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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 23:48
LUNEEGONDE-'Fables de pitié'

AUTOPRODUCTION/2019

 

 

Permettons nous un petit détour dans le Boulonnais avec un album un peu particulier, œuvre de Guillaume Dallery qui a su se forger une sacrée expérience au gré de divers groupes (Black Dust, Sweet Gorers, Belenos, Ondéelune, Letters Written On Dead Leaves...) et continue à exercer son art avec beaucoup de verve en véritable stakhanoviste.

 

Pour l'album du jour, le gaillard a ressorti en 2019 des morceaux des vieux placards puisque datant de 2007.

Ne les ayant pas encore mis au grand jour depuis, il vous faudra vous attendre à un monde barré très electro voguant sur plusieurs horizons du style puis des passages plus posés, planants, d'autres mélancoliques puis d'autres diaboliquement violents.

 

Comme dans beaucoup de ses projets, on reconnaît des touches mélancoliques tant sur la voix que sur les mélodies.

 

Je pense ici par exemple à « Gloves Made Of Water » qui propose un trip hop 'doom' avec des passages electro décalés à la Das Ich, l'ambiance reste inquiétante et le chant joue sur plusieurs tableaux : suave, plus pincé, guttural et lyrique. L'ensemble est théâtral à souhait.

 

Je pense également à « The Daughter Of Elements » où le désarroi s'allie à d'autres humeurs.

L'interlude folk augmente l'atmosphère calme et posée alors que la rythmique se pose de plus en plus lourde.

 

Sachant que ce projet a vu le jour avant Ondéelune, on peut se dire que ces deux morceaux auraient pu être de l'aventure pour ce futur projet.

 

L'oeuvre, en plus de cette touche mélancolique possède une certaine folie, tel un exutoire lorsque notre intérieur bouillonne et que le besoin d'hurler se fait imminent.

 

L'aspect théâtral s'avère balaise.

Prenez l'intro du morceau « Le Journal de Dieu » qui se passe dans une ambiance de vieux film d'horreur (un peu à la Notre Dame) symphonique avant de partir sur un trip electro breakcore bien barré à la Autechre.

Les nappes de claviers peignent une ambiance magistrale mais inquiétante, des nappes de grattes bien saccadées interviennent et cette rythmique toujours démente est appuyée d'un chant de damné avec ce quelque chose qui rappellera Dodheimsgard.

Le morceau est complètement fou : on passe d'un breakcore black barré d'une violence certaine à quelque chose de plus trip hop.

L'auditeur traverse un panel d'humeurs incroyable en un morceau à l'exécution spectaculaire comme sur « Old Enough To Be Forgotten » qui se fait très touchante comme « The Weather Will Be Grey ».

 

Chapeau aussi à « Return To Your Childhood Mode » et ce début electro oppressant et sombre également qui en fait le titre de plus inquiétant de l'album.

 

De la folie à revendre sur la courte et brutale « Plus rien... ». Black metal violent et pessimiste où le chant déclame d'une hargne déchaînée, ce morceau est un véritable concentré de haine explosive.

 

Vous serez touchés aussi par l'excellente orchestrale « Les Ténèbres de L'Harville » qui aurait pu trouver place dans un film de Tim Burton.

 

Lunéegonde a su produire une œuvre poignante où chaque titre est une histoire constituée d'idées et d'expérimentations très riches.

Il sait produire de par les multiples facettes black, electro, gothique un résultat aussi intéressant qu'explosif.

 

https://www.facebook.com/Lun%C3%A9egonde-270782976825973

Hugh Grunt

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