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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 15:02
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Published by Sacha Disto - dans LIENS
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19 septembre 2006 2 19 /09 /septembre /2006 17:34

La Grèce nous envoie ce groupe très prometteur qu'est Crave For Light, nous gratifiant ici d'une seconde démo après leur premier méfait Nostoi Vlekle Dem Noi Puschta déjà fort convaincant, bien que trop court à mon goût (2 titres). Ici, nous constaterons avec ce 6 titres une évolution du groupe; le chant guttural n'est plus utilisé, rendant les compositions de Crave For Light nettement plus "gothiques" (au sens large du terme), mais les claviers sont toujours aussi présents. Crave For Light maîtrise parfaitement son art froid et mélancolique à la manière d'un Paradise Lost (récent), Katatonia ou encore Tiamat, dont on retrouvera une reprise d'ailleurs!!
Des morceaux très bien construits donc!
En somme, une démo très agréable pour tout fan du style! Vivement l'album!

 www.craveforlight.cjb.net

 

 

 

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Published by Hugh Grunt - dans CHRONIQUES
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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 20:23

 

Pour cette première interview au sein de YARGLA et à l'occasion de l'imminente sortie de leur 1ère démo, j'ai l'honneur de vous présenter SMOHALLA, groupe français nous proposant un Black/Death à la fois original et technique, qui devrait bientôt réussir à se forger une place plus qu'honorable dans le milieu. Voici donc quelques questions posées à Slo (Chant, Batterie, Guitare), membre fondateur du groupe pour une présentation beaucoup plus approfondie de SMOHALLA.

 

Salut Slo! En quelques mots, pourrais tu nous présenter SMOHALLA?

 

Et bien il n'y a pas grand-chose à dire, seules les phases de compositions comptent, mais je dirais juste qu' A.L (ambiances) et moi sommes des amis de longue date et que nous avons decouvert la musique ensemble. Pourtant nous avons deux styles assez eloignés, lui plus froid et répétitif, alors que j'aime surtout l'expression de la rage quand elle est non controlée, chaotique et variée. Mais nous avons toujours plus ou moins tourné autour des meme sphères musicales, recherché les memes ambiances bizarres... Camille lui a de suite été d'accord pour faire la basse avec nous, étant tout comme nous un gros fan de toute cette scène post black (ved buens ende, dodheimsgard, virus, organ...) Le fait qu'il joue sur une fretless renforce le coté bizarre de Smohalla, et je suis fier du travail qu'il a accompli sur la demo et des idées qu'il a apporté pour améliorer les choses. Nous sommes actuellement en train de finir notre première démo "Smolensk Combustion" qui sera disponible d'ici septembre, et j'invite ceux qui veulent en savoir plus à se rendre sur notre page myspace: www.myspace.com/smohalla  

                                                                                                

Que signifie ce nom?

 

Smohalla était à la base un indien Sokuks au milieu du XIXème siècle. D'abord guerrier, il atteint petit a petit le status d'homme-medecine, avant d'etre laissé pour mort après un combat contre un chef rival. A partir de là il va errer jusqu'au Mexique, et on ne sait pas bien ce qui se passe pendant cette longue periode, mais à son retour, il developpe des idées qui le firent passer pour un véritable prophète. Il préconisait à ses gens de se laisser guider par le Grand Esprit, qui communiquerait par l'intermediaire de ses reves et de ses transes. Il ne s'agissait pas d'un gourou menteur et profiteur, ses rêves révélés ne guidaient jamais a son profit, il pronait surtout un retour à un mode de vie archaique et primaire, sans chasse, sans agriculture ni quoique ce soit qui pourrait "abîmer la terre". C'est pourquoi beaucoup l'ont perçu
comme un indien drogué et fainéant de plus, devenu paresseux pour lui et pour les siens.. Mais en réalité son message allait bien plus loin qu'un simple respect de la nature, ces idées restent la partie la plus "futile" de sa religion, et on les retrouve de toute façon dans d'autres tribus indiennes même si c'est chez les nez percés (sa tribu) qu'elles étaient les plus "extremes". En fait il voulait surtout magnifier le pouvoir de l'inconscient et de l'esprit présent chez les siens, developper leur rêve, aller chercher toujours plus loin un accomplissement et une quiétude spirituelle. Qu'il faille puiser dans son repos, ou à l'aide de drogues dans des transes, le but était de se révéler en tant qu'entité spirituelle tout en s'accordant avec ses racines, c'est à dire mère la terre et donc la nature. Une dualité qui mélange donc paganisme et onirisme, sans croyance envers des Dieux inutiles. Des idées que je trouve tout à fait passionantes et qui je pense se retrouvent dans l'atmosphère de nos morceaux.. Juste devait resider l'individu et son esprit, qui venait de la terre et qui y retournerait, puis le Grand Esprit fédérateur de toutes vies et créateur de la conscience humaine. Je me suis toujours demandé si un prophète comme Jesus avait eu ce genre de pensées pour construire le christianisme, notre monde aurait été completement différent et je pense beaucoup plus épanouissant et intelligent.. Je pense qu'il est encore judicieux de reflechir au message que peuvent avoir ce type de penseurs, parceque la vrai recherche à effectuer pour avancer n'est pas tant dans notre univers physique mais dans ce que certain peuvent appeler esprit, inconscient, dans nos rêves ou encore dans l'art que nous produisons. C'est toute cette symbolique de la predominence du spirituel sur le materiel qui m'a fait choisir ce nom, surtout qu'on traduirait ce mot par "le prêcheur" en indien, et je trouve que cela nous convient aussi parceque nous ne somes pas un groupe de black de plus, nous apportons une vision et des idées nouvelles.

 

D'ou t'es venue l'idée de créer ce projet? De quoi t'inspires tu pour composer?

 

J'ai tout simplement voulu exprimer mon style tout en créant une entité musicale inédite. Tu sais, le plus motivant dans la musique est je trouve cette soif de decouverte, cette envie de donner vie a quelquechose de beau et puissant. On a d'abord envie de decouvrir quelquechose, ou plutot de créer un monde musicale neuf; et c'est petit à petit que ton style s'affirme et que tes idées s'elargissent. Tu t'apperçois après que tes instruments ne sont que des outils de ton cerveau, et tout ce que tu créé, au delà de tes influences, est une véritable extension de toi. Par contre je ne pense pas que tous les "musiciens" pensent et travaillent comme ça: beaucoup se contentent de singer leurs ainés, des faire des riffs "dans le style de" en changeant les note ou la vitesse.. Mais on se rend vite compte de qui créé et qui plagie! Quoiqu'il en soit, sur le coup, tout ça reste de toute façon inconscient. Tu ressens juste le besoin de prendre ta gratte ou ta batterie et de créer quelquechose, et tu ne t'arrete qu'au moment ou tu ressens ce sentiment de travail accompli et nouveau. Pour ce qui est de mes sources d'inspirations, elles sont très larges, je dirai que musicalement des groupes comme Enlaved, Emperor, et Abigor restent une sorte de base, auquelle viennent s'ajouter des formations comme Ved Buens Ende. On est tous de gros fan de ce groupe dans Smohalla et je pense que meme si notre
musique ne leur ressemble que partielement, cela se ressent dans certaines ambiances developpées. On attend d'ailleurs beaucoup de leur reformation et de leur futur enregistrementd ! Mais je m'inspire aussi beaucoup de groupe non metal comme Pink Floyd ou King Crimson, ou encore des formations plus modernes comme Neurosis. En general je dirai que tout ce qui est "bizarre" et plaisant peut m'influencer, et même en dehors de la musique: certains films ou certains reves peuvent developper des ambiances que j'aurai envie de reproduire et d'adapter dans ma musique. Des films comme Gummo, Lost Highway ou encore Nosferatu de Murneau ont une identité et une aura vraiment singulière. Voilà tout ce que j'attend d'une oeuvre!

 

  

Ta musique est plutôt originale! Comment t'y prends tu pour composer un morceau? D'ou puises tu tant d'idées? Quelles sont tes influences musicales?

 

Et bien mes idées viennent instinctivement, quand je suis dans un certain état. Il suffit de s'assoire et de se laisser aller, de ne plus reflechir a autre chose que ce
qui sort de ton instrument.. J'aime mettre beaucoup de plans différents dans mes morceaux parceque je m'ennuirai en les réécoutant, et j'ai toujours aimé les choses complexes et riches. Mais j'aime aussi les atmosphères lentes, répétitves et lancinantes.. Pour ce qui est de la "methode de travail" elle peut varier selon les morceaux, mais en général pour cette premiere demo j'improvisais la batterie en premier, qui est un instrument trop sous exploitée dans le style, pour ensuite venir greffer mes parties de guitares. Le fait de commencer par la batterie et de tout improviser a permis de donner une vraie energie au compo, et de creer de vraix effets de surprises suivant les transitions et changements au sein d'un morceau. J'aime ce qui n'est pas reflechie, ce qui est direct et instinctif, tout autant que les choses plus profondes et étudiées..
Pour les influences musicales, elle sont tres vastes comme je t'ai dis plus haut, de Voivod à Raison d' Etre en passant par Twelve Hour Turn.. Il est vital pour moi d'écouter des styles différents, et de decouvrir constament de nouveaux groupes.

 

                                                         

La scène métal est-elle bien active dans ton coin? As-tu des groupes à nous faire connaître?

Hum je ne dirai pas que la scene metal est active dans le var, ou meme en provence en général. Disons que certaines personnes se bougent le cul pour organiser des shows ou monter des structures, mais le public n' est pas toujours au rendez-vous, ou alors mal informé. Quoiqu'il en soit la situation est quand meme bien meilleur qu'il y'a quelques années, et qu'il s'agisse de metal ou de hardcore on a toujours l'occasion de voir de bons groupes si on est pret a bouger un peu. Par contre au niveau des formations originaires de mon coin, je n'en connais que très peu d'interessantes ! Il y'a toute cette scene de black metal toulonnaise qui a bonne reputation mais je ne m'y retrouve pas vraiment. Par contre les Bokanovsky qui sont des amis proposent un bon post hxc bien mené et puissant sur scène, et mon ex groupe the Third Memory basé sur Marseille est devenue une excellente formation d'emoviolence depuis que je les ai quittés haha! Il y'a aussi des groupe comme the Dawn ou Sonny Red dans le coin qui proposent une bonne musique, et quelques autres que je dois oublier.. Sur Toulon même, j'attend aussi avec impatience que Paramnesia sorte quelquechose ou fasse des shows, j'ai écouté quelques enregistrements de repet et leur style s'avère très prometteur.. Ah et Letharsis doit bientôt sortir son premier album, qui devrait bien envoyer dans un style death/thrash bien puissant. Quoiqu'il en soit, comme a peu pres partout ailleurs, la scene est surtout composée de gamins qui font de la musique de merde pour s'amuser apres les cours entre potes, sans la moindre part de créativité ou de style.. Mais il faut bien commencer par quelque chose héhé..

  

Toi, le Dan Swanö du Var, Smohalla est-il devenu ton unique projet ou possédes-tu encore d'autres groupes à côté?

 

Héhé, je pense que je n'arriverai jamais a me tenir à un seul projet, mais il est clair que Smohalla est devenue ma priorité. J'ai effectivement d'autre projets à coté, comme Callahan ou Slore que je n'arriverai pas a classer musicalement ici, mais le mieu pour se faire une idée et d'écouter:

 

http://www.myspace.com/sl0re et http://www.myspace.com/callahan83

 

J'ai encore une ribambelle de projets dans des styles différents comme the Overider, Book of Dzyan, Dedalus ou Kvar, et un groupe qui debute ou je suis a la batterie,
pour une sorte de noise/post hxc qui n'en est qu'a ses debuts pour l'instant.
D'ailleurs Camille et A.l ont aussi des projets à côté de Smohalla: le premier vient juste de finir l'enregistrement de la demo d' Howlin Poetry qui s'anonce comme une véritable boucherie.. Si vous aimez des groupes comme Aclys, Bloodlet ou Napalm Death, je pense que vous saurez vous retrouver dans leur style, qui allie la puissance et la brutalité du death avec des éléments noise et hxc assez ravageurs! Camille joue aussi dans Tetchiot Krov, quand à A.l il bosse avec les gars d' Amanite et compose des plage ambiant/indus/electro pour un futur projet solo.

 

Quelle bonne formule doit utiliser un groupe quel qu'il soit pour attirer ton attention?

 

Hum il n'y'a pas de formule précise pour qu'un groupe me plaise, j'aime autant écouter le premier Golden Dawn pour son côté ésoterique ou des albums ultra torturés comme le premier Love lost but not Forgotten. Par ailleurs je suis assez fan de musique planante et experimentale, je suis par exemple en ce moment en pleine periode Amon Duul II qui est un groupe vraiment enorme, et j'ai recement découvert Acid Mother Temple qui propose une musique assez interessante ! Donc il n'y'a pas vraiment de secret ni de regles pour me plaire, je laisse mon oreille me guider! Mais disons qu'un groupe original aura toujours ma préférence par rapport a un groupe plus classique. Mieux vaut écouter un groupe excellent avec un son de merde qu'un groupe de merde avec un son excellent.  

 

As tu d'autres violons d'Ingres? Pour quel film aurais-tu aimé composer la musique?

 

Oh j'aimerais beaucoup composer la B.O d'un film de Terry Gilliam, de Lynch ou d'Harmony Korin.. D' ailleurs il m' est déjà arrivé de faire des B.O pour des réalisations audiovisuelles: un court metrage et des documentaires, et j'aime beaucoup ça, illustrer des images tout en leur apportant une autre dimension.. J'envisage d'ailleurs de monter une boite de creation sonore pour des réalisations multimedia/audiovisuelles. Sinon la musique reste ma principale préoccupation, et la seule qui me comble vraiment. Le fait de jouer de plusieurs instruments me permet de ne pas me lasser et de me concentrer sur l'essentiel: la composition.

                                                                            

Rouflaquettes ou Fraîchement rasé??? ;)

 

Je ne sais pas si je peux repondre a cette question, de peur qu'un membre de la CIA passe dans le coin et puisse lire ma reponse. Quoi qu'il en soit sache pour ta gouverne qu'il est temps de remplir la porte secrete a travers le miroir de la deception quand le lustre eteint vibrera au son de la moustache d'or.

 

Voir Smohalla en live; est ce une chose faisable? En as-tu le projet?

 

L'idée m'interesse parce que j'adore faire des concerts mais pour l'instant les choses ne sont absolument pas envisageables ! Déjà pour trouver un line-up complet  et compétant sur Toulon qui me permettrait de faire uniquement la gratte et le chant. Ensuite, Camille habite Rouen, A.l est sur Aix et j'habite à Toulon, donc il serait un peu compliqué pour Camille de descendre dans le Sud Est pour chaque repet... De toute façon l'objectif premier du groupe reste la création, la decouverte et l'experimentation, et nous allons nous efforcer de continuer avec ces objectifs comme priorité pour enregistrer de bons morceaux. Pour ce qui est du live nous verrons, peut etre un jour..

 

Quels sont les groupes qui t'ont récemment marqué?

 

Tusk, Juvenile Baroque Slaughterhouse, Throne of Galaktus, Naalor sont des groupes excellents, dans des genres assez différents, que vous pouvez decouvrir sur myspace. J'ai aussi flashé sur deux albums de Velvet Cacoon, le split Anubis Rising avec Uphill Battle qui a été une grosse claque pour moi, et j'ai vraiment adoré la discographie de Secret Chiefs 3: un groupe vraiment à part que je recommande à tout le monde.. Il y'a aussi Hella, un duo guitare/batterie assez enorme et complexe, qui m'a coupé le souffle, ou encore Troum qui propose une sorte d'ambiant minimaliste et ultra planant. Je passe beaucoup de temps a decouvrir de nouveaux groupes donc je pourrai encore t'en citer un paquet mais dans l'ensemble voilà les formations qui ont recement retenu mon attention.

 

 

Quels projets pour SMOHALLA?

 

Et bien il me reste à finir quelques details pour achever enfin cette premiere demo qui va comporter 8 titres, ensuite on enverra "Smolensk Combustion" au mastering, et il ne restera plus qu'a s'occuper de la pochette. Je te passe les details sur l'aspect promo qui s'en suivra ensuite, on va envoyer notre demo a differents labels/webzine pour voir si des personnes compétantes peuvent et veulent nous faire avancer. On a déjà reçu quelques propositions de distribution mais pour l'instant soit l'affaire est presque conclue et il va falloir attendre pour concretiser ça, soit les propositions n'etaient pas vraiment serieuses ou adaptées. Donc nous allons surement bosser avec IndustrialJunkyBrain et une futur sub-division d' Audiosavant meme si pour l'instant tout ça reste incertain, et uniquement dans le domaine de la distribution. On recherche donc un label motivé et des avis exterieurs pour avancer.. D'ailleurs toute personne qui serait interessée pour chroniquer notre demo, pour une interview ou pour nous distribuer peut me contacter ici: nihilprod@hotmail.com  

 

Cette interview maintenant terminée, il ne me reste qu'à te laisser le droit au mot de la fin ;)

D'abord merci a toi pour l'interview, et j'aimerai que les gens qui lisent ces lignes se rendent compte (si c'est pas déjà fait..) que l'ouverture d'esprit est la meilleur solution pour bien apprehender un art. On ne peut pas tout aimer, mais on ne peut pas n'aimer qu'un style! Alors continuez de decouvrir plein de groupes, et soutenez ceux qui vous plaisent! Je laisse l'adresse de notre site pour ceux qui voudraient télécharger nos songs, a bientot !

 

http://www.smohalla.fr.nf

 

slo  

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Published by Hugh Grunt - dans INTERVIEWS
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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 15:33

Geffen / 1996

Eloignons-nous un instant des confins des ténèbres, des hurlements, des rafales de double pédale et des guitares accordées six pieds sous terre... En 1994, Weezer assoit tout son monde avec un magnifique 1er album, au nom ("Weezer") et à la cover (les membres du groupe sur fond bleu) plus que sobres. La cause: un irrésistible rock aux accents pop, de sublimes mélodies et des refrains imparables, casés pour toujours dans un coin de notre tête; la conséquence: plusieurs millions d'albums vendus (ce qui ne représente pas forcément un gage de qualité mais qui, pour le coup, s'avère parfaitement justifié) et un statut de référence du genre. Un statut qui sera considérablement mis à mal avec l'album suivant, Pinkerton, largement moins calibré, plus mystérieux, à l'ambiance beaucoup plus sombre et impénétrable. Ces deux oeuvres, assez radicalement différentes, mériteraient tout autant un petit passage en revue au titre d'albums cultes, mais une seule rentre dans le cadre de cette catégorie au niveau des deux acceptions généralement sous-entendues: 1- Album référence; 2- Echec commercial (plus ou moins relatif). En effet, l'album bleu de Weezer n'a besoin de personne pour le défendre, pas plus que le Mezmerize de System of a Down ou le Master of Puppets de Metallica. Pinkerton, bien au contraire, est loin d'avoir rencontré un aussi large succès que ces illustres disques, et mérite que l'on prenne du temps pour (re)dorer quelque peu son blason. La qualité peut se présenter sous de multiples aspects et il est clair que dans Pinkerton, elle apparaît de façon plus subtile que dans son prédécesseur. Dans les deux cas la touche "repeat" est sollicitée: pour se repasser la (ou les) chanson(s) que l'on préfère, avec juste l'embarras du choix (album bleu), ou pour laisser plusieurs chances aux morceaux avant de laisser le malheureux album incompris sombrer dans l'oubli (Pinkerton). A la fois plus intimiste et plus rageur que le 1er album, ce second LP bouscule l'auditeur à travers ses oscillations entre contines faussement naives et brulôts power pop énervés, en passant par des parties tout à fait décalées mais loin d'être hors de propos. Chaque plage trouve parfaitement sa place et apporte sa pierre à l'édifice, ce dernier s'avérant particulièrement riche, varié et finalement très entraînant. D'ailleurs, n'en faisons pas trop non plus avec le côté peu accessible de ce disque car c'est surtout en le comparant avec son prédecesseur que l'on constate que Pinkerton est globalement moins direct et moins estampillable "tout public". Ainsi, des morceaux comme "No other one", "Why bother" ou "The good life" trouveraient largement leur place sur les ondes, bénéficiant de refrains imparables et d'airs facilement mémorisables. En fait, c'est quasiment l'intégralité de ce 2e skeud qui peut être chanté sous la douche et vous rester scotché dans la tête toute la journée (et là, bonjour pour s'en dépêtrer!), entre un "El scorcho", bluette mid-tempo faussement parodique mais vraiment décalée, un "Pink triangle" lancinant très efficace mais aux paroles peut-être pas assez conventionnelles ("I'm dumb she's a lesbian, I thought I had found the one") ou la ballade offerte en outro, "Butterfly", petite conclusion acoustique clôturant à merveille ce Pinkerton décidément bien addictif. Weezer avait de toutes façons placé la barre bien haut en termes de réussite commerciale, et s'est ensuite bien rattrapé avec son album vert et ses incontournables "Island in the sun" et "Hash pipe". Reste un second album à qui il aura manqué un polissage certain et peut-être un peu de chance (et de promo!). Mais c'est toujours sympa de se dire que parmi les 250 millions de personnes (environ bien sûr, je n'ai pas les chiffres exacts) qui se sont empressés d'acquérir le 3e album, une poignée de fans éclairés auront regretté que Cuomo et sa bande n'aient pas continué ce qu'ils avaient entrepris avec Pinkerton, c'est-à-dire une musique personnelle, originale et très rafraîchissante.

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Published by Sacha Disto - dans ALBUMS CULTES
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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 21:37

 Galy Records / 2004

          Les toulousains de Disphoria nous envoient ici un sérieux avertissement... Personnes fragiles s'abstenir, et pas seulement les gens cardiaques ou les femmes enceintes. Il faut en effet avoir le coeur bien accroché pour supporter la terrible onde de choc que représente ce 1er album Sleep And Fly Away... You'll Be Tortured Forever, sorte de grand huit diabolique qui vous défonce la tête par ses accélérations mais aussi ses changements de rythme laissant présager le pire. Globalement on peut classifier la bête dans la redoutable espèce "Deskorus Dantoncranum", mais malheureusement (ou heureusement pour ceux qui aiment se faire mal) les dégâts ne s'arrêtent pas là, la dite bête se révêlant être en fait un monstre hybride issu du croisement malsain entre une base deathcore et des ingrédients grind, emo, screamo ou rock (le dernier morceau évoquant même brillamment l'ombre d'un Pearl Jam). Le tout est incroyablement puissant et efficace, et il faudrait une minerve en acier trempé pour s'abstenir de headbanguer comme un malade sur les assauts répétés et destructeurs du quintette de la Ville Rose. Ici l'expression "mélange de genres" prend tout son sens, non dans ce que cela peut revêtir de gênant (autisme, difficultés d'approche, démonstration stérile, parties trop rébarbatives pour le métalleux/hardcoreux de base (rien de péjoratif là-dedans cependant), etc ...), mais dans ce que cela peut susciter au niveau émotion, plans surprise, chemins de traverse, parties déstatbilisatrices, autant d'éléments vous permettant de reprendre votre souffle et de vous aérer l'esprit, la finalité étant de toutes façons toujours la même: se prendre une grosse volée. Laissez-vous donc guider par Julien, vocaliste versatile enchaînant à la perfection cris perçants/complaintes menaçantes/litanies gutturales/chants cristallins/borborygmes ravageurs. Celui-ci se pose véritablement comme la cerise sur le gâteau concocté spécialement par Mamie Moshpit, qui sous la torture (12h de Pascal Sevran reprenant du Judas Priest, le tout passé a l'envers, le message subliminal ultime) a accepté de révéler la recette d'un tel mets de choix: une grande louche de riffs lourds et dissonnants, trois cuillères à soupe de cavalcades death metal et une pincée de breaks bien sentis et tranchants à souhait. Chapeau aux musiciens pour l'assise ryhmique ultra plombée et le tempo extrêmement soutenu la plupart du temps, ainsi que pour la superbe inspiration qui leur a permis de nous proposer un skeud si riche, si entraînant, si... Jubilatoire! Ce qui fait vraiment la différence avec un grand nombre de disques au demeurant pourtant excellents, c'est la façon dont les titres résonnent dans notre tête, s'installent pour ne plus jamais quitter les lieux, trônant comme autant d'hymnes empreints d'énergie, d'agressivité, de mélancolie, addictifs et impérissables. Combien de groupes "extrêmes" peuvent se targuer d'une telle réussite? Comme fleuron de la scène française Disphoria se pose là, et tout ce que l'on peut espérer c'est un 2e album qui confirme, voire dépasse les immenses espoirs que l'on a placés en eux. D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, le groupe, qui estime qu'il a évolué vers une musique à la fois "plus mélodique et plus violente", propose depuis peu sur son site un tout nouveau morceau, "The Gift", qui s'inscrit dans la lignée chaotique et brutale de ses prédecesseurs. En attendant l'album complet (qui, on l'espère, bénéficiera d'une distribution à sa hauteur), si vous n'avez pas eu la chance de les voir live, jetez un oeil sur le clip de l'incroyable "Existence"... Vous saurez alors ce que les mots "rage", "talent", "éclectisme", "maîtrise", ou encore "mettre le feu" signifient réellement.

www.disphoria.net

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4 juillet 2006 2 04 /07 /juillet /2006 20:38

Burning Heart / 2004

     Vous cherchez de la diversité? Ne cherchez plus. Le respectable label suédois Burning Heart a eu l'excellente idée de sortir à la fin 2004 une compilation réunissant des morceaux de la plupart de ses artistes, avec quand même des noms tels que the (International) Noise Conspiracy, Turbonegro, Nasum, Raised Fist, Give up the Ghost, The Hives ou encore Millencollin ("Ah oui varié donc!"). En pas moins de 38 titres (!) répartis sur 2 CDs, vous avez largement le temps de vous éclater selon des tempos somme toute assez variables. Et il n'y a pas que les tempos qui sont diversifiés sur cette compil: du gros hardcore qui tâche de Nine et Raised Fist au hip-hop entraînant de Promoe et Looptroop, en passant par le rock groovy de Turbonegro et the Peepshows et les brulôts des cultissimes Refused, The Hives ou T(I)NC, il y en a pour tous les goûts et toutes les humeurs. D'ailleurs, si cela ne vous suffit pas, la seconde salve saura, sans nul doute, vous faire entendre raison, à coup de Give up the Ghost, Nasum, Between Us ou Voice of a Generation. Vous aurez même le droit de trinquer un coup sur le dernier morceau en chantant (fort!) "No one likes us" avec nos amis hooligans de The Business. Voilà, c'est tout... Pour le 1er CD!! Si vous êtes sorti sain et sauf de l'écoute des 24 morceaux du CD1, Burning Heart se charge d'enfoncer le clou et pas avec n'importe quoi, voyez plutôt: des reprises de Minor Threat (Division of Laura Lee), d'Iggy Pop (Turbonegro), de Refused (Nasum!), de SOD (Nine), de The Pioneers (Club Killers) et d'Asta Kask (Millencollin, avec une petite visite du défunt Mieszko de Nasum... Attention ça arrache!!); des featurings à n'en plus finir (contribution de membres de At the Gates, Entombed, Breach, NOFX, Soundtrack of our Lives, The Haunted...); un remix ("Armed Love" de T(I)NC par Blacksmoke) et deux "simples" inédits (eh oui, on devient difficile!): The Lost Patrol Band et Moneybrother/Looptroop. Ouf! C'est (vraiment) fini! Si vous ne savez pas par quel bout commencer, je vous donne un truc: de la même manière que je vous conseillerais d'aller voir du côté de Temple Bar pour une 1ère visite de Dublin, vous pouvez, pour donner le ton, ouvrir le bal avec la reprise de SOD par Nine (+ Entombed / The Haunted). Désolé, je ne suis jamais allé à Stockholm ni à Goteborg...

     38 titres, rien à jeter et, ah oui au fait, le tout pour moins de 9€: y'a vraiment de quoi se la faire, cette Heart Attack!!

www.burningheart.com 

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Published by Sacha Disto - dans CHRONIQUES
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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 11:20

 - AMPHITRYON (doom death) recherche toujours un batteur. Le nouvel album, Sumphokéras, sortira prochainement chez Thundering Records.

- DEVIANT SURGEONS (brutal death), après avoir mis le feu au CJC de Boulogne/mer le 15 avril dernier, en compagnie des excellents NÜRGGLE (deathcore) et SIDDHâRTA (métal onirique), reviendra hanter Le Détour à Lille le 29 juin.

- Pierre, Le chanteur de NÜRGGLE, arrive dans AMETHYSTE (brutal death). Greg se consacrera essentiellement aux parties de guitare.

 

- CLEVER CLOUD (rock mélancolique et psychédélique) a ouvert une page myspace. 4 titres sont à découvrir: www.myspace.com/clevercloud

 

- DSK (ultra death metal), après être revenu de concerts donnés en Allemagne, en Autriche et à Paris, a bouclé son Rock'n'Roll Fighters On Tour chez lui à Amiens. Le groupe devrait s'atteler à la préparation du nouvel album.

 

- BéZuKrY (headbanging schizophrenic metal) a commencé les répétitions avec un line-up complet: Hugh Grunt (demoniak vocal madness), Gene Eco (groovy thrashing riffing), Sacha Disto (heavily deranged chords), Tommy Litre (warlike drumming) et Nikos Alabhass (hardcore-spirited bass). Le groupe travaille sur les morceaux du 5 titres Children of Madness et devrait appréhender les nouveaux d'ici peu.  

 

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Published by Sacha Disto - dans INFOS
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27 mai 2006 6 27 /05 /mai /2006 16:42

 Century Media / 2000

      Des groupes de death, il en existe un paquet, tout le monde s'accordera à le dire. A partir de là, difficile de se démarquer et d'attirer l'attention, à moins d'être précurseur (ex: Carcass), novateur (Cephalic Carnage, Coprofago), respecté (Morbid Angel, Cannibal Corpse), plus extrème que les autres (Hate Eternal, Mortician), plus doué (Death), plus charismatique (Six Feet Under) ou encore plus technique (Necrophagist). Ce 3 titres sorti par la dream team de Bloodbath s'apparente en fait un peu à toutes ces catégories, et a su apporter un véritable renouveau au genre en magnifiant ce qui avait fait son succès jusque-là. Une fois n'est pas coutume, c'est le morceau inaugural (éponyme) qui crève l'écran; énorme voix, riffs cartons, breaks malsains, accélérations meurtrières, on n'est pas trompé sur la marchandise et ça envoie du gros à tous les étages. Avec un son de gratte comme on en espérait plus depuis les premiers Dismember, "scie-sauteuse style", et des compos agencées avec un savoir-faire et un feeling incomparables, Bloodbath (c'est-à-dire les légendaires Dan Swanö et Mikael Äerfeldt, plus des membres de Katatonia) injecte à l'époque, en tout juste 13 minutes, un death metal bien old school salvateur dans lequel on retrouve tout ce qui a pu faire le succès du métal de la mort (scandinave essentiellement) bien direct du début des années 90. Les 2e et 3e morceaux, s'ils s'avèrent moins marquants que Breeding death (mais l'entreprise était ardue), restent deux pains dans le crâne à éviter un lendemain de cuite. Quant aux covers (celle de l'album et celle du cd), elles sont somptueuses (dans leur style!) et complètent parfaitement l'atmosphère old school dont se réclame ouvertement le groupe. Resurrection through carnage et Nightmares made flesh, les deux albums qui succédèrent à ce mini-cd, sont ensuite venus confirmer la qualité et la personnalité plutôt uniques de ce projet, dont on espère une nouvelle sortie le plus tôt possible. En attendant, vous avez toujours le choix entre les deux skeuds que nous venons d'évoquer, les derniers Katatonia, excellents, la discographie récente de la "team" Akerfeldt, Opeth (il y a de quoi faire!), et les dernières incarnations de l'inspiration de Dan SwanÖ (l'album "Moontower", le groupe Nightingale, etc). Et si vous ne jurez que par le old school, rien ne vous empêche de vous replonger dans "Brave murder day", "Morningrise" ou "Crimson". Cependant, n'oubliez pas le petit dernier de la bande, notamment ce premier mini et son fabuleux 1er morceau. "Breeding deeeeeeath!!"

www.bloodbath.biz urrection Through C

 

 

 

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 23:04

 Displeased Records / 1995

     Aaaah, Solar lovers... C'est certain, on n'est pas en train de parler de Mortician, que personne ne soit dupe. Si vous avez entr'aperçu l'expression "voix death" dans cet article et que vous vous êtes précipité, avide de chair fraîche et de sang, il va falloir revoir vos ambitions à la baisse... Et ce plutôt deux fois qu'une (rassurez-vous néanmoins, ce n'est que partie remise). Ce que Celestial Season nous propose en 1995 avec ce 2ème album, c'est un doom death extrêmement subtil, racé, ultra mélancolique, novateur, bref... Inoubliable! Ces néerlandais, désormais malheureusement séparés, ont quand même eu le temps avant leur split de sortir 5 albums, plus d'autres sorties comme le légendaire EP Sonic orb que je n'ai pas entendu depuis presque 10 ans mais qui m'avait mis une claque inoubliable à l'époque, et qui m'avait accessoirement fait me familiariser avec ce nom qui allait me marquer considérablement: Celestial Season. Du death doom de ses débuts (Forever scarlet passion) au stoner psyché pratiqué sur Orange et vraisemblablement sur ses deux derniers efforts (c'est comme ça qu'on dit hein) (y'a "opus" que j'aime bien aussi), Chrome et Lunchbox dialogues, le groupe a vu sa musique se métamorphoser de façon importante mais a toujours réussi à marquer les esprits. En ce qui nous concerne ici, ce qui est remarquable dans Solar lovers est que les morceaux qui le composent font office d'instantanés montrant un groupe s'éloignant de l'obscurité de ses débuts mais pas encore parvenu au côté plus rock'n roll d'Orange. Le résultat de cette mutation inachevée: un doom lancinant avec de pures mélodies et un son (de gratte notamment) assez hallucinant, parsemé de magnifiques passages de violon, mais dont la voix bien gutturale nous rappelle que les abysses n'ont pas encore été totalement délaissées. A ne pas mettre entre toutes les oreilles pendant une certaine partie de l'année (si vous n'avez pas le moral un 20 novembre bien brumeux, je vous le déconseille pour égayer votre soirée), Solar lovers est un album intemporel qui possède ce je-ne-sais-quoi de magique, qui fait qu'on le retient plus qu'un autre... Peut-être cela vient-il de sa formidable reprise du "Vienna" du groupe Ultravox (également repris par Clawfinger plus récemment), du gros son de guitare bien rock mais bien gras, plutôt atypique dans ce style musical mais parfaitement bienvenu, ou encore tout simplement de la qualité impressionnante des compos. Un disque magistral pour un groupe à part, qui n'allait pas s'en tenir là au niveau surprises, avec notamment  un Orange des familles, dont l'un des seuls dénominateurs communs avec son prédecesseur s'avère être, sans surprise cette fois-ci, la classe.

http://www.zenial.nl/html/celestia.htm

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 16:40

 Autoproduction / 1999

     Groupe très prometteur dont les qualités n'avaient pas échappé à la presse spécialisée (Hard'n Heavy l'avait placé au rang des meilleurs espoirs français en 2002), Aeons est un pur produit de la scène métal nordiste, avec tout ce que cela peut induire d'aptitude à innover et à surprendre. Ce qu'ils ont pu démontrer avec Supergreen, leur 1e album sorti en 2OO2), les membres d'Aeons l'avaient largement fait entrevoir avec Hegire, leur 1e démo 3 titres (1999). Rien que le morceau inaugural, "One step travel", constitue un magnifique pavé de 5 mns, où l'on s'en prend plein la tête, et qui donne à cette démo un aspect collector mais surtout indispensable puisqu'il ne figure pas dans Supergreen. Véritable morceau d'anthologie, "One step travel" est comme son nom l'indique un véritable voyage,  à la fois rageur et onirique, alternant déferlante de riffs forçant le headbanging et passages mid tempo permettant au morceau de s'aérer quelque peu, tout en mettant en valeur les parties plus déchaînées. A cela s'ajoute un clavier conférant un aspect électro qui sied parfaitement au reste, et qui contribue largement à l'ambiance futuriste du tout, qui est également façonnée par certains effets sur la voix. Au niveau de celle-ci, le chanteur oscille entre parties death à la Stéphane Buriez et parties en voix claire, le mélange s'avérant très efficace, d'autant plus que le 3e aspect décrit auparavant, les plans avec effets, s'intercalent parfaitement dans l'ensemble. Le résultat est remarquable, on pense globalement à Loudblast ou SUP pour les influences (rien d'étonnant pour un groupe basé à Dunkerque) mais, au niveau du résultat même, on peut par exemple rapprocher "OST" d'un autre morceau d'anthologie, "Mirror's paradise" de Kovenant (dans Animatronic): même éclectisme, même diversité, même changements de tempo, même variations déroutantes dans la voix, et donc même conséquence, un air qui reste dans la tête sans arrêt. Ceci dit, Aeons est largement assez créatif pour que l'on le considère comme géniteur de sa propre musique, personnelle et inventive! Pour ma part, si je devais partir sur une île déserte avec une compil d'une vingtaine de titres, ce morceau y trouverait sa place sans problème! Les choses se poursuivent dans le même esprit avec "Djihad" (que l'on retrouve dans Supergreen, dans une version un peu remaniée), qui déboule tel un rouleau compresseur grâce à la double d'Arnaud (SALUT ARNAUD!!!) et à un riff une nouvelle fois très efficace. A l'instar du premier morceau, "Djihad" est très entraînant grâce à des lignes mélodiques très judicieuses, des rythmiques puissantes et un chant versatile à souhait. Je crois me rappeler que le groupe appréciait beaucoup un groupe comme The Gathering, et à écouter la fin de "Djihad" il ne fait aucun doute que l'évolution des néerlandais n'a pu que le ravir. En effet, ce 2e morceau se conclut par une partie très atmosphérique, annonciatrice de la teneur du 3e et dernier morceau d'Hegire, pièce de 6 mns pendant lesquelles se développe une ambiance très calme, très éthérée, envoûtante et hypnotique, où l'on ne retrouve aucune attaque frontale, aucun cri, aucun riff dévastateur. Témoin des facultés d'Aeons à maîtriser son sujet, "Alcyone 8" est également la démonstration de l'éclectisme du groupe et de la diversité de son orientation musicale. Supergreen confirmera en 2002 cette alternance entre agressivité et sérénité, pour un résultat encore une fois très probant.

Verdict: énorme! On attend la suite, apparemment plus ou moins imminente, avec impatience.

http://aeonside.free.fr/

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