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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 21:49
NEVRASKA-'A Grave Romance'

 

Urgence Disk/Gabu Records/ En Vl'a Records/2016

 

Un petit tout vers Annecy avec aujourd'hui un duo hors du commun qui propose un savant mélange de styles puisque l'on passe d'un noise rock à des parties plus complexes math rock, du dub, en bref une bonne flopée de styles proposée par ce duo basse/batterie savoyard.

Suite à un deux titres (que l'on trouve d'ailleurs sur cet album :  « Liru » et « Nebula » sorti en 2014, le combo propose ici son 1e album.

 

Ce sont deux titres courts qui ouvrent le bal et éveillent les esprits. « Dux Bellorum » démarre sur un fondu à l'ouverture sur ces premières notes de basse, et là, la batterie s'emporte et part dans une folle aventure rythmiquement tribale et décalée.

Les notes ensuite se font hypnotiques alors que les roulements de batterie compressent littéralement.

 

Un début déjà convaincant auquel s'en suit « Nemesis » qui poursuit la cadence énergique et toujours math rock bien décalé. Le duo incorpore des choeurs qui posent une touche un peu world music et l'on revient ensuite sur une montée en puissance par le duo. Jusqu'ici déjà, les deux morceaux instrus proposés pèsent bien lourd car oui, les œuvres proposées par Nevraska sont essentiellement instrumentales.

 

On se laisse en suite voguer sur « Ordo Ab Kao » et son intro progressive qui laisse monter l'ambiance avant que l'on ne s'aventure sur un math rock au rythme plus rapide, puis l'on retourne dans cette agréable spirale ornée de dissonances et de samples (dont ce sample final qu'on entend également dans l'album « Dictated Aggression » des cultes M.O.D.) et cette finalité encore décalée.

 

Arrive ensuite « Reason To Claim » presque punk/noise avec du chant. L'ambiance est au dynamisme et l'appétissante pêche avec ce que l'on pourrait rapprocher d'un mélange entre Unsane et N.R.A.. Le duo balance ici quelque chose d'aussi lourd que dingue.

 

Le démarrage de « Kollapse » propose un aspect plus atmosphérique avec du contre temps et une mélodie répétitive puis des variations rythmiques un peu plus tribales. Un sample vient introduire ce qui s'avérera être une touche de folie accélérée où la caisse claire se fait malmener, puis un rock groovy revient naturellement s'accaparer de l'auditeur. Le final s'opère aisément au piano et adoucit l'ambiance..

 

On retrouve des vocaux sur la très bonne « Tomoe Gozen » où le ton math rock s'impose toujours. D'efficaces variations s'enclenchent et l'on maintient cette fougue. On saura apprécier le passage où les roulements de batterie incessants exécutent encore cette pauvre caisse claire alors que les riffs saccadent comme il se doit.

 

« Alkaline » balance un trip jazzy avant de rempiler sur une énergie digne de Duracell.

Ca déroule sec avec toujours autant de démence et le combo ose même inclure un trip dub avec des dissonances qui viennent ajouter un côté psychédéliquement hypnotique.

La variation des genres se fait avec une facilité étonnante et sans accroc, cette maîtrise renseigne bien sur l'expérience déjà acquise par le groupe.

« Nebula » alterne également ce côté à la poigne assurée à cet aspect plus en légèreté agrémentée de samples. On part ici sur un post rock jazzy avec encore l'intrusion de dissonances qui balancent un plus à l'atmosphère qui englobe ce titre.

 

Une expérience agréable également à l'écoute de « Malta ». La mélodie se répète mais elle sait rester accrocheuse tout au long alors que la batterie continue sur sa puissante poigne.

 

Des vocaux ressurgissent de « Runaway », le ton musical est toujours progressif et l'énergie se déploie selon les passages proposés et cet impact assure toujours une plaisante écoute.

 

On aurait pu croire que Nevraska aurait calmé le jeu, proposé quelque chose de plus down tempo. Ce n'était sans compter sur l'irréductible puissance des riffs et rythmes qui se plaisent à vous tenir plus qu'éveillés sur « Lirù ».

Toujours décalés, les passages proposés savent encore une fois se faire accrocheurs et entêtants.

 

Une sacré maîtrise, un son fort correct, une technique folle, de la pêche à revendre, Nevraska s'annoncent largement plus que prometteurs et permettent avec cet album dérangé et varié de passer un bien bon moment.

 

Hugh Grunt

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Published by Hugh Grunt - dans CHRONIQUES
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