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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 23:51


1994 / Phonogram

 

A l’instar de Victims de Kataklysm ou de Swansong de Carcass, Sick, malgré ses immenses qualités intrinsèques, fut souvent boudé et perçu comme le vilain petit canard de la discographie de Massacra, dont les sorties avaient auparavant été plus brutales. Quand on y regarde de près, cet album peut vraiment prétendre au titre de Swansong français, tant le feeling y est présent. On y entend un groupe qui, comme son illustre homologue anglais, a abandonné ses velléités les plus agressives au profit d’un certain groove, tout en conservant (c’est pas les Red Hot non plus) un chant extrême. Si on veut poursuivre bien au fond de l’analogie (aïe… Pas trop quand même), les deux groupes ont produit un 2e album de ce qu’on appelle depuis le « death’n roll » (le mythique Heartwork pour Caracas, antérieur à Swansong, et Humanize Human pour Mascara, qui viendra compléter leur discographie de manière définitive).

A quoi ressemble ce death’n roll me demanderez-vous? Il s’agit en fait d’une version nitroglycérinée de ce bon vieux truc qu’on appelle rock’n roll, grosses guitares à l’appui, rythmiques syncopées typiques du thrash mélangées à de bonnes vieilles lignes mélodiques entêtantes, chant agressif mais collant parfaitement à l’ensemble, n’entachant en rien le feeling débordant de la musique. Dès le « Twisted Mind » d’ouverture (humm ça sent bon le « Keep on rotting » ça quand même, grosse inspiration sur le riff principal et solo à se décrocher les cervicales), on est embarqué dans cette ambiance irrépressiblement entraînante. Impression confirmée sur le second et surtout le troisième morceau, « Ordinary People », et son cultissime refrain avec l’effet sur la voix. La suite ne déçoit pas et achève de nous transporter vers cette univers si particulier (le cul entre deux chaises peut-être pour certains, ce qui explique les réactions négatives fréquentes, à moins que ce ne soit le manque d’hémoglobine) qui nous fait voyager dans le meilleur des deux mondes, rock et death. Si c’est ça qu’on appelle le purgatoire, alors je veux bien acheter mon ticket, en aller simple. Etrangement, pour conclure le parallèle avec Carcass, les deux entités ont connu une fin prématurée après avoir amorcé ces virages rock. Pas la bonne époque ? Pas dans le créneau ? Difficile de dire ; généralement, le chant du cygne d’un groupe est émis à la suite de plusieurs événements, parfois dramatiques (nos deux combos n’ont d’ailleurs pas été épargnés par la fatalité, avant ou après leur séparation). Quoi qu’il en soit, et c’est bien là l’essentiel, Sick est une perle qui n’a pas pris une ride et pourrait en faire voir, grooviment parlant, à un paquet de groupes actuels. Un skeud intemporel, et comme on dit par chez eux (ce n’est pas nous qui allons les contredire) : madness remains !


http://www.metal-archives.com/band.php?id=1537 
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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 21:30

1995/Adipocere

Tu veux du culte, je crois que je t’ai trouvé ce qu’il te fallait… Ce 4 titres (pour une trentaine de minutes de zik !) se pose là comme l’une des pierres blanches du métal français, de l’époque, mais aussi… De toute son histoire !

Qui a dit « C’est la même chose ! » ??

Non, le métal hexagonal ne se limite pas aux années 90 (Gojira ou The A.R.R.S., ça dit quelque chose à quelqu’un ?) mais force est de constater que bon nombre d’ovnis franchouillards sont nés en cette auguste période (Cross the Threshold de Loudblast, Anomaly de S.U.P., Hell on Earth de Carcariass, Sick de Massacra…) Toujours est-il que ce Skies de Kalisia vient nous pétrifier les oreilles de ses envolées guitaristiques, de ses structures aériennes, épiques, inspirées d’un death alambiqué et technique comme savaient nous pondre un Atheist ou un Cynic. Tout au long de cette superbe demi-heure, le groupe nous démontre tout son savoir-faire, sa connaissance du sujet ainsi que sa maturité : ayant réussi à ingurgiter puis à savamment digérer l’œuvre d’éminents représentants de diverses sphères du métal, il nous propose alors sa vision de ce que peut (doit ?) être le métal extrême à l’époque... « Peut » parce que ses membres savent que les moments éthérés et progressifs ne pourront plaire à l’ensemble de la frange métallique d’alors, « doit » parce que la technicité du combo relègue au second plan 99 % de ses homologues. Ces 4 titres ne sont pas toujours agressifs, pas sans cesse joués à fond de cale ni sans arrêt braillés de manière à terroriser le quidam, mais leur cohérence suscite l’admiration de même que leur beauté mérite d’attirer l’attention, si ce n’est l’adhésion de tous, impitoyables méchants ou âmes métalliques plus portés vers l’éclectisme. Les riffs sont innombrables, impressionnants, destinés à asseoir la légitimité du groupe et à définir son style, en se mettant au service d’un collectif réuni pour proposer de l’innovant, du brut de décoffrage (death, thrash) mêlé à de la fine dentelle cousue main (chants féminins, longues plages instrumentales). Résonnent encore dans ma tête, plus d’une douzaine d’années plus tard, les magnifiques sept minutes de « Lost Soul » avec leur lot de rebondissements, de changements de tempo, d’attaques estampillées métal de la mort ou de ravissements oniriques. Du grand art.

Avis aux vrais amateurs, qu’ils n’hésitent pas à revisiter à leur manière un Retour vers le Futur pour ce skeud pas piqué des hannetons, ils risquent d’être très surpris… Et pour ceux qui ne jurent que par l’actualité, le groupe a apparemment repris du service, après un très long silence radio (mais des apparitions de ses membres dans des groupes tels que les excellents Fairlight, Hegemon ou Malmonde), pour vous proposer un travail de toute évidence extrêmement abouti, nommé Cybion. A vous de jouer ! 

www.kalisia.com

www.myspace.com/kalisia 

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 13:24

thearrs-douleur.jpg

2005/Pias

(Attendez, je vais chercher mon dictionnaire des synonymes métalliques… Voiiiilààà…)
Que dire ici ? Pain dans la gueule ? Pavé dans la mare ? Astéroïde qui décape tes hémorroïdes ? Préparez-vous, ...Et la Douleur est la même représente l’annihilation plus qu’organisée de vos oreilles, de vos tympans et de votre cerveau, à l’ancienne, sans procès. La recette -un bon vieux hardcore aux forts accents métalliques-  pourrait paraître éprouvée mais elle est ici, au contraire, sublimée. Attention, dans cet album, les plages proposées n’ont rien de paradisiaques! Vérification faite (a-t-on le cœur suffisamment accroché?), on est prêt, dans un mélange de fébrilité impatiente et d’inquiétude jouissive, à se prendre un par un les assauts de l’escadron. Avis aux sado-masochistes de tous poils, si votre ambition est de prendre dans la gueule (pour ce qui est de rendre, ce sera en live, pas avant… Mais je vous le conseille!), vous êtes servis. Inutile de chercher une tonne de qualificatifs, de « bulldozer » à « panzer » en passant par « serial killer » ou « dévastateur », tous seront superficiels, voire euphémistiques (au mieux, complémentaires) pour  définir la musique de ce drôle de groupe, une bande de furieux déboulant comme un cortège de messies dressed in black pour vous sortir de la torpeur et vous enfourner de gré ou de force, en l’espace d’un « pauvre » album d’une trentaine de minutes, dans un enfer remuant à tout va. Franchement, aucun moyen de se poser ici, ne serait-ce qu’une seconde, puisque même les accalmies sont écrasantes de lourdeur. Dans un monde de sourires feints, d’hypocrisie bienséante et de conformisme pratique, on dirait bien que The A.R.R.S. débarque pour nous libérer, que le mot « rentre-dedans » a été inventé pour eux. Alors je sais qu’emporté par mon enthousiasme, je me suis laissé dévoré par la « Passion »… Et je n’ai pas encore décrit grand-chose de la musique des parisiens! Alors sachez juste ceci: ce premier album est la quintessence de la violence, de la hargne que vous réclame votre subconscient depuis des lustres. Il est, riff après riff, l’assemblage du pire cauchemar de ceux qui aimeraient croire qu’écouter ce qui se fait en ce moment et le copier sans vergogne représente la meilleure méthode à suivre. Ce 10 titres est une dream team du hardcore « in your face » et du métal-obus unis pour le meilleur et pour le pire (comprenez pour le malheur des mécréants cités précédemment). Pour le meilleur donc. Si vous cherchez un skeud marteau-pilon, amalgame de ce que vous préférez dans la musique extrême mais qui n’apparaît pas comme du déjà entendu, épargnez-vous de futiles heures de recherche sur internet ou chez vos disquaires. Commencez par ça. Pour le reste, vous avez la vie devant vous…

www.myspace.com/thearrs 

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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 15:33

Geffen / 1996

Eloignons-nous un instant des confins des ténèbres, des hurlements, des rafales de double pédale et des guitares accordées six pieds sous terre... En 1994, Weezer assoit tout son monde avec un magnifique 1er album, au nom ("Weezer") et à la cover (les membres du groupe sur fond bleu) plus que sobres. La cause: un irrésistible rock aux accents pop, de sublimes mélodies et des refrains imparables, casés pour toujours dans un coin de notre tête; la conséquence: plusieurs millions d'albums vendus (ce qui ne représente pas forcément un gage de qualité mais qui, pour le coup, s'avère parfaitement justifié) et un statut de référence du genre. Un statut qui sera considérablement mis à mal avec l'album suivant, Pinkerton, largement moins calibré, plus mystérieux, à l'ambiance beaucoup plus sombre et impénétrable. Ces deux oeuvres, assez radicalement différentes, mériteraient tout autant un petit passage en revue au titre d'albums cultes, mais une seule rentre dans le cadre de cette catégorie au niveau des deux acceptions généralement sous-entendues: 1- Album référence; 2- Echec commercial (plus ou moins relatif). En effet, l'album bleu de Weezer n'a besoin de personne pour le défendre, pas plus que le Mezmerize de System of a Down ou le Master of Puppets de Metallica. Pinkerton, bien au contraire, est loin d'avoir rencontré un aussi large succès que ces illustres disques, et mérite que l'on prenne du temps pour (re)dorer quelque peu son blason. La qualité peut se présenter sous de multiples aspects et il est clair que dans Pinkerton, elle apparaît de façon plus subtile que dans son prédécesseur. Dans les deux cas la touche "repeat" est sollicitée: pour se repasser la (ou les) chanson(s) que l'on préfère, avec juste l'embarras du choix (album bleu), ou pour laisser plusieurs chances aux morceaux avant de laisser le malheureux album incompris sombrer dans l'oubli (Pinkerton). A la fois plus intimiste et plus rageur que le 1er album, ce second LP bouscule l'auditeur à travers ses oscillations entre contines faussement naives et brulôts power pop énervés, en passant par des parties tout à fait décalées mais loin d'être hors de propos. Chaque plage trouve parfaitement sa place et apporte sa pierre à l'édifice, ce dernier s'avérant particulièrement riche, varié et finalement très entraînant. D'ailleurs, n'en faisons pas trop non plus avec le côté peu accessible de ce disque car c'est surtout en le comparant avec son prédecesseur que l'on constate que Pinkerton est globalement moins direct et moins estampillable "tout public". Ainsi, des morceaux comme "No other one", "Why bother" ou "The good life" trouveraient largement leur place sur les ondes, bénéficiant de refrains imparables et d'airs facilement mémorisables. En fait, c'est quasiment l'intégralité de ce 2e skeud qui peut être chanté sous la douche et vous rester scotché dans la tête toute la journée (et là, bonjour pour s'en dépêtrer!), entre un "El scorcho", bluette mid-tempo faussement parodique mais vraiment décalée, un "Pink triangle" lancinant très efficace mais aux paroles peut-être pas assez conventionnelles ("I'm dumb she's a lesbian, I thought I had found the one") ou la ballade offerte en outro, "Butterfly", petite conclusion acoustique clôturant à merveille ce Pinkerton décidément bien addictif. Weezer avait de toutes façons placé la barre bien haut en termes de réussite commerciale, et s'est ensuite bien rattrapé avec son album vert et ses incontournables "Island in the sun" et "Hash pipe". Reste un second album à qui il aura manqué un polissage certain et peut-être un peu de chance (et de promo!). Mais c'est toujours sympa de se dire que parmi les 250 millions de personnes (environ bien sûr, je n'ai pas les chiffres exacts) qui se sont empressés d'acquérir le 3e album, une poignée de fans éclairés auront regretté que Cuomo et sa bande n'aient pas continué ce qu'ils avaient entrepris avec Pinkerton, c'est-à-dire une musique personnelle, originale et très rafraîchissante.

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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 21:37

 Galy Records / 2004

          Les toulousains de Disphoria nous envoient ici un sérieux avertissement... Personnes fragiles s'abstenir, et pas seulement les gens cardiaques ou les femmes enceintes. Il faut en effet avoir le coeur bien accroché pour supporter la terrible onde de choc que représente ce 1er album Sleep And Fly Away... You'll Be Tortured Forever, sorte de grand huit diabolique qui vous défonce la tête par ses accélérations mais aussi ses changements de rythme laissant présager le pire. Globalement on peut classifier la bête dans la redoutable espèce "Deskorus Dantoncranum", mais malheureusement (ou heureusement pour ceux qui aiment se faire mal) les dégâts ne s'arrêtent pas là, la dite bête se révêlant être en fait un monstre hybride issu du croisement malsain entre une base deathcore et des ingrédients grind, emo, screamo ou rock (le dernier morceau évoquant même brillamment l'ombre d'un Pearl Jam). Le tout est incroyablement puissant et efficace, et il faudrait une minerve en acier trempé pour s'abstenir de headbanguer comme un malade sur les assauts répétés et destructeurs du quintette de la Ville Rose. Ici l'expression "mélange de genres" prend tout son sens, non dans ce que cela peut revêtir de gênant (autisme, difficultés d'approche, démonstration stérile, parties trop rébarbatives pour le métalleux/hardcoreux de base (rien de péjoratif là-dedans cependant), etc ...), mais dans ce que cela peut susciter au niveau émotion, plans surprise, chemins de traverse, parties déstatbilisatrices, autant d'éléments vous permettant de reprendre votre souffle et de vous aérer l'esprit, la finalité étant de toutes façons toujours la même: se prendre une grosse volée. Laissez-vous donc guider par Julien, vocaliste versatile enchaînant à la perfection cris perçants/complaintes menaçantes/litanies gutturales/chants cristallins/borborygmes ravageurs. Celui-ci se pose véritablement comme la cerise sur le gâteau concocté spécialement par Mamie Moshpit, qui sous la torture (12h de Pascal Sevran reprenant du Judas Priest, le tout passé a l'envers, le message subliminal ultime) a accepté de révéler la recette d'un tel mets de choix: une grande louche de riffs lourds et dissonnants, trois cuillères à soupe de cavalcades death metal et une pincée de breaks bien sentis et tranchants à souhait. Chapeau aux musiciens pour l'assise ryhmique ultra plombée et le tempo extrêmement soutenu la plupart du temps, ainsi que pour la superbe inspiration qui leur a permis de nous proposer un skeud si riche, si entraînant, si... Jubilatoire! Ce qui fait vraiment la différence avec un grand nombre de disques au demeurant pourtant excellents, c'est la façon dont les titres résonnent dans notre tête, s'installent pour ne plus jamais quitter les lieux, trônant comme autant d'hymnes empreints d'énergie, d'agressivité, de mélancolie, addictifs et impérissables. Combien de groupes "extrêmes" peuvent se targuer d'une telle réussite? Comme fleuron de la scène française Disphoria se pose là, et tout ce que l'on peut espérer c'est un 2e album qui confirme, voire dépasse les immenses espoirs que l'on a placés en eux. D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, le groupe, qui estime qu'il a évolué vers une musique à la fois "plus mélodique et plus violente", propose depuis peu sur son site un tout nouveau morceau, "The Gift", qui s'inscrit dans la lignée chaotique et brutale de ses prédecesseurs. En attendant l'album complet (qui, on l'espère, bénéficiera d'une distribution à sa hauteur), si vous n'avez pas eu la chance de les voir live, jetez un oeil sur le clip de l'incroyable "Existence"... Vous saurez alors ce que les mots "rage", "talent", "éclectisme", "maîtrise", ou encore "mettre le feu" signifient réellement.

www.disphoria.net

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27 mai 2006 6 27 /05 /mai /2006 16:42

 Century Media / 2000

      Des groupes de death, il en existe un paquet, tout le monde s'accordera à le dire. A partir de là, difficile de se démarquer et d'attirer l'attention, à moins d'être précurseur (ex: Carcass), novateur (Cephalic Carnage, Coprofago), respecté (Morbid Angel, Cannibal Corpse), plus extrème que les autres (Hate Eternal, Mortician), plus doué (Death), plus charismatique (Six Feet Under) ou encore plus technique (Necrophagist). Ce 3 titres sorti par la dream team de Bloodbath s'apparente en fait un peu à toutes ces catégories, et a su apporter un véritable renouveau au genre en magnifiant ce qui avait fait son succès jusque-là. Une fois n'est pas coutume, c'est le morceau inaugural (éponyme) qui crève l'écran; énorme voix, riffs cartons, breaks malsains, accélérations meurtrières, on n'est pas trompé sur la marchandise et ça envoie du gros à tous les étages. Avec un son de gratte comme on en espérait plus depuis les premiers Dismember, "scie-sauteuse style", et des compos agencées avec un savoir-faire et un feeling incomparables, Bloodbath (c'est-à-dire les légendaires Dan Swanö et Mikael Äerfeldt, plus des membres de Katatonia) injecte à l'époque, en tout juste 13 minutes, un death metal bien old school salvateur dans lequel on retrouve tout ce qui a pu faire le succès du métal de la mort (scandinave essentiellement) bien direct du début des années 90. Les 2e et 3e morceaux, s'ils s'avèrent moins marquants que Breeding death (mais l'entreprise était ardue), restent deux pains dans le crâne à éviter un lendemain de cuite. Quant aux covers (celle de l'album et celle du cd), elles sont somptueuses (dans leur style!) et complètent parfaitement l'atmosphère old school dont se réclame ouvertement le groupe. Resurrection through carnage et Nightmares made flesh, les deux albums qui succédèrent à ce mini-cd, sont ensuite venus confirmer la qualité et la personnalité plutôt uniques de ce projet, dont on espère une nouvelle sortie le plus tôt possible. En attendant, vous avez toujours le choix entre les deux skeuds que nous venons d'évoquer, les derniers Katatonia, excellents, la discographie récente de la "team" Akerfeldt, Opeth (il y a de quoi faire!), et les dernières incarnations de l'inspiration de Dan SwanÖ (l'album "Moontower", le groupe Nightingale, etc). Et si vous ne jurez que par le old school, rien ne vous empêche de vous replonger dans "Brave murder day", "Morningrise" ou "Crimson". Cependant, n'oubliez pas le petit dernier de la bande, notamment ce premier mini et son fabuleux 1er morceau. "Breeding deeeeeeath!!"

www.bloodbath.biz urrection Through C

 

 

 

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 23:04

 Displeased Records / 1995

     Aaaah, Solar lovers... C'est certain, on n'est pas en train de parler de Mortician, que personne ne soit dupe. Si vous avez entr'aperçu l'expression "voix death" dans cet article et que vous vous êtes précipité, avide de chair fraîche et de sang, il va falloir revoir vos ambitions à la baisse... Et ce plutôt deux fois qu'une (rassurez-vous néanmoins, ce n'est que partie remise). Ce que Celestial Season nous propose en 1995 avec ce 2ème album, c'est un doom death extrêmement subtil, racé, ultra mélancolique, novateur, bref... Inoubliable! Ces néerlandais, désormais malheureusement séparés, ont quand même eu le temps avant leur split de sortir 5 albums, plus d'autres sorties comme le légendaire EP Sonic orb que je n'ai pas entendu depuis presque 10 ans mais qui m'avait mis une claque inoubliable à l'époque, et qui m'avait accessoirement fait me familiariser avec ce nom qui allait me marquer considérablement: Celestial Season. Du death doom de ses débuts (Forever scarlet passion) au stoner psyché pratiqué sur Orange et vraisemblablement sur ses deux derniers efforts (c'est comme ça qu'on dit hein) (y'a "opus" que j'aime bien aussi), Chrome et Lunchbox dialogues, le groupe a vu sa musique se métamorphoser de façon importante mais a toujours réussi à marquer les esprits. En ce qui nous concerne ici, ce qui est remarquable dans Solar lovers est que les morceaux qui le composent font office d'instantanés montrant un groupe s'éloignant de l'obscurité de ses débuts mais pas encore parvenu au côté plus rock'n roll d'Orange. Le résultat de cette mutation inachevée: un doom lancinant avec de pures mélodies et un son (de gratte notamment) assez hallucinant, parsemé de magnifiques passages de violon, mais dont la voix bien gutturale nous rappelle que les abysses n'ont pas encore été totalement délaissées. A ne pas mettre entre toutes les oreilles pendant une certaine partie de l'année (si vous n'avez pas le moral un 20 novembre bien brumeux, je vous le déconseille pour égayer votre soirée), Solar lovers est un album intemporel qui possède ce je-ne-sais-quoi de magique, qui fait qu'on le retient plus qu'un autre... Peut-être cela vient-il de sa formidable reprise du "Vienna" du groupe Ultravox (également repris par Clawfinger plus récemment), du gros son de guitare bien rock mais bien gras, plutôt atypique dans ce style musical mais parfaitement bienvenu, ou encore tout simplement de la qualité impressionnante des compos. Un disque magistral pour un groupe à part, qui n'allait pas s'en tenir là au niveau surprises, avec notamment  un Orange des familles, dont l'un des seuls dénominateurs communs avec son prédecesseur s'avère être, sans surprise cette fois-ci, la classe.

http://www.zenial.nl/html/celestia.htm

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 16:40

 Autoproduction / 1999

     Groupe très prometteur dont les qualités n'avaient pas échappé à la presse spécialisée (Hard'n Heavy l'avait placé au rang des meilleurs espoirs français en 2002), Aeons est un pur produit de la scène métal nordiste, avec tout ce que cela peut induire d'aptitude à innover et à surprendre. Ce qu'ils ont pu démontrer avec Supergreen, leur 1e album sorti en 2OO2), les membres d'Aeons l'avaient largement fait entrevoir avec Hegire, leur 1e démo 3 titres (1999). Rien que le morceau inaugural, "One step travel", constitue un magnifique pavé de 5 mns, où l'on s'en prend plein la tête, et qui donne à cette démo un aspect collector mais surtout indispensable puisqu'il ne figure pas dans Supergreen. Véritable morceau d'anthologie, "One step travel" est comme son nom l'indique un véritable voyage,  à la fois rageur et onirique, alternant déferlante de riffs forçant le headbanging et passages mid tempo permettant au morceau de s'aérer quelque peu, tout en mettant en valeur les parties plus déchaînées. A cela s'ajoute un clavier conférant un aspect électro qui sied parfaitement au reste, et qui contribue largement à l'ambiance futuriste du tout, qui est également façonnée par certains effets sur la voix. Au niveau de celle-ci, le chanteur oscille entre parties death à la Stéphane Buriez et parties en voix claire, le mélange s'avérant très efficace, d'autant plus que le 3e aspect décrit auparavant, les plans avec effets, s'intercalent parfaitement dans l'ensemble. Le résultat est remarquable, on pense globalement à Loudblast ou SUP pour les influences (rien d'étonnant pour un groupe basé à Dunkerque) mais, au niveau du résultat même, on peut par exemple rapprocher "OST" d'un autre morceau d'anthologie, "Mirror's paradise" de Kovenant (dans Animatronic): même éclectisme, même diversité, même changements de tempo, même variations déroutantes dans la voix, et donc même conséquence, un air qui reste dans la tête sans arrêt. Ceci dit, Aeons est largement assez créatif pour que l'on le considère comme géniteur de sa propre musique, personnelle et inventive! Pour ma part, si je devais partir sur une île déserte avec une compil d'une vingtaine de titres, ce morceau y trouverait sa place sans problème! Les choses se poursuivent dans le même esprit avec "Djihad" (que l'on retrouve dans Supergreen, dans une version un peu remaniée), qui déboule tel un rouleau compresseur grâce à la double d'Arnaud (SALUT ARNAUD!!!) et à un riff une nouvelle fois très efficace. A l'instar du premier morceau, "Djihad" est très entraînant grâce à des lignes mélodiques très judicieuses, des rythmiques puissantes et un chant versatile à souhait. Je crois me rappeler que le groupe appréciait beaucoup un groupe comme The Gathering, et à écouter la fin de "Djihad" il ne fait aucun doute que l'évolution des néerlandais n'a pu que le ravir. En effet, ce 2e morceau se conclut par une partie très atmosphérique, annonciatrice de la teneur du 3e et dernier morceau d'Hegire, pièce de 6 mns pendant lesquelles se développe une ambiance très calme, très éthérée, envoûtante et hypnotique, où l'on ne retrouve aucune attaque frontale, aucun cri, aucun riff dévastateur. Témoin des facultés d'Aeons à maîtriser son sujet, "Alcyone 8" est également la démonstration de l'éclectisme du groupe et de la diversité de son orientation musicale. Supergreen confirmera en 2002 cette alternance entre agressivité et sérénité, pour un résultat encore une fois très probant.

Verdict: énorme! On attend la suite, apparemment plus ou moins imminente, avec impatience.

http://aeonside.free.fr/

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