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Dimanche 14 juin 2009


Season of Mist/2009

Formation ayant fait ses premiers pas en 2006, Memories of a dead Man nous avait déjà gratifiés d’un E.P. mémorable en 2007, qui nous faisait augurer du meilleur pour l’avenir du groupe ; celui-ci avait en effet placé la barre très haut, avec, notamment, un morceau inaugural de toute beauté, "Sin Eater" (voir chronique sur nos pages). Très logiquement, c’est avec fébrilité que nous avons découvert ce premier album, Beyond the Legend.  Comme cela peut arriver, il s’avère que les premières démos et mini-cds servent parfois de tremplin et de laboratoire aux groupes, qui cherchent leur orientation, leur voie, et expérimentent pour dessiner une ligne de conduite plus ou moins définie et définitive. Ainsi, MOADM paraît avoir trouvé son créneau après avoir sérieusement envoyé le bois sur le mini, un créneau qui leur ouvrira certainement de nombreuses portes mais laissera peut-être quelques fans de la première heure dubitatifs. Pour ces derniers, je parle uniquement de ceux qui ne jurent que par les accélérations meurtrières mais néanmoins jouissives qu’on se prend en pleine face sur "Sin Eater"… Car pour tout le reste, comme dirait la pub, il y a, non pas Eurocard Mastercard, mais Beyond the Legend. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que cet album est un travail d’orfèvre en matière d’amalgame métal-postcore et d’alternances lourdeur-finesse, et risque tout simplement de faire date dans l’histoire du genre, entre autres au niveau hexagonal. C’est tout simplement à un magnifique rouleau compresseur que vous devrez faire face si vous choisissez de tenter l’expérience, un rouleau compresseur débordant non seulement de puissance mais aussi d’émotion, capable de mêler force de frappe et moments d’accalmie de la meilleure des manières. Le premier morceau illustre bien cet alliage entre force et calme, entre agression et subtilité. Absolument brillant, il constitue une invitation à se risquer dans ce monde d’ombre et de lumière tout en annonçant de façon presque exhaustive la teneur des chansons qui vont suivre ; bloc effectivement extrêmement compact que ces douze titres, desquels je me garderai bien d’extraire un morceau au profit d’un autre, tant ils me paraissent similaires et complémentaires, voués à un seul et même but, consolider cet imposant voire effrayant édifice qu’est Beyond the Legend. Mis à part "Draw my Faith", un instrumental faisant office d’intermède, rien ne vient véritablement différencier les composantes de cet album, qui ont tous en commun d’être à la fois telluriques, fouillées, hardcore, soignées, métalliques, fondées sur l’alternance yinyangesque du bien et du mal, des passages pachydermiques sur fond de chant écorché (rappelant Gilda d’Aeons ou le sieur Buriez de Loudblast) et des plages mélodiques soutenues par un chant clair, quand chant il y a. Ce qu’on entend nous donne l’impression d’être composé et joué par des vieux de la vieille maîtrisant les rouages de leur entreprise à tous les niveaux, une sorte de mystérieuse Dream Team (à part D., ayant officié dans Sin, pas d’infos quant au background des musiciens) débarquée sur Terre pour en mettre plein la vue à tout le monde, non pas en s’exhibant à coup de riffs ronflants et de mosh parts, mais bien en démontrant qu’un cd de trois quarts d’heure peut mettre tout le monde sur le cul sans pour autant posséder le single ou la chanson qui tue et reste durablement dans les mémoires (souvent au détriment du reste de l’album d’ailleurs). Ici, point de démonstration, juste du savoir-faire, une grosse ambition (visible au premier coup d’œil : artwork, photos, page myspace…) et un sacré professionalisme, le tout au service d’une passion à coup sûr débordante et d’une volonté de proposer un skeud homogène et destructeur, monolithique, sans faiblesse apparente. Tout juste note-t-on le featuring de membres de Revive, The A.R.R.S. et Lokurah aux backing vocals sur "Acted out", mais il était dit que rien ne volerait la vedette, même ponctuellement, à cet album et à ses géniteurs. Comme l’artwork, superbe et énigmatique, ne gâche rien, et que les paroles se situent largement au-dessus de la moyenne, c’est la mention très bien pour ce premier jet officiel qui, vous l’aurez deviné depuis longtemps, s’avère être un putain de coup de maître.

www.myspace.com/memoriesofadeadman

Par Sacha Disto - Publié dans : CHRONIQUES
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