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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 14:04
DRUG CULT-'Drug cult'

RITUAL PRODUCTIONS/2018

 

Si toi aussi tu es totalement désemparé devant la blague de plus en plus grotesque qu’est en train de devenir Electric Wizard, si toi aussi tu recherches les vibrations nihilistes et misanthropiques que le combo du Dorset a abandonné au fur et à mesure afin de devenir un groupe lisse et sans âme, si toi aussi tu dis que Dead Witches c’est bien, mais qu’il manque quand même le petit truc en plus pour t’extirper intégralement dans un cauchemar hallucinatoire, je te conseille de lire attentivement les lignes qui suivent, car Drug Cult risque bien de te redonner cette foi qui s’est étiolée avec le temps.

 

Drug Cult s’est formé en avril 2015 à Mullumbimby ( jolie petite bourgade de Nouvelle Galles du Sud en Australie), par Aasha Tozer au chant, Maggie Schreiber à la basse, Vin Steele ( ex guitariste et batteur de Wolfmother, Megaritual ( qui avait sorti l’excellent « Dreamfeeder » en 2017, fortement recommandé si vous aimez le psyché folk rock avec des fortes influences orientales), Sun Of Man  ( qui rappelons le a sorti un des meilleurs ep instrumental de l’histoire du Psyché/Desert/Stoner ) et Dale Walker ( également ex Megaritual et Sun of Man). Ce premier album éponyme est sorti sur Ritual Productions ( Ramesses, Bong, 11 Paranoias entre autres) et comporte 9 titres de ce qui pourrait être qualifié de «ritual smoked out doom »

 

L’oraison funèbre s’ouvre sur le titre le plus long de ce premier opus. « Serpent Therapy ». Dès les 5 premières secondes, le ton est donné. Une guitare lourdingue dégoulinante de fuzz, les patterns de batterie viennent porter la guitare lorsque celle ci est en sustain. On se sent en territoire connu, d’ailleurs cette introduction n’est pas sans rappeler « Supercoven » du Sorcier Electrique.

Arrive ensuite « Asasha Tozer », et c’est la que tout bascule. Avec sa voix envoûtante, théâtrale, limite tragique, est d’une profondeur merveilleuse. On se sent happé et on se laisse enivrer au fur et à mesure que les paroles sont débitées.

L’atmosphère est déprimante, pesante.

 

Si ce premier titre se veut assez classique dans sa conception, il n’est en rien annonciateur de ce que les autres morceaux ont à vous proposer. Si on reste en permanence dans une sphère lourdement influencée par le Doom, Drug Cult se permet de faire des incursions dans ,ce qu’on pourrait appeler, le Garage Doom sur des titres comme « The Wall ». Le tempo est plus soutenu, l’ambiance est cradingue ce qui nous donne l’impression d’être en pleine descente d’un mauvais trip, on ne peut que se retenir qu’à la voix enchanteresse qui tentera tant bien que mal de vous garder en contact avec une réalité qui est déjà violemment altérée par l’excès de consommation de psilocybine .

 

Autre éléments importants de cet album sont les lignes de basse de Maggie. D’une lourdeur pachydermique elle vous donne la désagréable sensation de vous prendre un coup de massue en pleine face à chaque note délivrée. Et les patterns de batterie de Dale Walker, si le style est coutumier d’une batterie monolithique et simpliste, il en est ici l’opposé, le jeu de Dale est léger, limite jazzy, ce qui a pour effet direct de laisser les autres instruments s’exprimer sans être bouffés par une caisse claire ou des cymbales omniprésentes.

 

Le meilleur morceau pour se rendre de la qualité des éléments suscités, est « Bloodstone », pièce maîtresse de ce premier album. La chanson débute par cette batterie si particulière, vient alors le riff de basse, composé de très peu de notes et d’une profondeur extrême. Le tout est accompagné par une guitare hallucinée, et une voix imperturbable répétant inlassablement et de manière obsédante les mêmes phrase. Un véritable rituel et une véritable ode aux excès en tout genre.

 

Si les influences sont perceptibles, Drug Cult vous emmènera en territoire connu mais aussi dans des contrées sonores vraiment personnelles et dans le style on sait que cela relève d’un certain tour de force. Si jamais des groupes comme Windhand, The Wounded Kings et autres joyeusetés dans le genre te font frétiller, achète au plus vite ce « Drug Cult », munis toi d’une grande feuille, ajoutes y ta Sativa , roule et allume le tout, appuie sur le bouton play de ton lecteur et profite de ce que la vie à de mieux ( ou de pire ) à te donner.

Doomyan

 

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