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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 16:08

                                              

                                   Az / 2006

 

Autant le dire tout net, le 1er album de Grand Corps Malade est une de mes grandes révélations de ces dernières années. Ayant toujours eu de récurrentes velléités d’écriture, c’est, par la plus grande des coïncidences, quelques semaines après avoir lancé mon blog de textes ( http://grankadmaleur.over-blog.com , hop, ça c’est fait) que j’ai découvert les textes, la musique et l’univers de Grand Corps Malade, un monde fait de sensibilité, de pertinence, de talent, de passion, d’inventivité, de confiance en soi mais aussi de persévérance et d’humilité. Figure de proue du mouvement slam en France, en compagnie d’autres artistes/amis, membres pour la plupart du collectif 129H, Fabien, de son vrai nom, transporte sur ce Midi 20 cet exercice de style avec sa verve et sa voix, avec aussi quelques transgressions des règles originelles des concours de slam: addition d’un accompagnement musical -majoritairement composé par son ami S Petit Nico- et dépassement, par moments, de la limite de trois minutes par texte. Vers la fin de l’album, vous avez d’ailleurs l’occasion d’entendre le très populaire "Ma Tête, mon Cœur et mes Couilles" présenté en version live et en format slam, c’est-à-dire a capella; cela vous donne la possibilité de vous rendre compte que le résultat est aussi probant que pour les textes/chansons qui précèdent. D’un autre côté, cela force encore plus le respect puisqu’ici l’artiste est seulement jugé sur sa voix, sa diction et, bien entendu, ses textes. Pour revenir à cet album dans sa globalité, il est nécessaire de préciser qu’en plus de la force de ses écrits, que nous évoquerons plus tard, Grand Corps Malade possède un atout considérable: sa voix, chaude, grave, puissante, charismatique, évocatrice… Très agréable donc, et déterminante dans l’arsenal artistique du natif de Saint-Denis. Tour à tour vindicatifs, apaisés, mélancoliques, détachés, son ton et son timbre font vivre ses poèmes et confèrent à sa voix un rôle d’instrument à part entière. Des instruments, on en compte d’autres sur ce Midi 20: du piano (surtout), du violon, du clavier, de la guitare, des percussions (…) Très réussie, la musique supportant les textes déclamés s’avère être, indubitablement, un ingrédient prépondérant du succès massif de cet album (500 000 exemplaires vendus à ce jour). Globalement mélancolique, notamment lors de l’utilisation du piano, le spectre musical de Midi 20 s’oriente parfois vers des sonorités plus jazzy. Ne restait plus à Fabien (et ses quelques invités ponctuels: Rouda, John Pucc’ Chocolat, Sancho…) qu’à boucler la boucle avec, en somme, l’essentiel: les textes. Des textes qui, disons-le clairement, justifient amplement la gloire actuelle de ce brillant représentant de la famille slam. Il est, en effet, parfaitement compréhensible, à la vue des écrits proposés, que le nom de Grand Corps Malade ait fait irruption sur la scène médiatique française tel un véritable pavé dans la mare. Alliant avec subtilité qualité technique d’écriture -métaphores, jeux de mots, ironie, rimes, etc-  et intérêt des histoires contées, les récits de Fabien et son fluide phrasé nous emmène dans un inoubliable voyage au départ de Saint-Denis et à destination des cieux, en passant par une mosaïque de lieux concrets ou oniriques. A travers des thèmes fédérateurs et universels comme l’ambition, l’amour, la tolérance, la volonté, la vie qui s’écoule sous nos yeux et qui réclame que l’on se bouge pour la faire vibrer un peu, qui partagent l’affiche avec des sujets plus personnels -les handicapés, Saint-Denis, le slam...-, le tout récent vainqueur de deux Victoires de la Musique –trophée qui, d’accoutumée, n’est pas toujours gage de qualité mais qui, pour le coup, porte magnifiquement son nom– a réussi à développer un réseau de salves poétiques parfois drôles, parfois tristes, parfois graves, parfois plus légères, mais, en tous cas, toujours intelligentes et judicieuses. Ce réseau, une fois construit, revêt à la fois l’allure d’un monde homogène et d’un assemblage multicolore au sein duquel chacun d’entre nous peut se reconnaître, s’identifier, trouver sa place. La générosité  et l’altruisme déployés au fil des morceaux sont tellement tangibles qu’on ne peut que se sentir à l’aise pendant cet inoubliable trajet, qui n’a finalement qu’un seul défaut: si on admet sans problème qu’il fallait à ce Midi 20 un commencement, était-ce absolument nécessaire qu’au bout de ce qui ne nous paraît qu’une poignée de minutes, cette belle aventure ait un terme?

 

 

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Published by Aura Ray - dans CHRONIQUES
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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 22:32

                                                        

                             

                              Autoproduction / 2006

Etant donné l'étendue de l'interview qui complète cette chronique, je vais tâcher d'être concis à propos de cette oeuvre qu'est Intersections. Sachez simplement que si vous êtes mélomane, vous risquez d'adorer cette odyssée versatile, éclectique et extrêmement riche, et que si, en plus, vous êtes cinéphile, Elvin Road va tout simplement vous passionner et vous impressionner. Sans me positionner de quelque côté que ce soit, si ce n'est de celui de l'objectivité, force est de constater que la musique d'Antoine est très inspirée et novatrice, ses influences ayant été finement assimilées, pour un résultat apportant réellement de nouvelles pistes, au propre comme au figuré. Des parties les plus calmes, planantes, oniriques, aux passages les plus pêchus et rentre-dedans, avec, au milieu de tout cela, des plans mid-tempo très entraînants, rien n'est laissé au hasard ni négligé, et la musique d'Elvin Road représente un superbe produit fini à l'esthétique soignée mêlant grand éclectisme musical et B.O. de films potentiellement plus divers les uns que les autres. L'accroche: "When rock and films fuck together"... Le résultat: mission accomplie! Et brillamment avec ça. Cerise sur le gâteau, les moyens mis en place ont été à la hauteur des ambitions artistiques d'Antoine, les musiciens sollicités très compétents, la production clinquante. On l'a déjà dit dans le compte-rendu de l'entrevue mais c'est sympa de le rappeler: vous serez heureux d'apprendre -cela va même faire frémir les plus métalliques d'entre vous- que les parties les plus saturées ont été réalisées avec l'aide d'un ami légendaire nommé Mesa Boogie. Attendez-vous à du lourd, donc. Mis à part cet aspect, intéressant mais réducteur, d'Intersections, sachez également qu'il n'y a pas de paroles et de toutes façons très peu de chant (mais c'est très réussi quand on en entend!) L'auditeur est placé au centre de l'expérience et c'est à lui de se construire son propre univers par rapport à ce qu'il entend, c'est-à-dire une succession envoûtante de plages au cours desquelles guitares et claviers prennent le pouvoir à tour de rôle pour exprimer divers sentiments, très énergiquement ou de façon plus posée voire mélancolique; on imagine tout à fait l'évolution d'un film avec du suspens, des drames, un dénouement... 

Voilà! Il ne vous reste plus qu'à foncer emprunter la route d'Elvin, sans oublier de lire le compte-rendu de la rencontre avec Antoine...
Procurez-vous -en cd ou numériquement- cet album, vous ne le regretterez pas!

www.myspace.com/elvinroad

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Published by Sacha Disto - dans CHRONIQUES
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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 22:10


                                                                    

                                                    2006/Roadkill

Eh bien, "Zero"...


"Zero" serait à peu près le nombre de mauvaises choses que je dirai à propos de ce cd! Le seul point négatif pour moi serait que le plaisir n'a pas assez duré! Arf, ce n'est qu'un EP. Zero, qui nous vient d'Angleterre, nous propose ici une intro suivie de 4 morceaux pour un peu plus de 17 minutes, qui ont nettement suffi à réveiller mon esprit rock'n'roll le plus pur, endormi depuis bien longtemps!

Ce Darker Days, quelle claque! Tout au long de cet enregistrement datant de 2006, ils ont réussi à me convaincre qu'ils sont maîtres dans leur style! Ils nous proposent un power métal à la Pantera agrémenté d'un groove assez stoner auxquels viennent s'ajouter des éléments thrash/hardcore (notamment quelques passages à la Testament).

Tous les moyens utilisés ici parviennent à apporter un côté burné à leur musique, plus précisément dans un morceau comme "Nightmare" (mon préféré) où, par moments, ils me rappellent un groupe comme Accusser! Le batteur frappe comme un beau diable, les riffs de guitare nous entraînent  vers les plus maléfiques Enfers et la voix, proche de celle de Phil Anselmo, capte efficacement notre attention et nous aide à faire ressortir notre côté le plus sombre!

Un autre morceau-clé est celui qui vient mettre fin à ce plaisir malheureusement trop succinct : "Race for Pride(Pride for Race)"? Celui-là, j'espère sincèrement l'entendre/le voir un jour sur scène! C'est un peu le genre de morceau qu'il fait bon écouter le matin sous la douche ou alors en rentrant chez soi après une putain de journée de travail acharné!

Sur ce morceau, on imagine aisément un bon gros pogo général à l'origine d'un joyeux bordel! Donc, si vous voulez de la musique bien couillue, un bon gros truc rock'n roll qui vous épuisera les cervicales, eh bien vous devriez aller vous chercher quelques bonnes bières ou une bonne bouteille de whisky, mettre ce cd dans votre lecteur et pousser le son à fond! Tant pis pour les voisins!

Pour conclure, je dirais que Zero serait la note que je mettrai sans appel à celui que je surprends à ne pas headbanguer à l'écoute de ce cd !

www.myspace.com/whiskymetalandsex  

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Published by Hugh Grunt - dans CHRONIQUES
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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 22:05

                                      

                                             2003/Vomitcore Music

5 morceaux/8:50
1.Highnoon 2.Hookworm 3.Butcher 4.Stillborn 5.Raining Glass
www.watchmeburn.com

Amis lecteurs, vous voulez votre bonne grosse dose de brutalité? Faites donc la queue et servez vous à volonté en Watch Me Burn, dont j’ai reçu la galette suite au contact effectué par le biais de Myspace {Merci Myspace}, et qui se déchaîne sur celle-ci pendant 5 titres pour un peu moins de 9 minutes… Inutile donc de s’attendre à un groupe de progressif!Bien au contraire! Tout au long de ce mini cd, le groupe nous montre son potentiel bien efficace dans un registre assez étendu quelque part entre le sludge, le grindcore et le crust… Sévèrement burné! [Note de Sacha: et pourtant!!]  Un parfait mix de lourdeur et de violence aussi hystérique qu’enragée! L’originalité du groupe se situe surtout dans les  vocaux très haut perchés assurés par une demoiselle… eh bien, contrairement à ceux de Nightwish ou autres choses tout aussi mielleuses, la demoiselle s'en donne à coeur joie et nous en met plein la face par son chant haineux et torturé, quelque part entre Today is The Day et Bongzilla! Par ailleurs, on note de bonnes mélodies, qui peuvent parfois paraître basiques mais qui s’avèrent tout de même bien efficaces! L’auditeur en a pour son compte!
Mention spéciale aux morceaux "Hookworm" et  "Butcher", véritables hymnes pour les plus pogoteurs d’entre vous! On retiendra aussi le morceau "Stillborn" et son côté légèrement épique et mid tempo ajouté à ce côté hypnotique/"sludgy", entre mélodies accrocheuses et rouleau compresseur droit dans la tête!

Mini cd ultra efficace donc, à la fois porteur d'un "pachydermisme" ultra-lourd et d’une explosive énergie... Qui pourrait convenir à merveille aux fans de Today is the Day, His Hero is Gone, etc… Après écoute de ce cd éponyme, on a qu’un seul désir: Voir Watch me Burn en concert car ils doivent mettre le feu sur scène !!!

www.watchmeburn.com

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Published by Hugh Grunt - dans CHRONIQUES
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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 22:01

Musea Records / 2006

Dans la famille "Barréfromfrance", je demande ceux qui ajoutent un petit côté "Orchestre du Splendid" à leur métal déjà bien déjanté qui n'avait pas besoin de ça, croyez-moi. Au risque de me répèter, je vous demanderai également de me croire si je vous dis d'entrée de jeu -oui, on jouera à Alfred Hitchcock (quelqu'un qui soit dit en passant a bien fait de ne pas naître français au vu de son tendancieux patronyme) plus tard- qu'une fois de plus, le tout sonne incroyablement bien, puissant, varié, original, bref, la totale, ils ont même eu le bon goût de ne pas oublier les cacahuètes pour faire passer l'ensemble comme une lettre à (René) Lacoste. Et ils ont un nom, ces fantaisistes? Sebkha-Chott, il paraît. Nous voilà bien avancés... N'empêche, avec ce mélange de... euh, beaucoup de choses en fait, ce disque nous envoie au tapis avec son extraordinaire éclectisme et la façon peu commune dont cet éclectisme parvient à se matérialiser concrètement en une musique évidemment riche, ultra-diversifiée, une mosaïque d'influences parfaitement digérées qui permet à l'auditeur d'aller de surprise en surprise et d'en vouloir toujours plus, tout en se demandant ce que ce groupe peut bien encore lui réserver -cette fois éventuellement, nous pouvons nous permettre d'évoquer notre ami Alfred (et son sexe qui le démange) pour ce qui est du suspense. Dans la horde -bienvenue!- de groupes novateurs qu'il nous est donné d'entendre ces derniers temps, la particularité majeure qui peut être dégagée s'avère être, outre le découpage en 48 plages -ha ha ha désolé pour cette auto-esclaffade mais je viens de me rendre compte que chacune commence par un nom de plage, ce qui nous donne quand même un morceau 36 dont le nom commence par "Berck/Plage"!!!- pour un total d'un peu moins de 70 minutes, la prédominance du chant en français, avec un grand nombre de parties de chant lyriques, assez captivantes car majestueusement effectuées et s'inscrivant dans un véritable schéma narratif dont la logique, pas forcément évidente aux premiers abords, se dessine naturellement au fur et à mesure que la folie musicale de Sebkha-Chott nous emporte. Nous voilà donc face à face avec un drôle de disque, au sein duquel cette véritable fanfare mélange avec bonheur métal (du bien plombé à l'extrême arrache-tête), musique espagnole, variété française (enfin... pas n'importe laquelle!), reggae, salsa, jazz, disco et autres (je ne vais pas tout vous dire, non madame je ne fais pas partie de cette famille qui raconte la fin du Sixième Sens ou qui vous donne le score du match que vous avez enregistré, je laisse de la place pour l'imagination et la découverte, moâ), pour le bonheur de l'auditeur si celui-ci aime être bousculé, chahuté, que dis-je, brinquebalé d'un point à un autre sans ménagement. "Le chemin le plus court entre deux points est la ligne droite?" Pfff... Rangez-moi ça au placard, ce genre de formule n'a pas sa place dans le monde d'entertainers tels que les Sebkha-Chott!! Premièrement, pour joindre un point A et un point B, eux préfèrent passer par tous les autres points de l'alphabet (plus les signes de ponctuation, tiens ça vous fera les pieds!) Deuxièmement, cette troupe de l'au-delà (des frontières musicales) ne cherche pas à faire court de toute façon, elle semble tellement s'éclater à nous divertir et à partir dans ses délires musicaux qu'elle pourrait, a-t-on l'impression, jouer inlassablement pendant des heures et des heures. Seulement, ce doit être épuisant, physiquement mais aussi (surtout?) nerveusement! Très théâtrale, l'entité qui nous propose cette bonne heure de détente (?) se compose de huit membres et ne demande assurément qu'à être vue en live pour se rendre compte de l'ampleur du mal qui les frappe et de la maestria de leur démarche. Que reste-t-il à ces pourvoyeurs de "Mekanik Metal Disco" à obtenir pour arriver au stade de leurs glorieux aînés Zappa, Magma, Mr Bungle, Fantômas ou Fishbone? A part la gloire, justement, difficile de dire. Toujours est-il que le jour du Jugement Dernier, si vous voulez partir sur une bande-son appropriée mais pas forcément glauque, ne vous y trompez pas, inutile de chercher plus loin: on la tient bel et bien, notre véritable Salsa du Démon!

www.sebkhachott.net

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Published by Sacha Disto - dans CHRONIQUES
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2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 16:51

autoproduction / 2006

Voilà donc la première production de nos amis audomarois de Nohnayme, une bande de djeunns fort sympathiques basée à Blendecques et avec laquelle j'ai eu le plaisir de partager deux affiches lorsque je jouais avec Netfastcore. Quid donc de la version studio de leur musique? En live, le groupe est impressionnant par l'énergie déployée par chacun de ses musiciens, les deux chanteurs assurant parfaitement la communication avec le public, affichant une forte proximité avec celui-ci. Leur "néo-core" recueille beaucoup de suffrages et provoque pas mal de remous dans le pit.  Qu'est ce que cela donne sur ce Silence Hurlant? Tout d'abord, pour terminer le parallèle avec le live, on note une similarité au niveau du son, à savoir de la puissance  mais aussi un côté brouillon largement compréhensible et excusable pour une jeune formation de 7(!) membres -et donc autant d'instruments à mixer-, au budget forcément pas illimité et qui, en fait, propose avec ce 9 titres d'une petite demi-heure un instantané de sa musique telle qu'elle est en ce moment, en attendant une échéance plus importante, c'est-à-dire l'enregistrement d'un album pour l'été 2007. Une fois cet aspect assimilé, on peut se lancer dans cet EP et se prendre les salves de Gils et Moon, riffeurs en chef, qui ne se privent pas pour nous distiller des parties très intéressantes et variées. Le style du groupe se dévoile au fur et à mesure que les pistes s'égrènent, on découvre ainsi un hardcore/métal rentre-dedans, dans lequel on reconnait certaines influences mais qui au final se montre désireux d'affirmer sa propre personnalité, avec un chant en français s'il vous plaît, une initiative délicate qui force le respect et qui prouve, si besoin était, la volonté de Nohnayme de se démarquer de la meute et d'évoluer dans sa sphère personnelle. Les deux hurleurs, à la voix bien écorchée (Tomtom) ou gutturale à la façon d'Arno de Black Bomb A (Ludg), se complètent avec efficacité pour apporter rage et dynamisme à l'ensemble. Les deux compères savent également calmer le jeu et passer en mode voix claire lors de passages plus tranquilles, ce qui permet de s'attarder sur les paroles et de découvrir les textes engagés ou introspectifs du septette, ayant pour thèmes la défense des animaux, les rapports entre ados et parents ou encore les enfants victimes de pédophiles (les paroles n'étant pas encore dispo sur le site du groupe ni dans le livret, nous en saurons plus avec l'interview du groupe). Sur ce plan, dans la catégorie "J't'arconnos t'es d'min coin!", les passages en français nous rappellent parfois leurs aînés audomarois d'Obscuration, qui avaient notamment enregistré un titre avec Stéphane Buriez en guest. Exercice périlleux, le chant clair en français est effectué avec soin et sans fausse note; espérons que le groupe poursuive ses efforts dans cette voie pour donner encore plus d'intérêt à l'exercice en question et pour faire passer ces parties vocales du statut d'intéressantes et prometteuses à celui de remarquables. Globalement, le "néo-core" de Nohnayme, mélange de néo métal (sans les rythmiques sautillantes bardées de "Jump! Jump!") pour certaines parties de chant et certaines rythmiques plus mid-tempo, de hardcore pour les parties plus agressives et de métal à vocation originale (d'ailleurs on reconnaît l'ombre de nos boulonnais de Tronckh, avec qui Nohnayme a également joué, lors du morceau d'ouverture), remplit sa mission en proposant 9 titres riches, puissants et variés qui prennent tout de suite l'auditeur à la gorge et ne le relâchent que 27 minutes plus tard. Le produit final est de fort belle facture, les compositions sont inspirées et bien exécutées, à 100 à l'heure ou parfois de manière plus saccadée, ce qui profite à cet EP en l'empêchant d'afficher des titres trop ressemblants. Indéniablement, on sent que le groupe a encore une grosse marge de progression, avec un effectif si fourni, donc une capacité de composition très ouverte et très large. La composition, comme nous l'avons souligné au début de cette chronique, c'est ce à quoi les Nohnayme s'emploient tranquillement en ce moment, ils vont donc, à n'en pas douter nous pondre quelques bombes d'ici à l'été 2007. Avec une grosse production mettant en avant les nombreuses qualités du combo (ouuuuuuuh quel vocabulaaaaaaire!!), nul doute que Nohnayme parviendra vite à se faire repérer et à se faire... un nom!

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Published by Sacha Disto - dans CHRONIQUES
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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 14:15

Autoproduction / 2006

Y-aurait-il eu récemment, 25 ans après (c'est un signe!) l'atterrissage de la soucoupe de notre ami La Denrée sur le champ de notre non moins ami Le Glaude, une nouvelle attaque extra-terrestre sur nos contrées, une armada de petits bonshommes de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel bien décidées à en découdre avec nous, certainement pour venger leur idole récemment décédée? Nous sommes, j'en ai bien peur, en droit de nous poser la question. Oui, mes amis, l'heure est grave. Après le monstre Costa Gravos et en attendant les effrayants Wormfood, voilà une belle bande de jeunes gens extravertis (mais pas "ex-travestis", puisqu'ils se travestissent toujours!) qui n'ont rien d'autre à faire, dirait-on, que de venir nous mettre une claque chez nous, alors que nous ne demandions rien à personne, tranquillement installés dans notre canapé à siroter un whisky on the rock'n roll baby... Pour corser l'affaire, il faut reconnaître que la puissance de feu a évolué en un quart de siècle: terminée la bonne vieille soupe aux choux, qui pourtant a fait ses preuves hein ma ptite dame, même pas de soupe au vermicelle ou au potiron! En lieu et place de ces délicieux breuvages, voilà l'envahisseur équipé de batterie électronique, violoncelle, tuba, percussions, sampleur, guitares, basse et micros. Tous aux abris! Bon, c'est vrai que La Denrée avait une démarche étrange, je reconnais aussi que son langage n'était pas très élaboré au début, et qu'il avait une manière singulière de ponctuer ses phrases par des hochements de tête compulsifs. Mais tout de même! Il avait un minimum de savoir-vivre! Vous mélangeriez du Gojira avec des violons, vous? Bon admettons... Mais vous ajouteriez le résultat obtenu à du System of a Down?? Oui?? Attendez... Allez, je dis n'importe quoi, disons, si on plaçait un solo à la wah wah à la fin? Oui, ça vous plairait?!? Vous trouveriez ça "original"?!? Ah oui mais alors, dans ce cas-là, c'est la porte ouverte! Moi aussi je peux le faire: pourquoi pas, pendant qu'on y est, de la musique de cirque, de la techno, une intro théâtrale au tuba, un porte-voix, un morceau instrumental genre "Summoning se met au death", une intro de batterie à la "Corporeal Jigsore Quandary" de Carcass, des cris déments, des passages funky, une autre intro digne des Shadoks en hommage au dieu défunt Claude Piéplu? Voilà, moi aussi je peux dire n'importe quoi! Pardon? Cirkle contient tout ça?!? Et d'autres choses encore?!? Et en concert, vous allez me dire qu'ils s'habillent comment? En lapin peut-être? Aussi?!? Bon j'abandonne... Je dois me rendre à la raison ou plutôt à la folie, ce nouvel escadron d'aliens emporte tout sur son passage avec ce 5 titres (+intro), réveille nos ardeurs les plus féroces avec un death flamboyant et rageur pour mieux nous transporter ensuite dans des lieux bizarres peuplés de riffs saugrenus. Je crois que nous sommes réellement perdus, moi-même je viens de m'enfiler cet assemblage iconoclaste 10 fois de suite afin de rédiger ce message de détresse, et voyez à quoi j'en suis réduit, j'ai totalement perdu le contrôle, j'ai même du mal à écrire vu qu'à chaque fois que ça repart à fond de balle mes bras se tendent, mes mains forment le signe de ralliement de ces habitants de la planète Métallor, tandis que ma tête se met à tourner à toute allure dans le sens inverse des aiguilles d'une montre sans que je ne puisse rien y faire. J'aurais dû me méfier vu le nom arboré sur leur navette, "La Fin de la Société Telle que Nous la Connaissons"! Apparemment, eux prônent la non-violence et dénoncent l'absurdité de notre civilisation actuelle; finalement, elle n'est peut-être pas si mal, cette nouvelle société... De toute façon, pour moi c'est trop tard, ils se sont déjà emparé de mon âme, et le pire c'est que j'adore ça! J'aurais dû le dire à leur chef dès que je l'ai vu, cet ostrogoth: "Mais pourquoi tu es venu ici, chez moi, et pas ailleurs?!?"

 http://lafindelasoc.free.fr

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Published by Sacha Disto - dans CHRONIQUES
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10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 19:44

Interlude Music / 2006

On ne peut pas dire qu'on a pas été prévenu... L'an dernier, au Poulpaphone organisé à Wimereux, les déjantés de Costa Gravos avaient d'entrée de jeu cloué le bec à une assistance encore éparse en ouverture du festival. Nos lillois avaient fait étalage de leur éclectisme (le mot est faible) et de leur maîtrise, impressionnante au vu du répertoire ultra-varié qu'ils devaient exécuter. Et maintenant on se prend le skeud en pleine tête... Croiriez-vous qu'ils se sont arrangés? Pffffff... Bon, c'est vrai que les influences ne sont pas là pour arranger les choses: Naked City, un groupe qui peut vous placer les expressions "bossa nova" et "death metal" dans la même phrase sans cligner de l'oeil, et Mister Bungle, le projet hyper barré de Mike Patton (ah bon, parce qu'il fait des trucs "classiques" parfois?!?) Ca promettait... Et ça n'a pas manqué!! Pour résumer, si vous comptiez investir un jour dans l'achat d'un juke-box, gardez votre argent et contentez-vous de vous procurer ce bijou. Même quand on est prévenu, ça dépasse l'imagination. Outre le nombre incroyable de styles représentés (qu'est-ce qu'ils disent sur leur site... "Salsa, musique brésilienne, thrash, hard-bop, techno, jazz, drum'n'bass, ragga, reggae, grindcore, musette, disco, dub, valse, neo-metal", auxquels il faut ajouter les innombrables clins d'oeil et délires en tous genres), c'est la mise en place impeccable et l'intérêt très élevé du tout qui forcent le respect. Rarement un groupe a pu par le passé allier si bien richesse des influences et efficacité musicale. Les chansons, car elles méritent réellement cette appellation, s'enchaînent les unes après les autres de façon très fluide, sans que l'on trouve le tout indigeste. Pire, on en redemande... Vous en connaissez beaucoup, vous, des groupes qui, après vous avoir asséné quelques salves métalliques bien appuyées et agressives, vous claquent de but en blanc un pur morceau reggae, lui-même jalonné de parties électro, disco, grindcore,  lyriques, pour repartir de plus belle, comme si de rien n'était, sur un reggae suave et entraînant, avant de se décliner finalement sur plusieurs minutes et quelques notes lancinantes. Bob Marley+Aphex Twin+Cult of Luna+Napalm Death+............... (inscrivez le groupe de votre choix, il est sûrement dedans) = "Under the Sun", hallucination progressive de 9'38" en guise de firmament pour un album mémorable. Et le chanteur dans tout ça? Il va bien. Enfin, on aimerait pouvoir dire ça, mais... Est-ce que quelqu'un sera assez courageux pour aller vérifier? Toujours est-il que, malgré une schizophrénie avancée qui ne doit pas être facile à vivre au jour le jour ("Chérie, mon amour, passe-moi le SEEEEEEEEEEEEEL S'ILTEPLAAAAAAAIIIIII AAAAARGGHHHH merci tu es le soleil de mon existence..."), il assure son rôle avec un brio conférant à sa formation une crédibilité et un côté hors-norme de premier choix. Enchaîner gueulantes hardcore, chant lyrique et mélodies reggae (entre autres) avec une telle facilité est déconcertant. Mais jouissif pour l'auditeur. On se croirait parfois "bazardé" au beau milieu d'un jeu vidéo tout zarbi dans lequel on alternerait bataille de polochons, karaoké avec un collier à fleurs et corps-à-corps enflammés avec des dragons déchaînés. Merde, j'ai l'impression que j'ai été contaminé moi aussi. Garçon, une camisole s'il vous PLAAAAAAAAAAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIT!!!!!!!!!!

www.costagravos.com

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Published by Sacha Disto - dans CHRONIQUES
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19 septembre 2006 2 19 /09 /septembre /2006 17:34

La Grèce nous envoie ce groupe très prometteur qu'est Crave For Light, nous gratifiant ici d'une seconde démo après leur premier méfait Nostoi Vlekle Dem Noi Puschta déjà fort convaincant, bien que trop court à mon goût (2 titres). Ici, nous constaterons avec ce 6 titres une évolution du groupe; le chant guttural n'est plus utilisé, rendant les compositions de Crave For Light nettement plus "gothiques" (au sens large du terme), mais les claviers sont toujours aussi présents. Crave For Light maîtrise parfaitement son art froid et mélancolique à la manière d'un Paradise Lost (récent), Katatonia ou encore Tiamat, dont on retrouvera une reprise d'ailleurs!!
Des morceaux très bien construits donc!
En somme, une démo très agréable pour tout fan du style! Vivement l'album!

 www.craveforlight.cjb.net

 

 

 

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Published by Hugh Grunt - dans CHRONIQUES
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4 juillet 2006 2 04 /07 /juillet /2006 20:38

Burning Heart / 2004

     Vous cherchez de la diversité? Ne cherchez plus. Le respectable label suédois Burning Heart a eu l'excellente idée de sortir à la fin 2004 une compilation réunissant des morceaux de la plupart de ses artistes, avec quand même des noms tels que the (International) Noise Conspiracy, Turbonegro, Nasum, Raised Fist, Give up the Ghost, The Hives ou encore Millencollin ("Ah oui varié donc!"). En pas moins de 38 titres (!) répartis sur 2 CDs, vous avez largement le temps de vous éclater selon des tempos somme toute assez variables. Et il n'y a pas que les tempos qui sont diversifiés sur cette compil: du gros hardcore qui tâche de Nine et Raised Fist au hip-hop entraînant de Promoe et Looptroop, en passant par le rock groovy de Turbonegro et the Peepshows et les brulôts des cultissimes Refused, The Hives ou T(I)NC, il y en a pour tous les goûts et toutes les humeurs. D'ailleurs, si cela ne vous suffit pas, la seconde salve saura, sans nul doute, vous faire entendre raison, à coup de Give up the Ghost, Nasum, Between Us ou Voice of a Generation. Vous aurez même le droit de trinquer un coup sur le dernier morceau en chantant (fort!) "No one likes us" avec nos amis hooligans de The Business. Voilà, c'est tout... Pour le 1er CD!! Si vous êtes sorti sain et sauf de l'écoute des 24 morceaux du CD1, Burning Heart se charge d'enfoncer le clou et pas avec n'importe quoi, voyez plutôt: des reprises de Minor Threat (Division of Laura Lee), d'Iggy Pop (Turbonegro), de Refused (Nasum!), de SOD (Nine), de The Pioneers (Club Killers) et d'Asta Kask (Millencollin, avec une petite visite du défunt Mieszko de Nasum... Attention ça arrache!!); des featurings à n'en plus finir (contribution de membres de At the Gates, Entombed, Breach, NOFX, Soundtrack of our Lives, The Haunted...); un remix ("Armed Love" de T(I)NC par Blacksmoke) et deux "simples" inédits (eh oui, on devient difficile!): The Lost Patrol Band et Moneybrother/Looptroop. Ouf! C'est (vraiment) fini! Si vous ne savez pas par quel bout commencer, je vous donne un truc: de la même manière que je vous conseillerais d'aller voir du côté de Temple Bar pour une 1ère visite de Dublin, vous pouvez, pour donner le ton, ouvrir le bal avec la reprise de SOD par Nine (+ Entombed / The Haunted). Désolé, je ne suis jamais allé à Stockholm ni à Goteborg...

     38 titres, rien à jeter et, ah oui au fait, le tout pour moins de 9€: y'a vraiment de quoi se la faire, cette Heart Attack!!

www.burningheart.com 

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Published by Sacha Disto - dans CHRONIQUES
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