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Mardi 8 juillet 2008



2008/Don't trust the hype

 

Voici la deuxième démo pour mes anciens comparses de Netfastcore, membres de la confrérie BSM hardcore (« BSM » pour Boulogne sur Mer, mais aussi pour Berck sur Mer d’où nous viennent Forty ‘Oz... Mika fait d'ailleurs une apparition sur le dernier titre, me semble-t-il). Le style a évolué depuis les débuts du groupe, que l’on pouvait qualifier de principalement old school. Grâce à ses influences plus récentes, le Netfast nouveau est un monstre hybride proposant un mélange de deathcore, de mosh parts et de plans que l’on qualifiera de « modernes », pour un rendu global très efficace. L’énergie est aisément perceptible et on devinera que les Boulonnais doivent être vus et entendus live pour se rendre vraiment compte de l’impact de leur musique ; ce qui est vrai pour la plupart des groupes de hardcore l’est particulièrement pour le sextuor (putain on dirait le nom d'un film de Schwarzy) qui démontre toute sa puissance sur scène, notamment par l’activité débordante et complémentaire de ses deux maîtres-hurleurs, GG et Golgate. Le premier balance des voix death ultra graves pendant que le second expulse des cris perçants, hystériques soit, mais parfaitement adaptés au fond sonore. Ce binôme est sans aucun doute l’un des points forts de Netfastcore… Une autre des qualités du combo est sa force de frappe, sa justesse et son efficacité dans la composition. Ici, à la différence de certains autres groupes présents sur nos pages, la volonté n’est pas de se démarquer par tous les moyens de ses petits camarades, mais plutôt d’envoyer la purée de riffs et de hurlements afin de défourailler sévère, ni plus ni moins. La tendance n’est pas non plus de copier ses modèles, attention, mais les membres de Netfast ont une ligne de conduite musicale qu’ils entendent respecter, avec certaines influences bien enracinées (d’abord le hardcore new yorkais de légendes telles que Sick of it all ou Madball ainsi que la scène locale –Drebbins, Devil Dance, 40 ‘Oz –, puis progressivement le metalcore de Caliban ou Walls of Jericho). Selon leurs propres termes, leur musique est devenue « plus sombre et violente » ; la diversité n’en est pas moins présente, comme sur le 4e morceau où se succèdent intro « carton », plan plus lent, accélération death et, enfin, partie émo, rafraîchissante après ce déchaînement de brutalité. Tout cela s’avère très convaincant, sachant que le reste se montre à la hauteur de ce morceau, avec ce qu'il faut d'alternance entre violence et mélodie. Le son est bon, la pochette vraiment cool alors aucune raison de bouder ce 5 titres! Encore moins cher qu'un paquet de clopes et beaucoup moins dangereux (sauf si vous vous risquez dans leur "wall of death" en sens inverse! Chauffard, va!)

www.myspace.com/netfastcore

Par Sacha Disto - Publié dans : CHRONIQUES
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Mardi 8 juillet 2008

 


2008/Autoproduction

En avant pour ce 12 titres des Dijonnais d'IFS ("In Free Structure"), Inner Stories, qui constitue leur premier album. Globalement, pour vous situer la bête, on a droit à du bon thrash/power marqué par de nombreux changements de rythme et par une bonne production.

On devine rapidement la volonté du groupe d’offrir une musique diversifiée, puissante mais sachant également ménager des parties plus calmes (pour mieux repartir de plus belle ensuite, cela va sans dire). L’ensemble est très carré, ce groupe semble réellement taillé pour la scène, où il doit probablement prendre une dimension encore supérieure.

Il n’apparaît pas forcément très pertinent de détailler les morceaux un par un: ces derniers peuvent en effet être considérés comme formant une unité, un bloc homogène. Néanmoins, chacun possède ses passages marquants : retenons, par exemple, la dynamique explosive de « Am I mad » (chant possédé et riffs bétons), l’intro du superbe « Remember » (d’abord hypnotique puis hyper catchy) puis ses harmoniques doublées d’un chant parfaitement rythmé, ou encore le « deftonesque » « Fight just you have to do » avec ses plans dissonants.

Fort de sa soixantaine de concerts, parfois avec de grands noms nationaux, IFS veut continuer de grandir et dépasser ses frontières. Les Bourguignons, avec qui il doit être sympa de taper le bœuf, puisent principalement leurs influences dans la scène « métal moderne » américaine (Machine Head, Dry Kill Logic, Devildriver, Chimaira…) mais leurs horizons n’en sont pas étroits pour autant (Textures, Sidilarsen, le dub français). Cela se ressent indubitablement dans leur musique, on sent une entité profondément désireuse de varier les plaisirs et il serait erroné de les cantonner dans un quelconque carcan en « -core ». Comme ils le disent eux-mêmes dans leur bio, cet aspect, s’il est prépondérant chez IFS, n’en représente pas moins qu’une facette, importante certes, mais indissociable des côtés plus ambiants et atypiques.

Le niveau est très bon, les musiciens se sont bien amusé tout au long de cet Inner Stories et ils se sont montrés vraiment inspirés. Résultat, c’est un excellent skeud que nous tenons entre nos mains, qui en appelle d’autres, de même qu’il demande à ce que In Free Structure soit vu en live. L’ascension d’IFS paraît irrémédiable s’ils continuent sur cette voie, ce qu’on leur souhaite vivement !


www.myspace.com/infreestructure 
Par Sacha Disto - Publié dans : CHRONIQUES
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Mercredi 9 avril 2008


2007/Autoproduction

Ici, je n’aurai pas besoin d’argumenter pendant des heures. Les hardcoreux de Forty Oz sont issus de la Côte d’Opale, moi aussi, ils sont même de Berck/mer, moi aussi (oui, oh, bon, ça va, on va pas chipoter, Rang-du-Fliers Verton Berck 2 minutes d’arrêt, correspondance pour Berck par autocar), alors 40 'Oz, c’est bien et pis c’est tout !

(2e référence à Philippe Lucas dans les lignes de Yargla, je commence à me faire vieux)

Pour la plupart des bons cds, on peut dire qu’on pleure deux fois : quand on les achète (19,90€, aheeeeeeem) et quand on les écoute (huuuuuum, c’est bon). Ici, on ne pleure qu’une fois, voir deuxième raison. Le cd est pas cher, le groupe se fait fort de proposer sa musique à un prix attractif, force est de constater que même un parc d’attractions ne saurait rivaliser en matière de magnétisme, en plus ici pas besoin de faire un prêt sur 25 ans pour payer le parking (« Ba-ga-teeeeeeeeel-leuu, pour les nantis élégants… »)

Ceci dit, je n’ai rien contre les baggy, ils doivent être légions aux concerts de 40 ’Oz.

Sur ce 7 titres, attendez-vous à en prendre plein la gueule pour, donc, presque pas un rond, les morceaux sont à la fois hyper rentre-dedans et empreints de mélodie, voire de mélancolie sur certaines parties (intros notamment) ; les changements de rythme se posant là pour aérer le tout, pour le plus grand bonheur de l’auditeur avide de sensations et de diversité. Les chansons existent en tant que telles et sont loin de n’être qu’un assemblement de riffs, elles forment un bloc compact qui fédère par son côté catchy et in your face. 40 ‘Oz a eu le temps d’élaborer ses morceaux au cours des multiples concerts donnés (majoritairement mais pas seulement) dans la région, on sent qu'ils bénéficient d’un aspect paradoxalement réfléchi, malgré l’énergie, la conviction et la violence qui s’en dégagent. Les parties de gratte s’avèrent plus que puissantes –quel son !!– et inspirées, le chant dévastateur et expressif (chant clair, gueulé, on entend même quelques cris hystériques chers à des groupes comme Envy) (apparemment un changement de line-up serait malheureusement survenu dans ce domaine récemment, à vérifier dans une prochaine interview…), la rythmique basse/batterie offrant l’assise nécessaire à une destruction en bonne et due forme. Chacune des 6 pistes (+ l’intro), dans un registre que l’on peut qualifier de teeth-breakin’ hardcore/metal with parties mélodiques bien senties, remplit son rôle avec (laffairlouiss) brio : divertir, émouvoir, faire headbanger le chaland qui, pour le coup, oublie d’être nonchalant…

Petit plus qui fait la différence, chaque piste vous reste en tête grâce à une mélodie, un chant, un break, bref vous reste en tête quoi, cherchez pas la ptite bête !!! Puisqu’on vous dit que… (J’arrête, je vais encore m’emporter, et en plus j’ai pas mes pilules sur moi…) Le tout est ultra entraînant, voilà ce qu’il faut se dire et ce dont il faut se rappeler. Riffs tranchants, vocaux hardcore surpuissants ou punk/rock rentre-dedans, tout y est. Ne cherchez plus…

Et n’oubliez pas d’aller les voir live comme on dit dans les milieux autorisés… Un conseil, si vous avez des lunettes, attachez-les avec un scooby-doooo… D’ailleurs, si vous pouvez, préfèrez-leur des lentilles, au risque de passer pour un fayot ou de vous entendre dire que vous vous la pètez…

Akate !! Gouto avin din dire du mal !!

www.myspace.com/40ozcrew  

 www.fortyoz.net
Par Sacha Disto - Publié dans : CHRONIQUES
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Mardi 8 avril 2008

2007/Troll's Production

Nous avons le plaisir d’accueillir un nouvel O.B.N.I. (remplacez « volant » par « bruyant »), le premier album des français de Yerban Kuru, qu’on nous présente sous la bannière « alternative noisy dub ». L’intro s’avère majoritairement instrumentale, mises à part de brèves parties parlées, et nous présente un dub lancinant se développant sur de multiples sonorités guitares/claviers. Au bout de trois minutes, ça commence à balancer la sauce, l’auditeur a droit à des rythmiques plombées, subitement interrompues. Un break que ne renierait pas Mike Patton… D’ailleurs, dans la continuité de cette veine surprenante/originale, la plage suivante s’ouvre sur un plan calme, limite jazzy, toujours avec cette voix déclamant un texte abstrait. L’impression est très agréable, on sent, on sait qu’il va se passer quelque chose. Avec l’intervention d’instruments tels que le melodica, le térémine ou le violon dans ce type de musique, il serait dommage de constater le contraire. On oscille entre ska et noisy rock pendant un moment, puis retour au son éthéré de ce jazz « wah-wahté » et envoûté (merci à ces sonorités de clavier qui auraient pu trouver leur place sur « S.O.S. Fantômes »). Aaaah, une gratte distordue et saccadée ! Youpi ! En plus, elle est accompagnée de notes déstructurées issues d’une autre gratte. Tout cela devait figurer dans Yargla : merci au groupe (et à son management) de nous avoir contactés, ce skeud sent la très bonne découverte à plein nez. Avec la 3e plage, on se prend à imaginer cet hybride de R.A.T.M. en bande-son de film (barré bien sûr, à l’image du groupe). Celui-ci ne cherche pas à battre un quelconque record de vitesse d’exécution, mais sait faire monter le tempo à l’envi. On croise des riffs de gratte bien carrés mais toujours distribués au compte-goutte, encore une fois au service de la musique, la batterie est inspirée et virevoltante, avec Poelvorde en toile de fond en train de brailler… Je le répète, ce genre de zik, chez Yargla on est archi-preneurs ! Finalement, l’atmosphère qui se dégage correspondrait également tout-à-fait à la bande-son d’une bonne soirée entre potes. Soutenu par une rythmique basse-batterie « rassurante » (attention gros son), le reste des instruments (y compris la voix) se balade ci et là, pointe son nez quand ça lui chante, s’éteint le temps d’un morceau complet pour mieux apparaître au suivant et offrir de l’air, une nouvelle perspective à l’ensemble. A première vue, tout paraît aléatoire, les sons surgissent, se tapissent, s’élèvent, disparaissent, mais ce sont plutôt les termes « imprévisible », « libre », « maîtrisé » et « frais » qui viennent en tête pour décrire le travail de Yerban Kuru. Rien ne se ressemble, on poursuit ce parcours initiatique le sourire aux lèvres, cette mosaïque, lancinante ou pas, et son évolution, tellurique ou spatiale, au choix. Les bonnes idées sont légions, comme ce chant indien fantomatique sur fond de riff dissonant, avant une conclusion tout en douceur, fallait y penser. Si vous ne savez comment arrêter de consommer certaines substances, je vous conseille vivement d’échanger votre addiction contre une autre à cette musique novatrice, qui fera parfaitement office de patch, un très bon substitut, comme disait mon ami procureur. En plus, avec ça, aucun risque de se faire choper à la douane…


www.myspace.com/yerbankuru

www.yerban-kuru.com
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Mercredi 12 mars 2008

memo-of-a-d-m.jpg

2008/Autoproduction

A l’image des bordelais de Warattah, très prochainement chroniqué dans nos pages, les franciliens de Memories of a dead Man font partie des sérieux outsiders capables, d’une part, de venir bousculer la hiérarchie du métal français et, d’autre part, de porter fièrement l’étendard de ce même métal français à l’étranger. A la croisée de plusieurs styles plutôt populaires ces derniers temps (rock, métal, post-rock, hardcore…), MOADM nous offre ici 5 titres intenses, puissants, hargneux, variés, réfléchis et, surtout, très beaux ; avec ce cd, ils réussissent brillamment l’amalgame de la violence et du calme, en conciliant attaques frontales, lourdeurs monolithiques et superbes plans en chant clair.

« Sin Eater », qui ouvre magistralement cet objet éponyme, représente à lui seul la quintessence de ce mélange de genres et la preuve que ce groupe peut aller très loin. En effet, ce morceau est tout bonnement impressionnant de maîtrise, d’inspiration, de maturité et, au final, d’efficacité. Reconnaissons que la tentation est souvent grande de sortir l’arsenal d’éloges dès que l’on entend de la musique bien faite, avec un bon son en toile de fond, mais ici, très vite, on se rend compte que l’on a l’occasion d’entendre quelque chose de gros et, c’est bien là le plus important, on sait désormais que « Sin Eater » va tourner en boucle dans notre playlist pendant longtemps. Dès l’intro, qui vous donne la chair de swimming poule, on a droit à une succession de plans aussi plaisants les uns que les autres. Son refrain hyper accrocheur vient contrebalancer les salves métalliques et les ambiances pachydermiques pour apporter un côté « tubesque » assez rare dans le genre. A ce titre, cet aspect mélodique, avec l’apport du chant clair, constitue peut-être l’arme fatale de Memories… , dont l’utilisation le différencie de ses célèbres prédécesseurs, Isis et Cult of Luna en tête.

Au cours du 5 titres, les morceaux détonnent par leur cohésion et leur efficacité. « Guilty », par exemple, nous emmène sur un terrain un tant soit peu différent de « Sin Eater », de par l’utilisation plus récurrente de la voix claire, tandis que « Cult of the black Sun » s’avère plus lancinant, avec son lot de guitares subtilement dissonantes, complétant à merveille les rythmiques « powerchordesques ». Incontestablement, il y a très peu de chances pour imaginer que l’on a affaire à un premier jet. Sur la longueur, cet E.P. tient admirablement la route sans que l’on puisse déceler la moindre faute de goût, et ce n’est pas « Deep in a Well of Madness », hypnotique et catchy à souhait (une gageure !), ni « The Lodger », qui termine d’enfoncer le clou avec l’épilogue du superbe duel entre les deux chanteurs et de nouveaux riffs à la fois lancinants, tranchants et agressifs, qui viendront prouver le contraire. Une réussite sur toute la ligne, qu’on vous dit…

On pourrait conclure que l’on tient là nos Cult of Luna ou nos Envy français, ce qui serait une très bonne nouvelle, à cela près qu’un groupe prouve également son talent en parvenant à se démarquer de ses illustres aînés, si bons, si glorieux soient-ils. Memories of a dead Man semble pouvoir s’affirmer rapidement comme une entité personnelle et originale, reconnue par ses pairs et capable de séduire les amateurs de tous bords par son éclectisme et ça, c’est une excellente nouvelle…

www.myspace.com/memoriesofadeadman

Par Sacha Disto - Publié dans : CHRONIQUES
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