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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 22:51

 

 

2011/Autoproduction

 

Plongeons-nous sans plus attendre dans cette première livraison longue durée de Nocturn Deambulation. Nous sommes accueillis par une superbe intro « cirquesque » au clavier, claire invitation à entrer dans un univers à part. C'est à du black mélodique que nous sommes ensuite confrontés, on pense alors s’éloigner du thème de départ mais les plans saccadés et les nappes de clavier ressortent le côté décalé du placard ; après une rupture, le morceau repart pour une « seconde vie » avec une voix claire typée viking/folk, à la Solefald ou Vintersorg. Chouette, maintenant on en est sûr, cet album va nous offrir notre dose de musique originale voire barrée pour la journée ! Avec « Thud », c’est reparti pour ce qu’on pourrait appeler du black grand-guignolesque, vocaux black et atmosphère onirique, mélodies inspirées, idem pour les soli, nombreux. Ah oui, nous avions oublié de préciser que Nocturn Deambulation se revendique de groupes gentiment techniques dans la veine de Necrophagist et ça s’entend ! Un plan « killer » vient casser le rythme, avant de céder sa place à de nouvelles parties black/folk, puis au riff de départ… Mais dans quel drakkar nous sommes-nous embarqués ??

A ce stade de l’écoute, la messe est parfois dite pour nous autres chroniqueurs, qui pouvons clore l’affaire par une remarque laconique du genre « pour les autres morceaux c’est pareil, et ils eurent beaucoup d’enfants… »

Ici, c’est une autre paire de manches. Le chemin est tortueux et truffé de surprises qui ne manqueront pas de ravir les métalleux (et mélomanes au sens large, cible avouée de Frédéric, l’instigateur de ND) amateurs de melting-pots musicaux.

Les plages restantes débarquent ainsi avec leur lot de surprises, qui ne tardent pas à se manifester puisque dès le morceau suivant, le superbe chant clair de Frédéric reçoit l’apport d’une voix féminine.

S'ensuit une longue et belle plage de piano, agrémentée de parties de clavier. Immédiatement, nous pensons au premier Solefald, l’inénarrable The Linear Scaffold, et ce n’est pas le poignant chant de possédé qui ouvre « Dream of a sick Imagination » qui nous fera penser le contraire. Le duo norvégien n’est pas loin mais la référence doit être prise au sens global, pas de pâle copie ou piètre tentative d’imitation ici, ce qui fait la force de ND, c’est sa capacité à tisser sa propre toile et à surprendre l’auditeur grâce à une maîtrise instrumentale, un sens de la composition et une inspiration sans faille. Frédéric a mis ses glorieuses influences au service d’une musique nouvelle et d’une œuvre unique. Il suffit d’entendre ces riffs qui pourraient sortir d’un album de Death ou d’Origin venir interrompre des ambiances enjouées ou malsaines (parfois les deux !) savamment orchestrées pour se rendre compte de l’ampleur et de la qualité du travail fourni. Travail qui trouve toute sa récompense dans le produit fini que représente ce « Grand Opening », en espérant que le public sache lui aussi valoriser cette entreprise audacieuse et novatrice. On connaît le sort généralement réservé aux disques qui sortent un peu trop des sentiers battus, mais avec une grande réussite comme c’est le cas ici, on reste en droit d’espérer que les afficionados d’expériences nouvelles et de musique demandeuse en attention (« couplet refrain couplet refrain ? Connais pas ») se manifestent et montrent un vif intérêt devant ce skeud dont on parlera sans nul doute très longtemps. Un skeud qui s’achève dans le même bonheur qu’il avait commencé, l’antépénultième « Tears of old Tree », nouveau morceau mélancolique « à cordes », introduisant le bouillonnant « Watchmaker’s Cogs », fusion de plusieurs styles comme le black symphonique, le black mélodique et le death technique, et le très beau « Acherontia Atropos », point d’orgue de ce premier album en forme de ballade en arpèges virant à la cavalcade guitaristique au sein de laquelle les envolées, de tout premier plan, achèvent de nous faire atterrir, aidées en cela par le clavier enfantin nous replongeant une dernière fois dans le monde du cirque.

Frédéric Modine signe ici un somptueux pavé que chaque explorateur musical, chaque aventurier auditif se doit de découvrir. Mettant à profit son riche « background » de musicien (avec des modèles issus du death technique ou du classique comme Malmsteen, Haendel, Bach…) et fort de ses récentes influences pour la composition de « The Grand Opening » (Between the Buried and Me, TDEP, Poison the Well, 1349…), l’ex-chanteur de And Summer Dies (groupe déjà connu des « Yargladiateurs » et chroniqué l’an dernier) a réussi un véritable tour de force. En toute objectivité, il semblerait bien que ses oeuvres soient destinées à finir au panthéon des disques de métal extrême mêlant ambition, grandiloquence, technique, originalité, éclectisme et folie. En tous cas, c'est ce que réussit sans l'ombre d'un doute « The Grand Opening », s'extirpant avec brio des innombrables rejetons d'une scène métal actuelle parfois bien sclérosée... Passer à côté serait tout simplement impardonnable.

 

http://www.myspace.com/nocturndeambulation


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