 

Encore une découverte très sympathique avec Garhelenth qui se posent comme un combo savant maîtriser son black metal en l'agrémentant d'ambiances efficaces. A surveiller

 

Hugh Grunt

 

Partager cet article
Repost0
30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 19:52
JOHN 3:16-'עשר'

ALREATON MUSIC/ 2018

 

 

  

Déjà 5 ans qu’est sorti l’excellent « Visions of The Hereafter - Visions of Heaven, Hell and Purgatory », premier véritable album du projet solo de Ph.Gerber ( qui officiait précédemment dans les regrettés Heat From a Deadstar). En 5 ans, Ph ne s’est nullement reposé sur ses lauriers. C’est en effet deux ep , moult collaborations, de même que différents projets ( pour les amateurs de musiques électroniques, je vous invite à écouter MNIPK ), qui ont vu le jour, et ce avec une qualité constante frôlant par moment le divin.

 

Avant même d’écouter עשר  , attardons nous sur l’artwork créé par Nicole Boitos, connue pour avoir travaillé avec, entre autre, Red Sparowes, Insect Ark, Bee And Flower. N.Boitos, par son magnifique travail bichrome ( sûrement une technique proche de la carte à gratter) sur le thème biblique nous immerge directement dans le monde sacré de John 3:16.

 

עשר' , signifiant 10 en hébreu, paraît 10 ans après le premier enregistrement. Tout un symbole.
En dix ans, on peut remarquer que Ph.a considérablement ouvert son champs d’action en quittant les sonorités purement drones et industrielles de l’époque pour se muer au fur et à mesure vers des sonorités plus cristallines, moins oppressantes, voir atmosphériques. Et cette tendance se confirme allègrement dès l’introduction de « The Sun Shall Be Turned Into Darkness », qui, malgré une introduction écrasante, prend une direction post-rock, lorsque la guitare vient distiller ses notes cristallines saupoudrées de delay, se noyant petit à petit dans un maelstrom ataraxique.

 

« Hexenhammer ». Les synthés mènent la danse, sur fond de batterie minimaliste. L’ambiance n’est pas vraiment monolithique, mais dérangeante, limite malsaine. Vers 03 minutes, l’atmosphère fluctue vers quelque chose de plus lumineux. Les riffs sont répétés encore et encore, inlassablement. Accompagnés de synthés, de drone, de la multiplication des pistes de guitares, et toujours soutenu par cette batterie imperturbable. On est littéralement happé dans ce עשר' .

 

« Alcyone », reprend les mêmes bases que la piste précédente. Une batterie tout aussi minimaliste sur un tempo lent avec une mélodie de guitare entêtante, émouvante. John 3:16 nous offre ici un morceau incroyable de post rock. Incontestablement ce que j’ai entendu de mieux dans le style depuis plusieurs années. L’aura que dégage ce titre, me fait penser au groupe culte Shipping News, alors que musicalement les deux groupes sont relativement éloignés.

 

Le titre « The Holy Moutain », se dépeint comme tribal. L’appellation est en parfaite adéquation avec la musique. On peut aisément s’imaginer, grâce aux lamentations exaltées en boucle, le tout soutenu par le paysage sonore qui s’élève crescendo, grimper et vaincre cette fameuse Montagne Sacrée . Arrivé au sommet, la musique de minimise , laissant pour seule compagne à votre spiritualité une guitare discrète, vous apaisant après ce voyage initiatique.

 

La fin Absolue du monde. Magma de textures sonores en fusion annonciatrices de ce qu’il pourrait arriver de mieux à notre chère planète.

 

Chaque piste, est vraiment unique, avec pour fil conducteur se tempo lancinant. On ne pourra que saluer le travail réalisé, tout au long des douze titres, sur les textures qui forment de véritables paysages sonores. Les séquences se succèdent naturellement emmenant l’auditeur dans un maelstrom émotionnel. Écoutez « The Black Hollow » pour comprendre ce dont je parle.

Il est important de préciser que la version numérique ( disponible sur le bandcamp) , contient une multitude de titres bonus, b-side, inédits, d’une durée de presque 3h. Le tout à un prix ridiculement bas.

 

Pour conclure, עשר' est la confirmation attendue. Ph. parvient à se réapproprier nombreux styles l’ayant influencé, sans tomber dans le pastiche vulgaire et facile. John 3:16, est une entité unique, vivante, presque mutante, rendant pour certains l’écoute exigeante, mais toujours passionnante.

Un must have.

 

 Doomyan

 

Partager cet article
Repost0
21 février 2018 3 21 /02 /février /2018 13:31
SAPATA-'Satanibator'

INVERSE RECORDS/ 2017

 

 

Cela vous est incontestablement déjà arrivé que, lors de la première écoute d’un album, de ne lui trouver aucun charme, voir même de le trouver mauvais. Ça nous est tous arrivé. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé avec ce « Satanibator », des Finlandais de Sapata. Lors de la première écoute, c’est un album plat, sans saveur qui se dévoilait au fur et à mesure que les pistes défilaient. Je réfléchissais à comment tourner ma chronique afin d’être juste sans être blessant.

 

Second passage de l’album dans le lecteur. Tiens… C’est que, « Gobi », le titre d’ouverture, contient un premier riff incroyablement bien balancé. Merde, la production est bien puissante. Putain, mais cette voix de Saara  est quand même juste incroyable. Il est rare d’entendre dans le doom des chanteur(se)s aussi passionné(e)s. La palette vocale de mademoiselle ( ou madame, je n’en sais trop rien) Samane est juste impressionnante. La dernière chanteuse de ce calibre que j’ai pu entendre était Matilda de Maidavale ( encore un autre joyeux venu du nord ). Je vais devoir réviser mon jugement.

 

On enchaîne avec « Styx » et son intro bluesy enfumée. Les rythmiques deviennent lourdes et puissantes. La voix est toujours aussi maîtrisée. Pour l’instant c’est un sans faute.

 

« I The Messenger », débute de manière traditionnelle. Avec une ambiance limite arabisante. Pour finir sur une partie black metal. Intéressant. La grande force de ce titre, réside dans le duel de voix lors du refrain.

 

Arrivent à mon sens, les deux meilleurs titres de cet album. « MDD » et « Ararat ». Construites sur des structures assez similaires. Les introductions posent des ambiances limitent chamaniques. Hypnotiques et transcendantales. Sapata nous emmène dans son univers. A souligner, le travail de Felix le guitariste. Le mec maîtrise, aussi bien dans ses rythmiques que dans ses soli.

 

« Sex Magick ». Chanson mid tempo, portée par la voix envoûtante, plaintive, énervée, c’est fou le nombre d’émotions qui sont représentées. Le moins que l’on puisse dire est que le titre est parfaitement adapté car l’atmosphère charnelle qui s’en dégage ne laisse pas indifférent. Je ne dirai pas les pensées impures qui m’ont traversées l’esprit afin de ne pas choquer les plus jeunes. Mais sachez qu’on était plus que deux et que le grand cornu nous regardait… Bon. Passons.

 

« Death Depression Life », est le maillon faible de ce premier album. Il y a comme cette impression d’enfiler des riffs pour enfiler des riffs. Ce qui au final donne un patchwork pas très homogène.

 

Et pour clôturer, « Full Power », qui porte lui aussi magnifiquement bien son nom, car ce titre final c’est un titre rapide que nous pond Sapata. Ce n’est pas inintéressant, mais à mon sens, le potentiel du groupe atteint vraiment son paroxysme dans des chansons plus « ambiant ». C’est intéressant de voir un peu les différents visages que peut avoir ce « Satanibator ».

 

Alors, étais je trop, ou pas assez, défoncé lors de ma première listening session pour être totalement passé à côté de tous ces éléments de qualité ? Incontestablement.

Si vous aimez le doom qui balance, avec une chanteuse comme vous en avez rarement entendu, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Doomyan

Partager cet article
Repost0
21 février 2018 3 21 /02 /février /2018 13:13
NO GOOD ADVICE- 'From The Outer Space'

ARGONAUTA RECORDS/ 2017

 

 

Une chose est certaine, la scène Stoner – Doom italienne, peut vraiment être reconnaissante d’Argonauta Records. Le label transalpin permet aux groupes du cru d’avoir une visibilité qu’ils n’avaient pas vraiment, et qui manquait cruellement afin que bons nombres de formations talentueuses puissent sortir de l’anonymat.

 

Nous allons aujourd’hui nous intéresser aux turinois de No Good Advice. Formé fin 2012 et ayant sorti un premier ep en automne 2015, il est temps au quatuor de sortir son premier full length, From « The Outer Space ».

 

Il n’est pas aisé de catégoriser No Good Advice tant le groupe passe allègrement du Stoner Rock au Heavy Rock, en passant par le psyché,le metal, voir même, par moment, l’ambiant. Comme décrit dans la biographie du groupe, les influences vont de Black Sabbath à Kyuss, et de Motörhead à Pink Floyd. Avoir énormément d’éléments différents peut être positif comme négatif. En effet, enchaîner des riffs pour enchaîner des riffs tout le monde peut le faire par contre faire cohabiter ce petit monde de manière homogène peut s’avérer nettement moins aisé. No Good Advice y parvient-il ? La réponse est sans aucun doute un grand oui.

 

Distillant tantôt des riffs de stoner rock pur et dur ( « Space Surfers ») où la fuzz règne en maîtresse, tantôt des riffs metal ( « Tears of the universe » ), ou des solos bien heavy ( « Astronaut Superstar » ) c’est une véritable démonstration de force que délivre NGA sur les 12 pistes que comporte ce « From The Outer Space ».

 

La batterie avec sa caisse claire sèche, et ses cymbales aériennes est supportée par un bassiste talentueux qui est présent sans en faire trop. La voix se veut granuleuse ou mélodique, voir même criée. Elle est toujours en parfaite adéquation avec les instruments qui la supportent.

 

On sent une parfaite cohésion entre les musiciens qui parviennent malgré toutes les influences à composer des chansons vraiment originales ( dans un style où l’originalité n’est en général pas la qualité primordiale ), parfaitement structurées et terriblement efficaces.

 

Ce qui est assez incroyable, c’est le nombre de groupes d’univers différents qui viennent à l’esprit à l’écoute d’une seule chanson. Prenons par exemple, l’excellent « Mother of the Void ». Au long de ses 5 minutes, on pensera tantôt à Kyuss, Tool, Soundgarden, Dark Tranquillity , et encore bien d’autres.

 

Si l’éclectisme de la musique de NGA est une qualité, elle peut avoir le défaut de parfois perdre l’auditeur dans un univers qui ne lui est pas forcément familier.

 

Un premier album très intéressant qui a pu mettre au goût du jour un style qui a tendance à se morfondre depuis plusieurs années. Une très bonne découverte qui ravira les amateurs de sonorités nouvelles.

 

Doomyan

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 février 2018 3 21 /02 /février /2018 12:55
APOTELESMA-'Timewrought Kings'

SOLITUDE PRODUCTIONS/ 2017

 

 

Apotelesma est un quintet de Doom Death Metal venant d’Utrecht aux Pays-Bas. Ils se sont formés en 2012 sous le nom de Monuments. C’est fin 2014 que le premier ep, « The December Sessions » est enregistré. Les voilà de retour avec « Timewrought Kings », leur premier full lenght.

 

Avant toute chose,le premier bon point va être attribué pour la qualité du visuel de la pochette. Cette peinture de Nicola Samori nous plonge directement dans l’ambiance écorchée de l’album. Il est cependant dommageable que le nom de l’artiste ne soit pas mentionné dans le dossier promo.

 

Musicalement , Apotolesma évolue dans un doom misant énormément sur les ambiances et atmosphères. Si le tempo est globalement lent, il n’est pas rare que des éléments venant tout droit du Black Metal viennent agrémenter le tout.

 

« Timewrought Kings » est, pour un premier album, mûrement réfléchit. Incroyablement travaillé. Composé de 5 titres déchirants, troublants, bouleversants. On sent que les bataves ont une facilité déconcertant à créer des mélodies accrocheuses, profondes et attentionnées.

 

Les guitares répétitives distillent des riffs cristallins. Le chant est tantôt clair, tantôt rauque. Le tout est parfaitement dosé et ne donne jamais une impression de tourner en rond ,et ce malgré la longueur évidente des 4 morceaux principaux ( nous ne compterons par ici l’intermezzo « Timewrought », qui ne manque cependant nullement de qualité ). Les changements de tempo et les variations d’émotions ne sont pas étrangers à ce feeling.

 

Un autre point fort de cet effort reste le fait que même si Apotelesma évolue dans un style qui se veut convenu, il parvient à imposer sa propre identité. On a cette impression que le groupe ne se donne aucune limite et laisse libre cours à son imagination pour sortir hors des sentiers battus. Il suffit d’ailleurs de voir le panel de groupes qui ressortent de manière volontaire ou non comme influences. Agalloch, (old) My Dying Bride, (old) Anathema, Wolves in Throne Room, Emperor et tellement d’autres.

 

Je remarque qu’il m’est difficile d’écrire sur cet album, tant les sentiments et les émotions transmis par le quintet sont compliqué à retranscrire. Le seul conseil que je peux vous donner est de jeter une oreille sur ce petit bijou. Qui de plus est la bande son parfaite pour la période hivernale que nous sommes en train de traverser.

 

Pour conclure, je dirais que j’ai vraiment hâte d’écouter le second album d’Apotelesma afin de voir la direction que prendra le groupe, et si l’essai de ce premier effort sera confirmé. Afin de propulser Apotelesma comme tête de proue du doom à tendance mélodique. C’est vraiment tout le mal que je leur souhaite.

Doomyan

Partager cet article
Repost0