YARGLA
Webzine muzikal eklektik
Autoproduction/2009
Une très belle plage de piano en guise de tapis rouge, nous voilà accueillis en grande pompe par les Français de And Summer Dies pour ce 6 titres qui succède à Eternal Soul, leur premier effort sorti en 2004, et qui appellent beaucoup d'autres productions. En guise de guide, un bref mais néanmoins superbe solo nous invite ensuite à pénétrer dans cet univers sombre et personnel, et nous nous exécutons avec un plaisir non feint. Ayant justement, par pur hasard, écouté le premier Arcturus et visionné leur dvd juste avant de finaliser cette chronique, je n'ai pas été dépaysé à l'écoute de cet E.P., tant la musique proposée s'inscrit dans le même esprit. D'autres noms, comme ceux de Solefald et de Covenant (époque pré-"The Kovenant", sur Nexus Polaris), sont à rapprocher de la musique de And Summer Dies, sans compter les influences originelles du groupe (Opeth, My Dying Bride, Yearning, Katatonia) et les formations correspondant à l'état actuel de sa musique (Arcturus donc, mais aussi Dimmu Borgir et Winds). Rythmiques variées, chant clair intervenant à bon escient, le décor est posé: nous avons affaire à un black éthéré à vocation plutôt originale. A l'écoute des premiers morceaux, aérés, agressifs et oniriques, on se dit que l'on se dirige certainement vers un test d'entrée parfaitement réussi pour l'entité. Et on a raison. Les gars connaissent la marche à suivre et savent la mettre en place, leurs influences sont présentes en filigrane mais ASD cherche clairement à se créer son identité propre, à faire du neuf avec des recettes ayant fait leurs preuves. Quoi qu'il en soit, nous avons de toute évidence plus besoin de nouveaux Arcturus ou Solefald que, disons, de groupes de métalcore par exemple. On ne peut pas dire que le créneau soit bouché, notamment en France, alors que d'autres styles sont sur-représentés. Malgré cela, si ASD finit par s'imposer, ce ne sera pas par défaut, tant ses membres font preuve de maîtrise voire, par moments, de brio. Chant agressif comme chant clair sont parfaitement assurés et les instruments (à noter la présence d'un clavier) sont loin d'être en reste. Quant aux idées, elles sont nombreuses. Certaines parties démontrent un potentiel "destruction de cervicales" élevé en concert (vous voulez un échantillon? Jetez une oreille sur le break de "The Pride of God"). Inversement, l'apparition de guitares en son clair ("Glacial Existence") permet de calmer brillamment le jeu, ainsi que d'accentuer l'impact des parties déchaînées. Ce 6 titres se clôt sur un "And Summer Dies" épique et grandiloquent (11 minutes, quand même) qui ne viendra pas altérer le jugement que l'on s'était construit: indéniablement, And Summer Dies est promis à un bel avenir s'il continue à nous fournir des enregistrements de cette qualité. Il ne tient plus qu'à vous d'aller découvrir par vous-même ce disque sacrément bien torché, par ailleurs téléchargeable gratuitement sur leur page myspace!