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Mardi 30 juin 2009

Salut les gars! Premièrement, pouvez-vous vous présenter brièvement? D’où vous venez et quel est votre but avec And Summer Dies…

[Jérôme] And Summer Dies est basé en Vendée mais est composé de musiciens d'origines et d'horizons divers.  Le projet a vu le jour en automne 2003, suite à la réunion de deux projets distincts.
Suite à quelques changements de line-up, le groupe s'est stabilisé sous sa forme actuelle, il y a peu.
Le groupe est aujourd'hui composé de cinq membres, à savoir: Frédéric Modine au chant et aux orchestrations, David Blusseau à la guitare, Nasrollah Hitmi, lui aussi à la guitare, Jérôme Poissonnet à la basse et enfin Romain Blusseau à la batterie.
Notre but est de développer notre recherche musicale, de la faire partager sur album et en live et pourquoi pas à terme, être signé sur un label majeur du métal.





Vous avez sorti une première démo en 2004? Que pouvez-vous nous en dire? Quelles portes vous a-t-elle ouvertes?


Cette première démo a fait office de galop d'essai, la synthèse du travail accompli durant ces deux premières années. Plus tournée vers le death/doom/mélodique, elle n'a malheureusement été que très peu diffusée et n'a pas été chroniquée. Les avis étant cependant positifs, elle a été en quelque sorte l'élément déclencheur pour la suite.



Comment jugez-vous votre évolution depuis cette époque? En quoi The chaotic Chronicle est-il différent?

Depuis 2004, le groupe a travaillé sur différents axes de progrès tels que les arrangements et les solos, trop peu nombreux sur Eternal Soul.
Les influences que l'on retrouve sur The Chaotic Chronicle sont aussi plus variées, des blast beats et des claviers black sympho ont fait leur apparition, apportant encore plus de noirceur à notre musique.
Notre dernier opus est plus mature et plus abouti mais il y a encore beaucoup de choses à corriger.




Et en live? Quels changements vos (innombrables :-) ) fans ont-ils pu remarquer au fil des années?

[Frédéric] Jusqu'en 2008, ASD n'avait donné que deux concerts (problèmes de line-up récurrents), et nous venons d'entamer nos premiers concerts avec les nouveaux membres, il est donc difficile pour ceux qui nous suivent de pouvoir se prononcer sur l'évolution de nos prestations scéniques.




Comment définiriez-vous votre musique telle qu’elle se présente à l’heure actuelle?

[F] Notre registre tend vers le black/death métal symphonique. Néanmoins, cette classification ne peut être représentative de notre musique du fait que nous avons composé sans aucune restriction de genre.

Comment l’imaginez-vous idéalement dans quelques années? Quelles améliorations souhaiteriez-vous opérer?

[J] The Chaotic Chronicle constitue un premier virage dans la carrière du groupe, nous allons progressivement incorporer des plans néo-classiques, pianos et guitares dans nos futurs morceaux. Les structures, elles aussi, devraient évoluer pour devenir plus directes, les titres moins longs. Tout cela, vous aurez l'occasion de le découvrir sur notre prochain album.

Quels arguments invoqueriez-vous pour convaincre un métalleux (ou autre) indécis que votre 6 titres vaut la peine qu’on y pose une oreille attentive?

[F] Nous sommes conscients de ne pas révolutionner la musique extrême avec notre E.P., mais nous nous sommes efforcés d'y apporter de la fraîcheur et des touches d'originalité de par nos ambiances, nos mélodies et notre concept. Ainsi, si vous souhaitez plonger dans une rétro-projection à l'ambiance médiévale actionnée par une mécanique contemporaine, alors n'hésitez pas à tendre l'oreille.


Quels sont les groupes qui retiennent votre attention à l’heure actuelle à l’échelon local? National? International?

[J] Il est évident que je ne peux pas répondre à cette question au nom du groupe, nos influences sont tellement diverses. En ce qui me concerne, je citerais : Orakle, Shining, Septic Flesh, Frantic Bleep et Vulture Industrie.

Si vous deviez faire un split avec UNE formation, quelle est celle que vous choisiriez (peu importe la provenance)?

[F] Pour le moment  nous ne nous sommes pas arrêtés sur cette question, préférant nous concentrer sur l'avancée de notre propre formation. Nous n'avons pas de souhait particulier concernant le groupe qui travaillerait à nos côtés, cependant nous ne sommes pas réfractaires à d'éventuelles propositions.




Maintenant que nous avons fait le tour à propos de votre univers musical, parlons un peu de votre actualité… Par quels moyens comptez-vous faire parler de vous d’ici la fin de l’année? Et en 2010? La réalisation et la sortie du premier album, peut-être…?

[J] Le programme d'ici la fin de l'année est assez clair, nous avons plusieurs rendez-vous importants notamment au Ferrailleur et  des actions de promo sur le web prévues par nos net labels.
L'objectif premier est de tourner et d'aller à la rencontre du public afin de vivre notre musique.
En ce qui concerne 2010, nous allons entrer dans la phase de composition de notre premier album, qui devrait voir le jour dans l'année.



Je crois que j’ai fini de vous harceler avec mes questions, merci beaucoup de nous avoir éclairés! En vous souhaitant une excellente continuation et de nombreuses sorties de la trempe de The chaotic Chronicle, je vous quitte en vous laissant, comme c’est l’usage sur Yargla, avec le mot de la fin…

[F] Nous espérons que ceux qui auront apprécié notre musique seront présents à nos concerts afin de mettre le feu dans la salle!

www.myspace.com/andsummerdies

Par Sacha Disto - Publié dans : INTERVIEWS
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Dimanche 14 juin 2009


Season of Mist/2009

Formation ayant fait ses premiers pas en 2006, Memories of a dead Man nous avait déjà gratifiés d’un E.P. mémorable en 2007, qui nous faisait augurer du meilleur pour l’avenir du groupe ; celui-ci avait en effet placé la barre très haut, avec, notamment, un morceau inaugural de toute beauté, "Sin Eater" (voir chronique sur nos pages). Très logiquement, c’est avec fébrilité que nous avons découvert ce premier album, Beyond the Legend.  Comme cela peut arriver, il s’avère que les premières démos et mini-cds servent parfois de tremplin et de laboratoire aux groupes, qui cherchent leur orientation, leur voie, et expérimentent pour dessiner une ligne de conduite plus ou moins définie et définitive. Ainsi, MOADM paraît avoir trouvé son créneau après avoir sérieusement envoyé le bois sur le mini, un créneau qui leur ouvrira certainement de nombreuses portes mais laissera peut-être quelques fans de la première heure dubitatifs. Pour ces derniers, je parle uniquement de ceux qui ne jurent que par les accélérations meurtrières mais néanmoins jouissives qu’on se prend en pleine face sur "Sin Eater"… Car pour tout le reste, comme dirait la pub, il y a, non pas Eurocard Mastercard, mais Beyond the Legend. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que cet album est un travail d’orfèvre en matière d’amalgame métal-postcore et d’alternances lourdeur-finesse, et risque tout simplement de faire date dans l’histoire du genre, entre autres au niveau hexagonal. C’est tout simplement à un magnifique rouleau compresseur que vous devrez faire face si vous choisissez de tenter l’expérience, un rouleau compresseur débordant non seulement de puissance mais aussi d’émotion, capable de mêler force de frappe et moments d’accalmie de la meilleure des manières. Le premier morceau illustre bien cet alliage entre force et calme, entre agression et subtilité. Absolument brillant, il constitue une invitation à se risquer dans ce monde d’ombre et de lumière tout en annonçant de façon presque exhaustive la teneur des chansons qui vont suivre ; bloc effectivement extrêmement compact que ces douze titres, desquels je me garderai bien d’extraire un morceau au profit d’un autre, tant ils me paraissent similaires et complémentaires, voués à un seul et même but, consolider cet imposant voire effrayant édifice qu’est Beyond the Legend. Mis à part "Draw my Faith", un instrumental faisant office d’intermède, rien ne vient véritablement différencier les composantes de cet album, qui ont tous en commun d’être à la fois telluriques, fouillées, hardcore, soignées, métalliques, fondées sur l’alternance yinyangesque du bien et du mal, des passages pachydermiques sur fond de chant écorché (rappelant Gilda d’Aeons ou le sieur Buriez de Loudblast) et des plages mélodiques soutenues par un chant clair, quand chant il y a. Ce qu’on entend nous donne l’impression d’être composé et joué par des vieux de la vieille maîtrisant les rouages de leur entreprise à tous les niveaux, une sorte de mystérieuse Dream Team (à part D., ayant officié dans Sin, pas d’infos quant au background des musiciens) débarquée sur Terre pour en mettre plein la vue à tout le monde, non pas en s’exhibant à coup de riffs ronflants et de mosh parts, mais bien en démontrant qu’un cd de trois quarts d’heure peut mettre tout le monde sur le cul sans pour autant posséder le single ou la chanson qui tue et reste durablement dans les mémoires (souvent au détriment du reste de l’album d’ailleurs). Ici, point de démonstration, juste du savoir-faire, une grosse ambition (visible au premier coup d’œil : artwork, photos, page myspace…) et un sacré professionalisme, le tout au service d’une passion à coup sûr débordante et d’une volonté de proposer un skeud homogène et destructeur, monolithique, sans faiblesse apparente. Tout juste note-t-on le featuring de membres de Revive, The A.R.R.S. et Lokurah aux backing vocals sur "Acted out", mais il était dit que rien ne volerait la vedette, même ponctuellement, à cet album et à ses géniteurs. Comme l’artwork, superbe et énigmatique, ne gâche rien, et que les paroles se situent largement au-dessus de la moyenne, c’est la mention très bien pour ce premier jet officiel qui, vous l’aurez deviné depuis longtemps, s’avère être un putain de coup de maître.

www.myspace.com/memoriesofadeadman

Par Sacha Disto - Publié dans : CHRONIQUES
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Samedi 6 juin 2009


Autoproduction/2009

 

Une très belle plage de piano en guise de tapis rouge, nous voilà accueillis en grande pompe par les Français de And Summer Dies pour ce 6 titres qui succède à Eternal Soul, leur premier effort sorti en 2004, et qui appellent beaucoup d'autres productions. En guise de guide, un bref mais néanmoins superbe solo nous invite ensuite à pénétrer dans cet univers sombre et personnel, et nous nous exécutons avec un plaisir non feint. Ayant justement, par pur hasard, écouté le premier Arcturus et visionné leur dvd juste avant de finaliser cette chronique, je n'ai pas été dépaysé à l'écoute de cet E.P., tant la musique proposée s'inscrit dans le même esprit. D'autres noms, comme ceux de Solefald et de Covenant (époque pré-"The Kovenant", sur Nexus Polaris), sont à rapprocher de la musique de And Summer Dies, sans compter les influences originelles du groupe (Opeth, My Dying Bride, Yearning, Katatonia) et les formations correspondant à l'état actuel de sa musique (Arcturus donc, mais aussi Dimmu Borgir et Winds). Rythmiques variées, chant clair intervenant à bon escient, le décor est posé: nous avons affaire à un black éthéré à vocation plutôt originale. A l'écoute des premiers morceaux, aérés, agressifs et oniriques, on se dit que l'on se dirige certainement vers un test d'entrée parfaitement réussi pour l'entité. Et on a raison. Les gars connaissent  la marche à suivre et savent la mettre en place, leurs influences sont présentes en filigrane mais ASD cherche clairement à se créer son identité propre, à faire du neuf avec des recettes ayant fait leurs preuves. Quoi qu'il en soit, nous avons de toute évidence plus besoin de nouveaux Arcturus ou Solefald que, disons, de groupes de métalcore par exemple. On ne peut pas dire que le créneau soit bouché, notamment en France, alors que d'autres styles sont sur-représentés. Malgré cela, si ASD finit par s'imposer, ce ne sera pas par défaut, tant ses membres font preuve de maîtrise voire, par moments, de brio. Chant agressif comme chant clair sont parfaitement assurés et les instruments (à noter la présence d'un clavier) sont loin d'être en reste. Quant aux idées, elles sont nombreuses. Certaines parties démontrent un potentiel "destruction de cervicales" élevé en concert (vous voulez un échantillon? Jetez une oreille sur le break de "The Pride of God"). Inversement, l'apparition de guitares en son clair ("Glacial Existence") permet de calmer brillamment le jeu, ainsi  que d'accentuer l'impact des parties déchaînées. Ce 6 titres se clôt sur un "And Summer Dies" épique et grandiloquent (11 minutes, quand même) qui ne viendra pas altérer le jugement que l'on s'était construit: indéniablement, And Summer Dies est promis à un bel avenir s'il continue à nous fournir des enregistrements de cette qualité. Il ne tient plus qu'à vous d'aller découvrir par vous-même ce disque sacrément bien torché, par ailleurs téléchargeable gratuitement sur leur page myspace!

 

www.myspace.com/andsummerdies

http://andsummerdies.free.fr 

Par Sacha Disto - Publié dans : CHRONIQUES
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Vendredi 27 mars 2009


1994 / Phonogram

 

A l’instar de Victims de Kataklysm ou de Swansong de Carcass, Sick, malgré ses immenses qualités intrinsèques, fut souvent boudé et perçu comme le vilain petit canard de la discographie de Massacra, dont les sorties avaient auparavant été plus brutales. Quand on y regarde de près, cet album peut vraiment prétendre au titre de Swansong français, tant le feeling y est présent. On y entend un groupe qui, comme son illustre homologue anglais, a abandonné ses velléités les plus agressives au profit d’un certain groove, tout en conservant (c’est pas les Red Hot non plus) un chant extrême. Si on veut poursuivre bien au fond de l’analogie (aïe… Pas trop quand même), les deux groupes ont produit un 2e album de ce qu’on appelle depuis le « death’n roll » (le mythique Heartwork pour Caracas, antérieur à Swansong, et Humanize Human pour Mascara, qui viendra compléter leur discographie de manière définitive).

A quoi ressemble ce death’n roll me demanderez-vous? Il s’agit en fait d’une version nitroglycérinée de ce bon vieux truc qu’on appelle rock’n roll, grosses guitares à l’appui, rythmiques syncopées typiques du thrash mélangées à de bonnes vieilles lignes mélodiques entêtantes, chant agressif mais collant parfaitement à l’ensemble, n’entachant en rien le feeling débordant de la musique. Dès le « Twisted Mind » d’ouverture (humm ça sent bon le « Keep on rotting » ça quand même, grosse inspiration sur le riff principal et solo à se décrocher les cervicales), on est embarqué dans cette ambiance irrépressiblement entraînante. Impression confirmée sur le second et surtout le troisième morceau, « Ordinary People », et son cultissime refrain avec l’effet sur la voix. La suite ne déçoit pas et achève de nous transporter vers cette univers si particulier (le cul entre deux chaises peut-être pour certains, ce qui explique les réactions négatives fréquentes, à moins que ce ne soit le manque d’hémoglobine) qui nous fait voyager dans le meilleur des deux mondes, rock et death. Si c’est ça qu’on appelle le purgatoire, alors je veux bien acheter mon ticket, en aller simple. Etrangement, pour conclure le parallèle avec Carcass, les deux entités ont connu une fin prématurée après avoir amorcé ces virages rock. Pas la bonne époque ? Pas dans le créneau ? Difficile de dire ; généralement, le chant du cygne d’un groupe est émis à la suite de plusieurs événements, parfois dramatiques (nos deux combos n’ont d’ailleurs pas été épargnés par la fatalité, avant ou après leur séparation). Quoi qu’il en soit, et c’est bien là l’essentiel, Sick est une perle qui n’a pas pris une ride et pourrait en faire voir, grooviment parlant, à un paquet de groupes actuels. Un skeud intemporel, et comme on dit par chez eux (ce n’est pas nous qui allons les contredire) : madness remains !


http://www.metal-archives.com/band.php?id=1537 
Par Sacha Disto - Publié dans : ALBUMS CULTES
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Mercredi 11 mars 2009



2009/Autoproduction


Après Dans nos Têtes, le 4 titres, nous avons aujourd’hui affaire à Dans nos Têtes, l’album complet de Rachel. Le constat s’avère être le même que pour le petit frère : le groupe assure dans son créneau « rock français à grosses guitares », avec des compos efficaces et carrées, à défaut d’être renversantes d’originalité. Rachel sait quand même apposer sa patte à ses morceaux, et bon nombre de riffs se montrent dignes d’intérêt. Le chant, décrié par certains de mes collègues chroniqueurs, se montre souvent convaincant mais il est vrai qu’il manque un chouia de je-ne-sais-quoi pour que l’on adhère à 100% ; peut-être sont-ce les montées dans les graves et les aigües qui mériteraient d’être plus travaillées… Rappelons toutefois que le frontman de Rachel officie en français et que, dès lors, le pari est forcément osé et le parcours semé de plus d’embûches pour parvenir à asseoir son monde. Toujours est-il que ce 10 titres, au final, représente un album rentre-dedans et intéressant, la maîtrise des musiciens étant pour beaucoup dans la qualité des chansons. Il n’y a pas de redite à proprement parler, ni de sentiment d’ennui ; la durée du cd est d’ailleurs peu élevée (une demi-heure à tout casser). Quel public vise-t-il ? Là est toute la question : si l’amateur expérimenté de rock et métal peut choisir de snober l’objet pour diverses raisons (chant en français, originalité limitée), l’adolescent en mal de sensations fortes a toutes les chances de succomber à cet album, le savoir-faire des loustics et leur musique rock/grunge aux relents parfois nirvanesques étant à-même de faire plier l’oreille d’un paquet de jeunes foufous. Pour ma part, c’est un skeud que j’aurais eu plaisir à écouter avec mes potes de lycée autour d’une despé et d’un baby. Cette période est désormais lointaine et révolue mais je reviendrai quand même sur Dans nos Têtes de temps à autre pour m’écouter les tubes que sont  « Qui je suis », « Annie Body » ou le cobainien « Homme aux gênes ».

www.rachelsite.com

Par Sacha Disto - Publié dans : CHRONIQUES
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