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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 15:50
OPHE-'Literas Ad Trista Maestrum Solitude'

MY KINGDOM MUSIC/2018

 

 

Place à Ophe , projet solo français dans lequel officie Bargnatt XIX, à cet album sorti en 2018 chez My Kingdom Records et ce sont au total cinq titres d’un black metal très avant gardiste et sombre qui sont proposés.

Sur le plan visuel, c’est vraiment bien foutu et les illustrations sont proposées par Jeff Grimal.

L’album est composé dans une ambiance aussi originale qu’intrigante et l’on se voit proposer cinq morceaux nettement plus axés sur le côté ressenti et atmosphère que sur une démonstration uniquement musicale (même si à ce sujet la technique est fort bien maîtrisée).

Prenons exemple sur l’excentrique « Somnum Sempiternum » qui vous fait traverser pendant plus de huit minutes un chemin inquiétant que lugubre.

Plein de passages différents, très peu de guitares mises en avant ou alors juste en légers arpèges, le tout surplombé d’une lourde batterie et de nappes dissonantes qui véhiculent une atmosphère planante. Le chant et hargneux et raw à souhait me rappelant au passage celui d’Edicius.

Tout au long du début de parcours, la batterie maintient un rythme de double constant et casse ce tempo sur des breaks plus grinçants pour mitrailler de blasts.

Saluons aussi la présence sur cet album du saxophone qui parviendra à ajouter un grain…que dis- je ?....un épi de folie délurée.

 

« Decem Vicibus » se pose comme une piste plus ambient au fond sonore assez malsain et obscur à souhait alors que le chant se fait parlé voire murmuré. Un titre planant et presque dérangeant qui pourrait sonner comme ce qu’il se passe dans la tête d’un tueur en série avant le passage à l’acte.

 

« XVIIII » démarre sur une touche world music rituelle sur laquelle se greffent quelques grincements du saxophone qui impose encore sa touche de schizophrénie. S’en suit un passage très lourd et décalé, le rythme oscille entre assommant et pêchu, puis les mélodies s’enchaînent toujours de manière peu commune, gonflant encore plus cette aura truculente.

 

« Missive… » est le titre le plus long de l’album mais également le plus progressif et il mélange si bien un black violent et incisif à des passage beaucoup plus rock prog psychédélique, passages que ne renieraient pas les amateurs de King Crimson ! Le ressenti est encore plus flippant sur ce titre, le chant conserve sa fougue hurlante mais évolue aussi sur des passages clairs. Ce morceau est véritablement possédé et pourra causer l’anéantissement de bon nombre de neurones.

 

En guise de conclusion à ce malmenage profond, « Cadent » vient vous accorder un léger répit étant proposé en acoustique sans fûts martelés, avec un riff hypnotique, des nappes de notes éléctriques berçant en fond puis un chant nettement moins possédé.

 

Un bien bon album de black metal original et maladif à foison, les ambiances sont terribles et pourraient ravir les fans de DHG et de Fleurety pour ne citer qu’eux. Excellent travail !

 

Hugh Grunt

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